Impropres, au bas mot

( Grande nouvelle : nous avons un budget. Un budget de m… , qui renvoie une fois de plus la remise en ordre de notre train de vie aux Calendes Grecques, après nous le Déluge ! Un budget “wahou ! ” avec sa bouffe à un euro pour les étudiants. Mais c’est un budget, et nous savons à quelle sauce – saumâtre et peu ragoûtante – nous allons être cuisinés en 2026. On aura pu apprécier les infectes manoeuvres des partis des deux bouts de l’Hémicycle pour saboter toute avancée : nous saurons nous en souvenir. )

Ceci étant, Le Parigot, à propos de l’incendie dévastateur de Crans-Montana, cite un témoin, employé du bar qui a cramé, qui assure n’avoir pas fermé une porte, vu qu’elle l’était déjà ! Intéressant, mais hors sujet : une porte fermée, ça s’ouvre, si l’on pousse sur la poignée. Pas si elle est verrouillée, “barrée” comme disent les Québécois. Eh oui, une porte n’est pas binaire ; elle a trois états principaux : plus ou moins ouverte, fermée tout court (sans verrou), verrouillée. Etait-elle verrouillée, cette porte ? c’est là la question. Un petit effort de précision, c’est trop demander ?

Il est, enfin, des mots chargés d’histoire, à manipuler avec circonspection. Tenez, de nos jours, on évite de nommer un nouveau-né Adolphe ; on sait pourquoi. De même, rafle, si ce n’est pas le “bois” du raisin égrappé. Rafle ? –> la rafle du Vel’ d’Hiv’, forcément ! Du coup, utiliser ce terme devient périlleux. L’avocat Arno Klarsfeld – disons AK – le sait fichtrement bien. Le voilà donc, AK (il bosse pour le Conseil d’Etat), pris dans une controverse : « Grandes rafles » : Arno Klarsfeld visé par une procédure disciplinaire du Conseil d’État après ses propos sur CNews” . En bref, AK proposait de faire des grandes rafles dans les effectifs des immigrés illégaux frappés d’OQTF, donc enjoints de quitter le pays – on sait combien la mesure est inefficace, lamentablement peu suivie, mais ça ne doit être ébruité. Que n’a-t-il pas dit là ! Nous apprenons ainsi que certains mots sont verrouillés, strengt verboten, sauf pour la mission sacrée qui leur a été assignée par l’Histoire Officielle ; rafle est exclusivement dédié au 16 juillet, sur l’emplacement de Feu le Vel’ d’hiv.

Un détail, pour finir ; on a écrit : ” … après ses propos sur CNews” . Encore une imprécision, une ambigüité : il ne disait pas ce qu’il pensait de CNews ; il était sur le plateau de cette chaîne, il était chez CNews. Pourquoi nous préciser qu’il s’est exprimé chez CNews, et non chez Roger-La-Frite, au Bon-Coin, ou chez RTL ? vous avez une idée ?

Tibert

Ignorance et hallucinations

( Vaines tentatives d’endiguer un chouïa le déferlement des anglicismes : Le Parigot titrait, il y a peu : “un homme soupçonné d’avoir violé une jeune femme sur la terrasse d’un rooftop” . Si ce lieu insolite avait été un toit-terrasse, n’est-ce pas, on aurait été déçus… et l’Elysée, tiens, même l’Elysée : après le navrant brainwasher, dans un thouïtt (*) émis par Macronibus lui-même, on a droit à ça : “Le président Emmanuel Macron « ne fixe pas les prix des médicaments » : l’Élysée a réagi avec un tweet cinglant mercredi, barré d’un gros « FAKE NEWS ». A quoi ça sert qu’on ait les bobards ? les intox ? ou, pour faire académique, les infox ? à rien. Passons à autre chose. )

Le Monde nous entretient des soucis des bibliothécaires, aux USA : leurs clients les abreuvent de requêtes concernant des livres, qui n’existent pas ! Mais si, enfin, le tome II de “1984” … en fait, les divers moteurs d’IA disponibles sont fichus de vous créer tous les bouquins que vous voulez. Suffit de demander ! On a déjà pu lire des ouvrages entièrement créés par IA, aromatisés façon tel ou tel auteur, avec des canevas basés sur ce que vous voulez, une masseuse perverse + un trader jaloux, par exemple. Publiés, ça donnerait de vrais ouvrages ; avec une intrigue bien ficelée, ça pourrait même se vendre.

