Il manque un truc

( Les Municipales… face à la stratégie de tension, aux provocations des Insoumis, la Gauche “classique” semble, ce coup-ci, décidée à ne pas se mélencher mélanger avec. Infréquentables, les Insoumis ! Sauf que… je ne vais pas vous parier ma chemise, mais vous allez, nous allons assister à des exceptions à cette règle salutaire. On va nous ressortir du placard le front anti-RN (anti-fâchiste, ça le fait mieux), car au fond, n’est-ce-pas, ce qui compte, c’est d’être aux manivelles, et peu importe les bidouilles vaseuses, peu glorieuses : ça sera vite oublié. Du moins dans les villes qui comptent, les grosses ; les petites mairies, c’est plutôt de l’abnégation, et pas mal de soucis. Bref, au second tour ça va manoeuvrer sec, on va se re-découvrir des affinités opportunes. On parie ? )

Mais je lisais, hier, dans Le Parigot, un article navrant : une affaire qui vient en jugement fort tard, comme d’hab’ : quatre ans moins quatre mois après les faits. En juin 2022, donc, deux types se coursaient en bagnole sur le pont d’Oléron… ils trouvaient ça amusant. Ils roulent à du 110 km/h, ce genre-là ; se suivent à quelques mètres. Soudain, le premier tente de “piler” face à un obstacle imprévu ; son proche poursuivant donne un coup de volant (il “ne voyait rien” , derrière la camionnette du premier), se déporte et heurte de plein fouet une motocycliste qui arrivait en face, et qui ne demandait rien. Elle en est morte.

Les juges leur ont infligé des peines largement en deça de la gravité des faits ; non pas au vu des seuls faits de juin 2022, non… voyez, ces deux zèbres sont des multirécidivistes des infractions routières ; depuis 2022, ils se sont fait plusieurs fois reprendre. Je cite : “Depuis le décès d’Estelle R. , il (le premier) a notamment été interpellé pour conduite en état d’ivresse. Le second, lui, a multiplié les excès de vitesse et infractions pour usage du téléphone au volant ou véhicule non assuré. Le jeune homme a même été placé un temps en détention provisoire après une tentative de fuite et la conduite d’un véhicule avec usurpation d’identité” . Et, notons que tous deux ont encore un casier judiciaire vierge !

Bref : derrière cette histoire navrante, un constat : on ne sait pas empêcher un chauffard patenté de prendre le volant. Il y a l’éthylotest des chauffeurs-routiers, soit, mais ça se contourne, on fait souffler une bouche innocente… Que faire ? confisquer la voiture ? ils en prennent une autre. On sait, en revanche, détecter – et donc sévir, si nécessaire – quand un porteur de “bracelet” à la cheville déborde de son périmètre prescrit (assignation à résidence) ou, à l’inverse, pénètre dans un périmètre proscrit (violences conjugales). Donc, une idée pour nos technocrates Bruxellois, qui nous ont déjà infligé des tas de gadgets ruineux, inutiles et pénibles “pour notre sécurité”, le volant qui vibre, le bip-bip à tout bout de champ ; un gadget de plus : le bracelet “spécial-chauffard” à la cheville des punis. Et, dans les voitures, le dispositif renifleur, qui détecte ledit bracelet : quand ça bippe, ça bloque tout ! notre Fangio bourré repart à pied, ou va cuver sur le siège arrière.

Reste à faire breveter le truc. Essayez pas de me piquer mon idée. On va sauver des vies, et se faire des testicules en métal précieux.

Tibert

À vue de nez

( Comment prononcer Mélenchon ? ses grand-parents mâles étaient d’origine espagnole ; du côté paternel, Antonio Melenchón, avec un accent sur le ó : là-bas on prononce Mélènnchónn, en appuyant sur la dernière syllabe. Pourquoi prononçons-nous Mélanchon, comme cochon ? parce qu’on le prononce comme chez nous… moi je dis “Epstaïn”, comme Einstein, à l’européenne, et je me fiche que les Etats-Uniens articulent Epstin’ (Epstein), “Pâwiss” (Paris, tiens !), etc. En faire un fromage, tartiner grassement là-dessus, avec des effets de manches, en attendant avec gourmandise les gloussements de la salle… c’est assez nul. Soit il vaut mieux que ça, intellectuellement, mais il drague bien bas ; soit c’est le gâtisme qui gagne. Dame, à bientôt 75 balais, il y a du jeu dans les guides de soupapes. )

Et puis la politique internationale fonctionne “à vue de nez” , semble-t-il. Moyennement marrant, voire pas du tout. Celui qui a les plus gros biscottos prend manifestement ses consignes, au jour le jour, auprès du Grand-Chef de Jérusalem, lequel a une idée fixe, depuis longtemps, faire la peau aux mollahs, aux ayatollahs et à leurs groupies – manifestement avec des arguments convaincants. Que les évènements du dernier week-end – le jeu de quilles “strike” à Téhéran – réjouissent moult Iraniens, ça se comprend aisément ; ça fait 36 ans qu’ils subissent (*) l’enturbanné barbu, ses prêches, ses sbires et son couvercle saignant. Nous non plus ne le pleurerons pas. Juste une remarque : on ne sait pas où on va, mais on y va ; plutôt l’inverse : on y va, mais on sait pas où. Sous la casquette “MAGA” rouge du Big Chief, j’ai bien peur que ce ne soit pas plus clair. Formons le voeu que ce ne soit pas MAGAGA.

