Vers le méta-prompt

( J’ai poussé un wahooo ! époustouflé à la découverte, sur la photo d’illustration du Monde, de la tribune officielle du Congrès Exceptionnel du Parti des Travailleurs de Corée du Nord. Ce grand raoût se tient en principe tous les cinq ans, mais son bien-aimé dirigeant aurait, semble-t-il, convaincu ses camarades d’en faire un tout de suite – il ne m’a pas confié ses motivations. Notons-le respectueusement sur nos petits carnets, Kim III a été réélu Grand-Chef, derechef, et, cerise sur le kimchi, à l’unanimité : ça va de soi, quand on bénéficie, Lumière de l’Orient, d’un Guide Suprême de ce poids !

J’ai été – ça m’arrive rarement – vérifier sur les sites de l’Humanité et du NPA, s’ils avaient relayé cette nouvelle éclairante pour le monde : eh bien, l’Huma ? que dalle ! ils ignorent qu’existe, à l’est, un pays-frère-phare. Le NPA ? il y a bien une rubrique “Répression” : logiquement 😉 la Corée du Nord n’y figure pas. Que voulez-vous, on ne peut pas tout dire, y en a trop, faut choisir. )

Et puis Gougeule m’a envoyé un gentil courriel : “Robert (*), bienvenue sur G-mini !” . C’est de la pub pour ce dernier avatar grand-public de l’IA : il faudrait ab-so-lu-ment l’essayer ! pour l’adopter, évidemment. J’ai donc lu l’invite, ça semble super… je vous cite un lot de recommandations gougueuliennes pour tirer le meilleur profit de cette super-intelligence : l’art du bon “prompt” (de la bonne requête, consigne…). C’est un peu long, mais bien écrit :

Utilisez des instructions et non des mots clés. Dites à G-mini comment il doit se comporter (comme un coach professionnel, par exemple), puis expliquez ce que vous attendez de lui. Donnez plus de contexte pour de meilleurs résultats ; communiquez à G-mini des détails et des exemples de styles d’écriture ou de formats souhaités pour obtenir la meilleure réponse possible. Discutez pour affiner la réponse. La première réponse n’est pas tout à fait ce que vous recherchiez ? Posez des questions complémentaires et guidez G-mini pour obtenir les réponses souhaitées” .

Sachant que le niveau de français devient carrément alarmant chez nos jeunes, qu’ils peinent à produire quelques phrases propres et intelligibles, s’appuyant sur une structure de pensée logique, il serait judicieux de coiffer ce magnifique outil d’intelligence assistée, d’un facilitateur-de-requête – un prompt-helper, diraient nos dévoués anglomanes. Un outil pour aider à construire, de préférence oralement (**), à partir des expressions de base “ouais euh… ben voilà… en fait… j’ sais pas, moi… du coup…” , une requête claire, précise, concise : efficace. Tu vois ç’ que j’veux dire ?

Tibert

(*) M’interpeller par mon prénom ! j’ai horreur de ça. On n’a pas ânonné les déclinaisons latines ensemble, que je sache.

(**) Taper sur un clavier c’est ch..nt ; a fortiori sur les 23 cm2 du “clavier” d’un cellulaire. En contrepartie, il y a tout plein d’émoticônes, pour nourrir le futur méta-prompt.

Assemblages connotés

( Il appert que parmi les noms cités en relation avec l’assassinat d’un jeune de 23 ans, qui avait le tort létal de ne pas penser-pencher à gauche, deux au moins sont connus sous pseudonymes, dont le député LFI, co-fondateur de feue « La Jeune Garde » . D’aucuns s’étonnent : « eh quoi, il est donc permis de s’inscrire à l’Assemblée sous un nom d’emprunt » ? Il semblerait que oui… ça s’est déjà vu, par exemple monsieur Copé ne s’appelait pas initialement ainsi ; peut-être d’autres. Imaginez si monsieur Hollande était inscrit sous « Flamby » ? Reste que la manie des faux-blazes est typique des trotskistes, vieux réflexe conspirationniste qui perdure, nonobstant l’absence actuelle de persécutions staliniennes ou policières. En prévision du matin du Grand Soir tant espéré, sans doute. )