Malheureusement, s’il est facile de prouver l’existence d’un objet – en principe, il suffit de le montrer – il est très ardu, hors la logique mathématique armée d’axiomes, de démontrer qu’un objet n’existe pas. Un superbe exemple : Dieu, celui que vous voulez ; personne n’est fichu de vous le montrer (“Je te présente Dieu” – Enchanté, moi c’est Jean-Paul” ) mais des tas de gens vous soutiendront mordicus, contre tout bon-sens, que, si si, il est là-haut, il est triple, ou barbu, habillé d’une grande houppelande, etc. Alors, que faire ? d’aucuns proposent la démarche suivante – ruineuse en ressources de calcul et donc pour la Planète – de confronter plusieurs moteurs sur la même requête : si “la date de Marignan ?” ne révélera probablement pas de désaccords dans les réponses (pas besoin d’IA pour ça), on devrait, sur des questions concernant des références improbables, obtenir des écarts, voire des contradictions, DONC prouver que ces IA fabulent, inventent, hallucinent, pour employer le terme consacré.

C’est le drame de ces machines : elles ne savent pas répondre “Je ne sais pas” ou “ça n’existe pas, à ma connaissance” ; c’est évidemment vous qui avez mal formulé votre requête – ce qui pourrait, en outre, être le cas.

Tibert

(*) Pourquoi abonder ce très moche X, réseau-poubelle états-unien crypto-Donaldien ? on n’a pas de meilleurs canaux, en France, pour s’exprimer et le faire savoir ?

Avérée, virgule…

La bonne écriture, sujet rassis ? on joue plus volontiers de l’émoticône, de nos jours. D’ailleurs l’écrit est aux abois : voyez les placards des canards-en-ligne, on clique, maintenant, sur des alignements de vidéos verticales, des trucs poilants de quelques secondes, genre Toc-Toc, c’est plus rigolo que de lire des mots. Il reste encore, certes, de vieux croûtons attachés aux phrases, au texte, mais ils passeront…

Et pourquoi je vous raconte tout ça ? je lisais un entrefilet charnu du Monde, à propos de de la niche parlementaire des LR, les Républicains, hier. Sur leur initiative, on débattait à l’Assemblée de la mise – ou pas – des “Frères musulmans” sur la liste européenne des organisations terroristes. Ce qui fut fait, finalement, après moult remous et vitupérations. Je cite ici les arguments “contre” du gouvernement, qui traînait les pieds, doutant que ce soit faisable (*) : “la preuve n’est pas faite que les Frères musulmans pratiquent le terrorisme” . Soit, admettons … plus loin, le Monde écrit : “Pour répondre à cette absence avérée de liens entre les Frères musulmans et des actes terroristes en Europe, plusieurs orateurs… ” . Et voilà l’embrouille ! Avéré : qui est prouvé, indiscutable. Absence indiscutable de liens, donc. Y en a pas, de liens !

Mais déplaçons, un poil, l’adjectif : Pour répondre à cette absence de liens avérés entre les Frères musulmans et des actes terroristes… On n’a pas pu prouver = la preuve n’est pas faite, que… : c’est précisément l’argument du gouvernement. Qui diffère clairement de : la preuve est faite, que non. Mais je pinaille, là… pffft… un avéré devant ou derrière, hein, quelle importance ?