Tibert

(*) J’emploie le présent : la partie est loin d’être jouée. P…, trente-six ans ! vous vous imaginez avec le même guignol aux manettes pendant 36 ans ? inhumain.

Concours + note de gueule

( Depuis qu’un jeune militant chrétien, de droite, a été tabassé à mort, le fascisme (prononcez fâchisme, à l’auvergnate : comme fâchination et fâchicule ), le fâchisme, donc, serait sur le point de nous submerger, à se dire que les SS, la Gestapo et les Oustachis cognent à nos portes. C’est, selon le NPA trotskiste, la “fâchisation ambiante” (*). C’est du moins l’impression qu’on a, selon les imprécations LFI’stes. Le fâchisme par ci, le fâchisme par là, faut qu’on s’défende, appels à l’action populaire antifâchiste… poussant le bouchon plus loin, la grande imprécatrice LFI-en-Chef, madame Panot, lance : “Nous n’accepterons jamais que le fâchisme prenne le pouvoir légalement par les urnes, ce que veut faire Marine Le Pen” . Elle n’a pas entonné le Chant des Partisans ? c’est qu’elle était enrouée. Nous voilà prévenus : en cas de victoire dans les urnes, non conforme aux attentes de LFI, elle prendra le maquis, sous la haute autorité du Lider Maximo bien aimé, qui va se laisser pousser la barbe. )

Mais autre chose, moins politique, quoique… je suis, vous êtes sans doute, nous sommes des centaines de millions à utiliser, sur nos PCs, nos mobiles, nos tablettes, VLC, le “couteau suisse” des logiciels de restitution vidéo-et-son (mais pas que : transcription, conversion, un tas de fonctions bien utiles). Et français, et gratuit ! Bref, au fait : le fondateur de Videolan, la boîte qui publie VLC, l’ingénieur J-B Kempf, pousse un gros coup de gueule : sa femme, Audrey Prevost, a passé le concours de la magistrature, elle l’a réussi, classée neuvième ; mais on ne veut pas d’elle, au Ministère de la Justice. C’est un concours : il faut être dans les N premiers à l’épreuve. MAIS, mais il faut en plus être agréé par les Chefs, sur des critères hors concours, si l’on peut dire. Madame Prevost s’est vu signifier qu’elle ne remplit pas le critère d’ “activité professionnelle particulièrement qualifiante” .

Vous voyez : elle a pu s’inscrire au concours ; on suppose qu’il y avait des critères à cette inscription, du genre “activité professionnelle (**) qualifiante” , sinon à quoi bon concourir ? à quoi cela sert-il de se lever matin ? Bon, mais a posteriori, ça vaut pas ! Il se trouve pourtant que madame Prevost a, pendant dix ans, oeuvré à traiter les nombreux problèmes juridiques que Videolan a dû affronter ; notons aussi que le ministre Darmanin admet que “la magistrature manque de personnes connaissant le numérique” (et ses méandres juridiques). Cerise sur le pudding, cette année, 371 personnes ont été admises à l’ENM, l’Ecole Nationale de la Magistrature (la cible du concours) sur 457 places disponibles. Donc, 86 postes sont restés vacants, dans un pays où le manque de magistrats est un constat récurrent. On se demande, à juste titre, non mais franchement ! qu’est-ce que c’est que ce binz ?

Tibert

(*) Une perle, sur leur canard, ce titre : “A Lyon, les regrettables conséquences de la fascisation ambiante” : eh oui, assassiner à au moins six, et à grands coups de latte dans la tête, un type seul recroquevillé au sol, ce serait une regrettable conséquence de la fascisation ambiante.

(**) J’oubliais : “particulièrement” qualifiante. Non mais…

Vers le méta-prompt

( J’ai poussé un wahooo ! époustouflé à la découverte, sur la photo d’illustration du Monde, de la tribune officielle du Congrès Exceptionnel du Parti des Travailleurs de Corée du Nord. Ce grand raoût se tient en principe tous les cinq ans, mais son bien-aimé dirigeant aurait, semble-t-il, convaincu ses camarades d’en faire un tout de suite – il ne m’a pas confié ses motivations. Notons-le respectueusement sur nos petits carnets, Kim III a été réélu Grand-Chef, derechef, et, cerise sur le kimchi, à l’unanimité : ça va de soi, quand on bénéficie, Lumière de l’Orient, d’un Guide Suprême de ce poids !