Et puis madame Vassal, candidate de la droite « classique » à la mairie de Marseille, aurait dérapé dans l’aïoli : elle déclarait, il y a peu : “Mes valeurs sont le mérite, le travail, la famille, la patrie” . Argggh ! Benoît Payan, l’actuel maire socialiste (*), de lui balancer : « C’est le slogan de monsieur Pétain, ça » . Et madame Vassal de persister : « Oui, d’accord, mais moi, c’est mon slogan et ce sont mes valeurs » . Notons que, non, ce n’était pas pile-poil le slogan de monsieur Pétain ; le mérite manquait. Ceci étant, on y retrouve, trois sur quatre et dans l’ordre, le tiercé maudit ! Car il est des assemblages malvenus, comme dans le pinard on évite de coller du merlot avec de la folle-blanche et du petit-manseng. Mais prenez-les séparément : le travail ? Super, en principe. La famille ? Bon, c’est plan-plan, mais solide, classique, indémodable. La patrie ? D’aucuns ricanent, mais avec « famille » , ça sonne bien, et puis on est Français, non ? ce n’est pas la pire des citoyennetés, pas de quoi se défausser…

Mais mettez les trois ensemble, ce sont les hauts cris : les heures les plus sombres, gnagnagna…Pétain n’a pas privatisé les trois mots, que je sache, ce n’est pas « Les lithinés du Dr Gustin » ou « Hotchkiss-Grégoire » . Faut-il inférer, du dialogue cité plus haut, qu’il serait détestable de travailler, en bon membre de sa famille et en bon citoyen ?

C’est ici un petit échantillon préalable, dans la vaste foire d’empoigne des Municipales qui s’annonce. Ouvrons tout grand nos oreilles, mes amis, ça promet d’être croquignolet : on va en entendre, des « demain pour vous je peins la Lune en vert » et des « avec moi pour un meilleur Vieuxbourg-sur-Yvette » . Pauvre Yvette.

Tibert

(*) Maire, mais pas élu maire ; arrivé à ce poste grâce à une bidouille, la maire en titre s’étant mise rapidement en retrait pour des raisons, disons, curieuses.

Petits services

( Madame Panot, cheffe à LFI, réclamait, hier à l’Assemblée, qu’on tienne le groupe “identitaire féministe” Némésis “à l’écart” des réunions, colloques, meetings… de sa paroisse insoumise, sinon “ça va mal finir” , menaçait-elle. Donc, ce n’est pas “mal fini” , le décès d’un jeune homme de 23 ans consécutif à un tabassage à mort “par au moins six agresseurs” , tabassage justifié du fait qu’il avait des conceptions politiques différentes de ses assassins ? ça se passait donc assez bien ? rien à dire ? )

Mais autre chose : on peut aisément se documenter, dans les divers canards, Le Parigot, Le Monde, notamment, sur ce qu’on pourrait qualifier de radinisme organisé, systématique, sur les “oursins dans les poches” de notre ex-flamboyant ministre de la Culture, ex-tout récent Grand Chef à l’IMA, monsieur Lang. On pourra également comparer les attentions vestimentaires, évaluées à 195.000 euros, dont l’aurait gratifié – chose farpaitement légale, paraît-il – le couturier Francesco Smalto, aux cadeaux du même métal, et qui ont salement compromis la candidature François Fillon aux Présidentielles 2017 : un total d’environ 48.000 euros, dont deux costumes pour un montant de 13.000 euros, le tout offert par un “ami” (sic), ce qui avait incité le PNF, le Parquet National Financier, à y fourrer son nez.