Quelle importance, en effet ! on s’en balek‘ , suivant l’élégante formule. Mais dans le gros bouquin d’Evguénia Guinzbourg, “Le ciel de la kolyma” , une prof de russe, ex-victime des répressions staliniennes, se bat contre les ponctuations négligentes ou maladroites. Elle donne cet exemple, d’une décision écrite apposée par le Tsar Nicolas II sur le recours en grâce d’un condamné à mort : “Fusiller impossible grâcier” . Mettez-z-y donc une virgule, au pif, soit après fusiller, soit après impossible : ça change pas mal de choses.

Tibert

(*) Ils sont bannis, entre autres, en Egypte, Jordanie, Arabie Saoudite… et Autriche, pays européen, comme nous. Donc c’est faisable, et d’ailleurs c’est fait.

Ça rétrécit méchamment

( Je répugne à en traiter, mais la scène internationale est assez ahurissante, ces temps-ci. Voyez, le Donald, là… “Tiens, ce truc m’irait bien… allez hop, c’est à moi. Ah c’est à quelqu’un d’autre ? non mais… pousse-toi, que j’te dis, je l’veux ! y m’ le faut ! sinon ça va ch..er” . Elégant, non ? Et l’autre Bibendum, là, qui aurait interdit à quiconque, dans son royaume farpait, de porter des manteaux de cuir : c’est pour lui tout seul, ou ses proches obligés. Ses obligés, sa cour, on les voit invariablement – cette photo, parmi tant d’autres – prendre pieusement des notes sur un petit calepin, tandis que Son Enflure distille la Bonne Parole. Des mâles, exclusivement, la bonne cinquantaine, tristes comme des bordures de trottoir, le nez sur leur pense-bête : surtout avoir l’air servile et appliqué ! C’est ça la politique, mesdames-messieurs.

Plus gai : ma copine Francine (*) a commandé des billets SFCN pour aller à Rennes, vendredi… évidemment, choisir sa place, avoir de la wifi, un bagage un chouïa plus gros, tout ça, ce sont des options, payantes : la vie moderne. Prévoyez de ne pas avoir à aller pisser. Et ce matin, elle reçoit ses billets, électroniques, what else ? de superbes QR-codes , forcément, à emmancher sur son smartphone (beurk), et puis ce délicieux message : “Francine, bientôt le grand départ ! ” . Les bornes du ridicule tombent tous les jours.

Et hier c’était, soi-disant, le “blue monday” . Une radio périphérique ( tout ce qui est périphérique orbite autour de Paris, c’est structurel et immuable) l’énonçait hier. Le jour le plus tristounet de l’année… donc en anglais, ça s’impose. Vous connaissez la blague grand-bretonne, bien dans le ton ? “On a eu de la chance cette année : l’été est tombé un dimanche” . Mais passons… avec déjà le black friday, les french days, le dry january, Halloween et les week-ends, notre calendrier à nous, dans notre langue, va bientôt se retrouver en confettis. Sachant qu’au départ il était grégorien… Je regrette Nivôse, Ventôse et Prairial : les créations de Fabre d’Eglantine avaient autrement de la gueule que le sinistre blue monday, que j’aurais plutôt vu peint en gris, gris sombre. Bordure de trottoir.

Tibert

(*) Francine est un prénom d’emprunt, pour préserver l’incognito d’Isabelle. En outre, ne l’attendez pas sur le quai : elle ne va pas à Rennes, mais à Yeurs. Protégeons nos vies privées !

Besoin de personne(s)

D’abord, cette affaire : un dictionnaire, connu comme le loup blanc – LaRouquine, pour ne pas le nommer – mentionne les victimes du massacre du 7 octobre en Israël comme des “colons” : Ooops, après découverte de la chose et moult coups de gueule venus du plus haut niveau – même Macronibus s’est fendu d’un thouïtt incendiaire – l’éditeur qui produit LaBlonde rétropédale résolument : tous ses bouquins vont être relus attentivement, des fois que. Il manque juste un truc, dans cette quête de remise au propre : qui ? qui a rédigé ça, décrivant une masse de jeunes rassemblés pour danser sur de la “musique” (*) comme étant des colons ? L’éditeur ira-t-il jusqu’à chercher qui a écrit ça ? c’est une question qu’on se pose, naturellement, mais on ignore, à lire l’article, si LaBrune se la pose, cette question. En tout cas on n’en saura rien, bien entendu.