Mais, j’y viens, justement : les enquêteurs du fisc ! Dans l’article du Parigot cité plus haut, je lis : “Dans la belle campagne de Blois, un patron de bonne table s’est plaint un jour d’un contrôle fiscal après avoir refusé de régaler gratis la tablée du maire [ Jack Lang, à l’époque, NDLR ]. Peut-être une coïncidence. Il y en a eu tant” . Ces représailles de contrôle fiscal, on les retrouve citées ailleurs : c’était donc, sans doute, une arme par destination. Et, tenez… histoire vécue : une amie à moi, en conflit avec l’une de ses parentes proches, dont le fonctionnaire de mari bénéficiait d’un petit boulot à l’Elysée mittérandien, se vit annoncer qu’elle (sa parente) “allait lui envoyer un contrôle fiscal” ! Quinze jours plus tard, les inspecteurs du fisc débarquaient. Peut-être une coïncidence ?

Moralité : Comment se fait-ce, et QUI, au Ministère des Finances, actionne (*), pour les amis, les copains, les amis des amis, les délicieux contrôles fiscaux destinés à punir, à contraindre, à mortifier, bref, à faire ch..er, Pierre, Paul ou Jacques ? c’est républicain ? c’est normal ? il y a une brigade d’inspecteurs dédiés à ces missions punitives pour les amis ? un organigramme ?

(silence de plomb)

Tibert

(*) “A charge de revanche, cher ami. Un renvoi d’ascenseur, n’est-ce pas… on pourrait peut-être se voir ? un déjeuner de travail ? “

PPE 1, 2, … n, n+1…

( Un fort long article du Monde, que j’ai pu lire in extenso, s’en prend, à charge, à une anthropologue, chercheuse du CNRS, madame Bergeaud-Blackler : cette femme a notamment publié un bouquin, et travaille sur les stratégies de pénétration des Frères Musulmans (les fréristes ) chez nous. Elle se montre combative, prenant à partie ses contradicteurs – y compris ses collègues – sans trop user des habituels ronds-de-jambes (*). On peut gloser sur sa pugnacité, sur ses compétences, sur ses thèses ; je ne suis pas expert, sans être neutre : je crains les dévots qui prétendent plier les autres à leurs lubies. Mais je note ceci, qui n’est pas anodin : elle est sous protection policière, car menacée de mort ! par qui ? allez donc savoir… )

Et par ailleurs ? tout roule, pas de problème 😉 La commission parlementaire sur l’Audiovisuel Public essaye toujours de savoir comment sont dépensés les quatre milliards de notre belle institution, jadis “voix de la France” : ça s’annonce mal, ça semble assez opaque. Et puis notre Premier Lecornu sort, sans débat parlementaire, par décret, la version 3 du Plan Pluriannuel de l’Energie, le PPE3, donc. Que l’Assemblée n’en débatte pas, ma foi… ce sera une stérile foire d’empoigne de moins !

Mais le paysage est en fait le suivant : nous sommes en surcapacité chronique de production électrique, et la consommation est en baisse continue. S’engager à faire de l’énergie intermittente à marche forcée – surtout l’éolien, et surtout en mer, qui coûte la peau des fesses et pollue pas mal – relève d’une complaisance, absurde, envers les écolos forcenés, les lobbies et les entreprises qui surfent sur cette vague. Voyez cette tribune, sur le sujet. Résumons : nous avons du nucléaire, c’est décarboné au petit poil (surtout n’en pas faire l’éloge, c’est contraire au credo Vert, et jetons un voile pudique sur les incohérences, un pas en avant, deux pas en arrière, de nos dirigeants) ; nous sommes en surproduction ; nous avons un programme pour renforcer le parc de centrales nucléaires : pour qui, ces projets décennaux de champs photovoltaïques à perte de vue, ces futures gigantesques et pâles pales, à brasser mollement l’air quand le zéphyr veut bien souffler ?

Tibert

Délicate litote, je cite Le Monde : “Ses attaques ciblent parfois des positions réellement ambiguës émanant de quelques spécialistes [ah, quand même ! NDLR] . Certains chercheurs visés assument, par ailleurs, des engagements politiques marqués à gauche” . Allons bon ! ce serait de gauche, le frérisme ?

Acronymes et occurrences

( un peu d’anglais… je cite, verbatim (c’est du latin) Donald T. , qui s’exprimait il y a quelques heures : “We’re ending Joe Biden’s war on beautiful, clean coal once and for all” . Soit : On en finit avec la guerre de Joe Biden contre le charbon, beau et propre, une fois pour toutes. Ce qui laisse sceptique, quand on songe aux “gueules” , noires, des mineurs du Pas-de-Calais ou de Carmaux sortant des puits, la journée de boulot finie. Il est vrai que toute une littérature existe, sur la notion de “charbon propre” , mais on sent bien que ça relève de l’oxymore, de l’eau sèche ou de la râpe lisse : on peut s’efforcer de ne pas trop saloper l’environnement avec du charbon, mais ça reste le plus sale des combustibles fossiles. Sacré Casque d’Or ! il arrive encore à nous étonner. )

Et puis cet article du Parigot sur un enlèvement bidon, filmé dans Paris, forcément, pour alimenter le buzz sur les “réseaux sociaux” : un scénario évoquant un rapt lié à la cryptomonnaie, des mecs cagoulés, un simili-pugilat, un coffre de bagnole… c’était pour rire ! pour être vus sur les “réseaux sociaux” . Je me suis astreint à compter les occurrences de l’expression “réseaux sociaux” dans l’article mentionné plus haut : sept (7) fois.

J’emploie plus volontiers, et pour cause, le terme “réseaux-poubelles” ; ce fait divers d’un tournage vidéo sur un scénario débile corrobore bien la chose : c’est vraiment la lie, c’est moche, c’est d’une bêtise crasse, et puis violent ! C’est ça, en fait, les “réseaux sociaux” . Cette expression est d’ailleurs ridicule (sociaux ! n’importe quoi… ) et laborieuse à écrire ; et sept fois dans l’article, ça bouffe du papier, de l’énergie, c’est trop long ! il serait judicieux d’adopter un acronyme, concis, comme le Houèbe, comme la Sécu, comme déca… les journaleux adorent ça, les raccourcis, les mots très courts, qui claquent : je verrais bien Webbelpou. C’est encore un peu long, mais “y a tout” !

Tibert

Notre position elle est claire

Notre position est claire : gnagnagna” (énoncé de la claire position) ; ou, mieux, à l’oral : “Notre position elle est claire : ” , etc etc. C’est un tic verbal, ou écrit, des journaleux et des politiciens. La suite est généralement moins claire… Tenez, la clarté des eaux “minérales” (minérales, avec tout plein de guillemets) : “La réglementation sur les eaux minérales naturelles est claire : elle interdit tout traitement de désinfection ou de nature à modifier les caractéristiques microbiologiques (le microbisme) de l’eau. Or, dans son arrêté, le préfet du Gard… ” .

Il s’agit là d’un article du Monde sur l’action judiciaire, entreprise par un marchand d’eaux minérales naturelles contre le groupe concurrent Nestlé et contre l’Etat, accusé de complaisance envers cette multinationale suisse, surprise (*) à filtrer-désinfecter ses “eaux minérales naturelles” . Je ne vais pas vous rabâcher cette histoire ; juste pour pointer, derrière les tics de langage, les bidouilles pas trop claires ! C’était pourtant clair, non ?

Mais, basta sur les tics de discours… je voulais vous faire partager ma surprise – ooups, mon étonnement – il y a de cela quelques jours, découvrant l’éditorial du canard La Montagne : “François Hollande est le seul à incarner la synthèse à gauche” . J’ai accusé le coup, je dois dire. Qu’à Dieu ne plaise ! énoncerais-je, désolé, si j’y croyais (à Dieu). Oh my God ! soupireraient, navrés, les anglophones, croyants ou pas. Car si c’est cet homme qui incarne la synthèse à gauche, je plains la synthèse ! et c’est bien triste pour la gauche. Par ailleurs, je ne vais pas reprendre mon antienne sur la gérontocratie, mais enfin, une synthèse de soixante-treize ans en 2027, façon deuxième souffle, façon come-back fracassant, “attendez, ce coup-ci ça va bien fonctionner” , vous y croyez, vous ? ça vous parle ? Je cherche un adjectif, et c’est rassis qui me vient. Voilà : “l’incarnation d’une synthèse rassise” .