Et puis, deux articles qui se télescopent, sur notre belle société du troisième millénaire : de une, hier dans le XI ème arrondissement, à Paris, cinquante (50) personnes rassemblées dans un appartement, au 5ème étage (**)… c’était pour un anniversaire. On se demande quelle lubie a conduit à rassembler 50 personnes pour qu’ils s’époumonent, pressés-serrés, à beugler “Jo-yeu-za-ni-ver-sèr Machin” dans un appartement prévu pour quatre-cinq. Bref, le plancher a cédé : 50 x 80 kg en moyenne = 4 tonnes ; les termites ? les vrillettes ? les capricornes ? la mérule ? non, le poids des fêtards, et peut-être un phénomène de mise en résonance des solives : patatras ! Ce qui a fait des dizaines de blessés, dont ceux du 4ème, évidemment. Sauf si ces derniers ont eu l’idée judicieuse de s’absenter, certainement la seule initiative raisonnable. Surtout pas d’aller rejoindre ceux du dessus !

De deux, Le Monde, lui encore, nous apprend des trucs sur des applications (des “applis” ) de cellulaire qui vous mettent en contact vidéo avec… n’importe qui. Là il s’agit de l’appli Azar (= hasard ; vous voyez ?) ; ou bien chatroulette ( = tchatche-roulette : ah oui je vois ! ). C’est interdit aux mineurs, mais cause toujours, il suffit de cocher la case “Je suis majeur” , ça filtre magnifiquement. Eh bien, les jeunes vont sur Azar quand ils s’ennuient ! Ils ne reprennent pas leur formulaire de trigonométrie, ils n’empoignent pas leur roman interrompu, ils ne se décident pas à ranger le foutoir de leur chambre, ils n’enfilent pas leurs baskets pour aller trottiner ; rien de tout ça. Le cellulaire, y a qu’ça ! Ennui ? ==> cellulaire ! et hop je me fais une vidéo avec une quinzaine d’inconnus, en moyenne. Le Monde nous informe qu’en fait, surtout si l’on est une nana, on peut tomber “au hasard” et nez à nez, si je puis dire, avec une b… possiblement turgescente et en gros plan. Pour tailler une petite bavette, c’est parfait.

On a décidément des problèmes de rapports aux autres, et ça ne va pas en s’arrangeant.

Tibert

(*) C’est moi qui mets entre guillemets : c’était de la techno, du boum-boum lancinant. Ce truc rythmique est à la musique ce que la notice technique d’un chauffe-bain est à un sonnet de Rimbaud.

(**) Issues de secours ? extincteurs ? plan d’évacuation ? non mais et puis quoi, encore ?

Non, pas ça !

( Un néfaste-bouffe à base de {poulet pané-frit + ketchup en dosette + moutarde en dosette + sauce fumée-barbecue en dosette + frites en dosette en barquette-carton} bascule, en France, 24 de ses 400 et quelque “restaurants” (j’ai scrupule à utiliser ce terme) en halal 100 %. Ce qui doit réjouir les musulmans attentifs à ce précepte ; ils vont pouvoir se taper des buckets de chicken wings halal (*), des chicken wings immolées la tête tournée vers La Mecque, et saignées à blanc, encore conscientes de mourir pour nourrir les clients musulmans du colonel Sanders, du Kentucky. Ma foi, ça ne devrait déranger personne si la chose est clairement annoncée : “ce Kahefçé ne sert que des produits halal” : ceux que ça dérange passent au large, il reste environ 380 fast’foudes de cette enseigne qui servent de la viande profane ; reste à les chercher, merci Gougueule-mapses.