Tibert

(*) Surpris : qui est découvert. Utilisé très souvent, et abusivement, à la place de étonné. Je suis surpris de constater que, gnagnagna… ” . Eh non, je suis étonné, sauf à me surprendre moi-même, ce qui serait étonnant.

    Strapontins et troisième âge

    ( Vous cherchez du boulot ? on me signale ceci : les collectivités, les mairies notamment, vont recruter, d’ici fin mars 2026, 5.000 gestionnaires de courrier, titulaires (= fonctionnaires territoriaux). Vous pensez bien, avec les brouettes quotidiennes de lettres que reçoivent nos vibrionnantes administrations municipales, elles ne savent plus comment s’en sortir ! Allez voir sur emploi-territorial.fr et entrez “courrier” dans la zone de recherche. Les coupe-papier vont chauffer à blanc. )

    Mais blague à part, je reviens sur la curieuse mansuétude qui permet à de très très nombreux fonctionnaires supérieurs, énarques chenus, anciens ministres, vieilles et vieux directeurs de cabinets, “pointures” de partis has been… de conserver après la limite (très théorique) des 70 ans, outre leur retraite généralement coquette, des activités juteuses, si possible rémunérées, à tout le moins donnant accès à un train de vie moëlleux et valorisant, grâce aux défraiements et avantages en nature. Nous avons un bon millier d’officines ab-so-lu-ment indispensables au bon fonctionnement de l’Etat, et dont un copieux pourcentage sert à ça : caser les copains en dépassement de fin de carrière. Citons Macronibus, “ça coûte un pognon de dingue” , et puis ça empêche les talents plus jeunes d’émerger ; enfin, sans inverser les courbes du chômage, ça alourdit évidemment les statistiques de Popôle-Emploi.

    Et puis surtout c’est largement immoral, un détestable travers de notre République, et qui date… de loin ! tenez, à propos de monsieur Lang – superbe exemple de ce que j’avance – impliqué actuellement dans l’affaire Epstein : monsieur Denis Bauchard, énarque, fut président de l’IMA ( la boîte où campe J. Lang depuis treize ans) à partir de 2002 ; en 2004, sous l’amicale 😉 pression du président Chirac, il a dû démissionner de ce poste pour le laisser au gaulliste Yves Guéna ; ce dernier était demandeur d’un point de chute valable, ayant quitté la présidence du Conseil constitutionnel. « J’ai été prié verbalement d’écrire une lettre de démission, ce que j’ai fait », se souvient M. Bauchard.

    Monsieur Guéna – peut-être sous l’amicale pression de, etc etc… – cédait son fauteuil au Conseil constitutionnel à Pierre Mazeaud, qui, en 2007, laissait la place à J-L. Debré, etc etc. Notons qu’en 2004, Yves Guena avait 82 ans, pour débuter ce petit boulot à l’IMA : toute la vie devant lui !

    Tibert

    J’ai honte aux craties

    Monsieur Robert Gates Jr, alias Bill Gates, le mythique co-créateur de l’immortel QDos (Quick & Dirty OS : Système Bricolé Vite Fait, rebaptisé plus joliment Microsoft), dit regretter “chaque minute passée” avec Jeffrey Epstein (disons J.E.), ce désormais bâton merdeux, opportunément suicidé dans sa cellule. Bill G. fait partie des très très nombreux mâles, célèbres, dont les noms paraissent dans les tombereaux de documents liés à cette affaire, aujourd’hui largement déballée, de prédateur sexuel “charmant, cultivé” etc… ; il avait en effet, outre ses qualités humaines supposées, plein de fric, une île privative, et des filles agréables pour ses “amis” .

    Monsieur Gates regrette, c’est bien normal, et nonobstant la faiblesse humaine (humaine : du mâle), je propose qu’on lui donne quitus de sa bonne foi. Il en est d’autres, tel monsieur Jack Lang, qui assurent n’avoir vu que la version n° 1 de J.E. , cet homme délicieux et si cultivé. Dans la foulée, allant sur ses 87 ans, muni de sa coquette étole cyclamen et de sa face évoquant l’un ou l’autre des jumeaux Bogdanov, il rejette avec indignation l’idée de démissionner du poste “fromage ET dessert” qu’il occupe depuis plus de treize ans, presque deux septennats, à l’Institut du Monde Arabe, l’IMA.

    On pourra gloser – le sujet n’est pas vain et, j’espère, pas clos – sur sa prétendue naïveté envers le véritable personnage de J.E… étant pourtant tout sauf naïf sur ce que sont les sociétés et les états “offshore” , qui permettent de luxueuses transactions, légalement à l’abri des rapaces administrations fiscales. Mais j’alerte depuis longtemps, sur ce blog (on peut flûter…) sur la gérontocratie qui sévit chez nous. Ce type a une retraite aux petits oignons ; il avait 73 ans révolus quand il a pris les rênes de l’IMA ; c’était déjà en dehors des clous ! les fonctionnaires, du gratin ou du bas de l’échelle, doivent, c’est écrit dans la Loi, lâcher les généreuses mamelles de l’Etat à 70 ans maximum, et en 2013 c’était déjà le cas. Donc ? monsieur Lang (agrégé de Droit Public) est dispensé des lois, lui ! On vole là, littéralement, du boulot utile à des gens certainement talentueux et qui n’ont pas droit à la retraite. Hélas, on trouve, sans trop chercher, aux nombreuses succursales de l’Etat, utiles ou bidon, des tas de septuagénaires avancés, d’octogénaires déplumés, voire branlants : donc, la loi des 70 ans, c’est du pipeau ? et, accessoirement, y a personne d’autre ?

    Faites ce que je dis, pas ce que je fais : c’est la crypto-devise de notre classe dirigeante. L’exemplarité, la déontologie, les règles ? c’est pour les autres.

    Tibert

    PS – Matisse, à 83 ans et plus, peignait comme un dieu : preuve qu’on peut occuper sa retraite agréablement, voire utilement, sans piquer le boulot et les émoluments de talents qui, eux, sont légitimes au service de notre beau et vieux 😉 pays.

    PS de PS – Le PNF, notre magnifique Parquet National Financier, qui s’est illustré par sa pugnacité à l’encontre de monsieur Sarkozy… montrera-t-il autant d’initiative à enquêter sur les luxueuses transactions offshore mentionnées dans les échanges Epstein-famille Lang ? nous sommes tout ouïe.

    Et une loi, une !

    Récemment, un type s’est fait gauler avec plein de grosses cartouches de protoxyde d’azote : eh bien, sur un jugement condamnant le fautif, le Conseil d’Etat a décrété que, non, y a pas faute ! c’est pas interdit. Pourtant, le ministre de l’Intérieur clame qu’il y a urgence à légiférer ? on attendra, disons quelques trimestres. On est comme ça, en France : doucement le matin, et pas trop vite le soir ; d’ailleurs, des lois, on en a des palanquées, à ne plus savoir qu’en faire, et surtout comment diantre les appliquer.