Sauf qu’à l’inverse, des tas de restaurants, cantines, gargotes, bouffes d’avion, de gare, de… nous servent du halal sans le dire. Sauf le porc, et les poissons, bien sûr : le premier ne l’est pas, par définition ; les seconds, on n’est pas sûr que le chalutier les ait ramassés de manière à ce qu’ils expirent la tête tournée du bon côté… quant à les saigner, on oublie. C’est pour ça que, dans les avions, je ne prends jamais de viande, sauf si c’est du porc (il est impossible d’en trouver) ou du certifié “non halal” (ce qui n’est jamais spécifié) : eh bien il me reste le poisson – assez peu proposé – ou l’inévitable pasta. Le voilà, le hic : pour faire simple, et faire plaisir à une religion, on nous force à bouffer comme ses fidèles. Moi, ma religion, c’est la bouffe non confessionnelle (**) : je vous propose d’y adhérer.

Mais le titre ? ah oui. Je lis, dans le Fig’ragots, que, suite à l’échec de deux nouvelles motions de censure, J-L “caramba, encore raté” Mélenchon est, derechef, furieux. Et d’agonir le PS de sarcasmes et de vitupérations. En gros, il analyse ça comme une démarche de François Hollande pour revenir dans la course, et se présenter en 2027 ! Et, je cite le canard : “Le fondateur de LFI (…) pense surtout que l’ancien président de la République serait un bon adversaire pour lui, vu le rejet qu’il suscite dans une partie de la gauche” . Pas que ! à droite aussi. Et le lider maximo JLM avec. Vous imaginez le tableau, un duel Mélenchon-Hollande ? D’où mon titre.

Tibert

(*) Il y a un mot français dans cette expression : “de” .

(**) Feue madame Bardot s’est battue pour ça, à juste titre. Qu’on étourdisse les bêtes avant de les trucider, c’est un minimum d’humanité. A défaut d’une clope et d’un verre de rhum.

Abjection, votre Honneur !

Deux brèves ( = 1 longue ?) : De une, le monde à l’envers : les Emirats Arabes Unis ne veulent pas envoyer leurs étudiants en Grande-Bretagne. Ils craignent que là-bas les Frères Musulmans les endoctrinent ! Eh oui, chez les Grands-Bretons les “fréristes” ne sont pas interdits ; non plus qu’en France, d’ailleurs ! Comme quoi l’idéologie bisounours continue de régner chez nous, Européens bonasses. Calmez-vous… ça va bien se passer… on ne vous veut aucun mal, voyons…

De deux, une ode à la zone humide, ce Paradis menacé. Pensez, sur le chantier de l’autoroute A69 Castres-Toulouse, “il y avait des haies, des zones humides” , énonce un défenseur de la nature, navré. Ah… les zones humides… j’en connais, de secrètes… Et de fait, ce chantier a subi des débordements condamnables, dommageables à son bucolique environnement, et à certaines zones qu’il est de bon ton d’arpenter, si c’est ab-so-lu-ment nécessaire, avec des bottes de caoutchouc. Je regrette, moi-même, le chant de la Bièvre sur les galets de son lit, sous le pont-aux-tripes, en bas de la rue Mouffetard, à Paris : c’était le bon temps ! une zone humide de première bourre, avec des libellules, des têtards, des ragondins… Une crue soudaine, en 1579, avait, hélas, emporté une vingtaine de Parigots imprudents, ou mal informés du risque de zones excessivement humides, alias “inondations, niveau 3” , pourtant diffusé par Lutèce-météo et les crieurs publics.