    Concernant les drogues, on navigue en pleine pieuse fiction. Nos doctes Conseillers d’Etat, Constitutionnel etc, tous bien recuits dans leur retraite, à l’abri de leurs appart’s probablement cossus, ne voient là aucune raison de s’affoler : y a rien, ça ne deale pas sous leurs fenêtres, on n’embauche pas leurs petits-enfants à faire les choufs, les guetteurs, avant de monter en grade : charbonneur, nourrice, go-fast, sicaire…

    Donc, ça reste, immuablement – on est têtu – très très vilain de consommer du cannabis récréatif, quand c’est manifestement de pratique très courante ; moult pays plus réalistes ont légalisé, quand nous nous cramponnons à une répression molle et niaise (*). Mais, les cités en coupe réglée ? les règlements de comptes à coups de Kalach’ ? les boîtes (Orange, récemment à Marseille) qui déménagent pour sauver la peau de leurs salariés ? ce n’est rien, chers concitoyens ; juste un sentiment d’insécurité. Faites-vous donc prescrire du Xanax par votre médecin traitant – si vous avez la chance d’en avoir un.

    Tibert

    (*) Et psalmodiant (sautant comme des cabris, disait De Gaulle) : “L’état de droit ! l’état de droit ! mes tas de droits !” . Pieuse fiction qui fait hurler de rire les malfrats.

    Impropres, au bas mot

    ( Grande nouvelle : nous avons un budget. Un budget de m… , qui renvoie une fois de plus la remise en ordre de notre train de vie aux Calendes Grecques, après nous le Déluge ! Un budget “wahou ! ” avec sa bouffe à un euro pour les étudiants. Mais c’est un budget, et nous savons à quelle sauce – saumâtre et peu ragoûtante – nous allons être cuisinés en 2026. On aura pu apprécier les infectes manoeuvres des partis des deux bouts de l’Hémicycle pour saboter toute avancée : nous saurons nous en souvenir. )

    Ceci étant, Le Parigot, à propos de l’incendie dévastateur de Crans-Montana, cite un témoin, employé du bar qui a cramé, qui assure n’avoir pas fermé une porte, vu qu’elle l’était déjà ! Intéressant, mais hors sujet : une porte fermée, ça s’ouvre, si l’on pousse sur la poignée. Pas si elle est verrouillée, “barrée” comme disent les Québécois. Eh oui, une porte n’est pas binaire ; elle a trois états principaux : plus ou moins ouverte, fermée tout court (sans verrou), verrouillée. Etait-elle verrouillée, cette porte ? c’est là la question. Un petit effort de précision, c’est trop demander ?

    Il est, enfin, des mots chargés d’histoire, à manipuler avec circonspection. Tenez, de nos jours, on évite de nommer un nouveau-né Adolphe ; on sait pourquoi. De même, rafle, si ce n’est pas le “bois” du raisin égrappé. Rafle ? –> la rafle du Vel’ d’Hiv’, forcément ! Du coup, utiliser ce terme devient périlleux. L’avocat Arno Klarsfeld – disons AK – le sait fichtrement bien. Le voilà donc, AK (il bosse pour le Conseil d’Etat), pris dans une controverse : « Grandes rafles » : Arno Klarsfeld visé par une procédure disciplinaire du Conseil d’État après ses propos sur CNews” . En bref, AK proposait de faire des grandes rafles dans les effectifs des immigrés illégaux frappés d’OQTF, donc enjoints de quitter le pays – on sait combien la mesure est inefficace, lamentablement peu suivie, mais ça ne doit être ébruité. Que n’a-t-il pas dit là ! Nous apprenons ainsi que certains mots sont verrouillés, strengt verboten, sauf pour la mission sacrée qui leur a été assignée par l’Histoire Officielle ; rafle est exclusivement dédié au 16 juillet, sur l’emplacement de Feu le Vel’ d’hiv.

    Un détail, pour finir ; on a écrit : ” … après ses propos sur CNews” . Encore une imprécision, une ambigüité : il ne disait pas ce qu’il pensait de CNews ; il était sur le plateau de cette chaîne, il était chez CNews. Pourquoi nous préciser qu’il s’est exprimé chez CNews, et non chez Roger-La-Frite, au Bon-Coin, ou chez RTL ? vous avez une idée ?

    Tibert