Reste un dessin très contestable, produit par un dessinateur de Charlie-Hebdo : “Les brûlés font du ski” – la comédie de l’année – avec la pancarte “Crans-Montana” pour bien identifier les lieux. C’est, à mon avis à moi, de la raclure d’humour. Le genre de dessin qu’on réutiliserait pour s’en essuyer les fesses, si un génial inventeur n’avait pas fait faire un grand pas pour l’ Homme l’Humanité avec le papier-toilette. Ceci étant, d’aucuns veulent porter plainte, faire saisir le canard, l’interdire : eh non. Un commentaire de lecteur du Parigot, qui traite de cette affaire, reprend excellemment ma pensée : “On peut juger que cette chose est abjecte sans demander son interdiction” . Abject, c’est l’adjectif idoine ; on peut même l’écrire, et condamner le manque total d’empathie de la part de Charlie pour les familles des victimes (*). Pour les victimes, c’est trop tard.

Tibert

(*) Défense du patron du bar incendié à Crans-Montana… on a trouvé, chose aberrante, des gamins de 16 ans chez les victimes… il explique que, si si, on filtre à l’entrée, on vérifie… “il n’est pas impossible qu’il y ait eu des dysfonctionnements” : ah bon ? il y en aurait eu ?

Coriaces

On est dans la gérontocratie, c’est effrayant. Monsieur Mélenchon… ah non, il est encore tout jeune, comparé à d’autres. Monsieur Lang, tenez, dans son fief de l’IMA, l’Institut du Monde Arabe : 86 ans depuis les vendanges de cette année. Et monsieur Jospin, donc ! un record dans sa branche professionnelle, le Conseil Constitutionnel : 89 dans six mois , sous la ferme houlette d’un Fabius qui va franchir le cap des 80. Même âge que monsieur Juppé, qui bosse dans la même boîte.

Mais l’arthrose ? quoi, l’arthrose ? un déambulateur n’a jamais empêché de penser, et puis ils ont des chauffeurs, forcément… le vélo à Paris, c’est évidemment le top – voyez madame Hidalgo, monsieur Brossat, ils ne quittent pas leurs bécanes – mais pour nos anciens, pas question ! c’est super dangereux, avec les couloirs de bus, les feux rouges grillés, etc. Le col du fémur, les chocs sur le crâne… les perdre dans un accident de vélo serait catastrophique ; c’est tout un processus, laborieux, et puis coûteux ! de se constituer un parc de séniors aussi séniors et de cette qualité.

Un boulot qui conserve bien, c’est dictateur : impossible de leur faire lâcher la rampe, ce job doit les motiver. En Iran, c’est l’enturbanné, l’Ayatollah en Chef, là : 86 ans ! Toute sa barbe – les cheveux, mystère (si ça se trouve il est blond façon Brice de Nice) vu qu’il les cache soigneusement. Et hargneux, avec ça ! Il y a peu, il s’en prenait à Donald (80 balais dans six mois), l’accusant d’être responsable des morts lors des manifestations en Iran ; ses mains seraient “tachées du sang de plus d’un millier d’Iraniens” . Petit joueur, Donald : en Iran, c’est environ 1.500 personnes qui sont mortes en 2025, en comptant juste les exécutions – avec la bénédiction du Grand Chef Barbu et Chenu.

Remarquez, les manifestants… s’ils ne se font pas flinguer dans l’action, ceux qui se font gauler, ça revient au même, les bonnes raisons ne manquent pas : sabotage, espionnage, conspiration contre l’état et le Lider maximo, élément anti-régime (koulak, hooligan, ennemi du peuple, contre-révolutionnaire, social-traître…) : au trou.

Tibert

“Largo” , bleu marine, taille XL

( Soit on nous prend pour des neu-neus, soit ce sont des simplets, soit “ils” sont d’un cynisme confondant : voyez, on nous annonce à grand fracas que dorénavant (*) les fruits importés qui contiennent des substances interdites chez nous, seront bannis de nos étals. Adieu avocats, mangues, papayes, ananas, raisins, litchis… abreuvés de pesticides nocifs, d’où qu’ils viennent, en provenance notamment d’Amérique Latine. Les journaleux ont tout de suite lié cette énergique décision à la grogne persistante des agriculteurs – surtout des éleveurs : ce serait pour lâcher du lest… foutage de gueule, pour dire poliment les choses. Nous découvrons ainsi, nous consommateurs, que jusqu’à présent on laissait froidement entrer des produits connus pour n’être ni conformes, ni sains : bravo les gars ! De deux, qu’est-ce qu’ils en ont à cirer, les éleveurs de bovins, de volaille, de porcs, de moutons, qu’on interdise l’entrée des avocats malsains du Mexique, des mangues vénéneuses de Colombie ? C’est du grand n’importe quoi, ce truc, qui soulève, à l’occasion, un coin du voile pudique qui masque la nature des cochonneries qu’on nous propose d’avaler. )

Par ailleurs, et sans ébruiter la chose, en douce, Bricosoft a basculé, depuis grosso modo la fin décembre, vers l’internet obligatoire ! Jusqu’alors, l’acheteur d’un PC + Windoze ou simplement d’une licence-logiciel du même métal pouvait activer son compte “dans son coin” , sans aller sur le Houèbe. Eh bien c’est terminé : “Depuis fin décembre 2025, composer le numéro d’activation-produit de Microsoft débouche sur un message préenregistré laconique (…) qui renvoie désormais vers un portail en ligne exigeant connexion Internet et compte Microsoft obligatoire” .

Une autre ? tenez, “Vous pouvez désormais changer votre adresse mail Gmail sans rien perdre” , le Parigot vous explique comment faire. Eh oui, pourquoi vous em… bêter avec un programme de messagerie ? Gougeule vous stocke tout, gratos (**) ou presque, vos cinq ou six comptes, tous vos messages… toute la journée… en temps réel… sur son petit nuage, sur le cloud ! Quel bonheur de recevoir, paf, tout de suite, les pubs Carrouf, les promotions Quihaby, les notifications SFCN ! Si vous avez commandé des slips, ils sont même capables de vous en dire la marque, le modèle, la couleur et la taille.

Tibert

(*) Ce sera effectif dans quelques jours si tout va bien, si nihil obstat, notamment sous réserve de l’approbation de Bruxelles-une-fois ; bref, peut-être.

(**) Proverbe connu : si c’est gratuit, c’est vous, le produit.

Tous nos vains vœux

J’avais envoyé, comme d’hab’, des cartes de voeux à mes amis et proches ( je signale, à ce propos, que le prix des timbres devient carrément indécent ; la Poste semble vouloir nous décourager d’envoyer du courrier, qu’elle acheminait jadis en 24-48 heures maxi, et qui maintenant débarque rarement avant trois jours. C’est ça le progrès ! mais je ferme la parenthèse ) ; eh bien, le résultat de mes “Bonne année, portez-vous bien, gnagnagna…” ? mon copain Joseph F. m’annonce, hier soir, navré, que son épouse vient de passer, aux urgences de l’hôpital de A, nonobstant mes souhaits écrits, signés, explicites, de bonne santé. C’est la preuve, triste mais claire, que ça ne fonctionne pas ! A vrai dire, j’avais des doutes, depuis quelque temps.

Et puis le feu, la symbolique du feu, la fascination du feu : Bachelard a glosé là-dessus, fort savamment ; cependant que de jeunes personnes, qui ne l’ont jamais lu, croient ludique, beau, valorisant, de se produire, juchées sur les épaules d’un mâle porteur, brandissant vers un plafond hautement inflammable des bougies-étincelles allumées, fichées dans des goulots de bouteilles de mousseux pour que ça aille plus haut. Idem les incendies de bagnoles pour fêter le changement d’année : ça relève de la même croyance curieuse, archaïque, qui lie le feu à la fête. Le “feu de joie” , tenez : ça veut bien dire ce que ça veut dire. Il nous faudra des siècles, avant que l’être humain cesse de se vivre, face à son barbecue au charbon de bois, face à son feu de camp sous les étoiles, en homme des cavernes faisant rôtir, réjoui et l’estomac gargouillant d’avance, un auroch à l’entrée de son antre – dont le plafond, lui, était difficilement inflammable.

Tibert