J’ai été – ça m’arrive rarement – vérifier sur les sites de l’Humanité et du NPA, s’ils avaient relayé cette nouvelle éclairante pour le monde : eh bien, l’Huma ? que dalle ! ils ignorent qu’existe, à l’est, un pays-frère-phare. Le NPA ? il y a bien une rubrique “Répression” : logiquement 😉 la Corée du Nord n’y figure pas. Que voulez-vous, on ne peut pas tout dire, y en a trop, faut choisir. )

Et puis Gougeule m’a envoyé un gentil courriel : “Robert (*), bienvenue sur G-mini !” . C’est de la pub pour ce dernier avatar grand-public de l’IA : il faudrait ab-so-lu-ment l’essayer ! pour l’adopter, évidemment. J’ai donc lu l’invite, ça semble super… je vous cite un lot de recommandations gougueuliennes pour tirer le meilleur profit de cette super-intelligence : l’art du bon “prompt” (de la bonne requête, consigne…). C’est un peu long, mais bien écrit :

Utilisez des instructions et non des mots clés. Dites à G-mini comment il doit se comporter (comme un coach professionnel, par exemple), puis expliquez ce que vous attendez de lui. Donnez plus de contexte pour de meilleurs résultats ; communiquez à G-mini des détails et des exemples de styles d’écriture ou de formats souhaités pour obtenir la meilleure réponse possible. Discutez pour affiner la réponse. La première réponse n’est pas tout à fait ce que vous recherchiez ? Posez des questions complémentaires et guidez G-mini pour obtenir les réponses souhaitées” .

Sachant que le niveau de français devient carrément alarmant chez nos jeunes, qu’ils peinent à produire quelques phrases propres et intelligibles, s’appuyant sur une structure de pensée logique, il serait judicieux de coiffer ce magnifique outil d’intelligence assistée, d’un facilitateur-de-requête – un prompt-helper, diraient nos dévoués anglomanes. Un outil pour aider à construire, de préférence oralement (**), à partir des expressions de base “ouais euh… ben voilà… en fait… j’ sais pas, moi… du coup…” , une requête claire, précise, concise : efficace. Tu vois ç’ que j’veux dire ?

Tibert

(*) M’interpeller par mon prénom ! j’ai horreur de ça. On n’a pas ânonné les déclinaisons latines ensemble, que je sache.

(**) Taper sur un clavier c’est ch..nt ; a fortiori sur les 23 cm2 du “clavier” d’un cellulaire. En contrepartie, il y a tout plein d’émoticônes, pour nourrir le futur méta-prompt.

Assemblages connotés

( Il appert que parmi les noms cités en relation avec l’assassinat d’un jeune de 23 ans, qui avait le tort létal de ne pas penser-pencher à gauche, deux au moins sont connus sous pseudonymes, dont le député LFI, co-fondateur de feue « La Jeune Garde » . D’aucuns s’étonnent : « eh quoi, il est donc permis de s’inscrire à l’Assemblée sous un nom d’emprunt » ? Il semblerait que oui… ça s’est déjà vu, par exemple monsieur Copé ne s’appelait pas initialement ainsi ; peut-être d’autres. Imaginez si monsieur Hollande était inscrit sous « Flamby » ? Reste que la manie des faux-blazes est typique des trotskistes, vieux réflexe conspirationniste qui perdure, nonobstant l’absence actuelle de persécutions staliniennes ou policières. En prévision du matin du Grand Soir tant espéré, sans doute. )

Et puis madame Vassal, candidate de la droite « classique » à la mairie de Marseille, aurait dérapé dans l’aïoli : elle déclarait, il y a peu : “Mes valeurs sont le mérite, le travail, la famille, la patrie” . Argggh ! Benoît Payan, l’actuel maire socialiste (*), de lui balancer : « C’est le slogan de monsieur Pétain, ça » . Et madame Vassal de persister : « Oui, d’accord, mais moi, c’est mon slogan et ce sont mes valeurs » . Notons que, non, ce n’était pas pile-poil le slogan de monsieur Pétain ; le mérite manquait. Ceci étant, on y retrouve, trois sur quatre et dans l’ordre, le tiercé maudit ! Car il est des assemblages malvenus, comme dans le pinard on évite de coller du merlot avec de la folle-blanche et du petit-manseng. Mais prenez-les séparément : le travail ? Super, en principe. La famille ? Bon, c’est plan-plan, mais solide, classique, indémodable. La patrie ? D’aucuns ricanent, mais avec « famille » , ça sonne bien, et puis on est Français, non ? ce n’est pas la pire des citoyennetés, pas de quoi se défausser…

Mais mettez les trois ensemble, ce sont les hauts cris : les heures les plus sombres, gnagnagna…Pétain n’a pas privatisé les trois mots, que je sache, ce n’est pas « Les lithinés du Dr Gustin » ou « Hotchkiss-Grégoire » . Faut-il inférer, du dialogue cité plus haut, qu’il serait détestable de travailler, en bon membre de sa famille et en bon citoyen ?

C’est ici un petit échantillon préalable, dans la vaste foire d’empoigne des Municipales qui s’annonce. Ouvrons tout grand nos oreilles, mes amis, ça promet d’être croquignolet : on va en entendre, des « demain pour vous je peins la Lune en vert » et des « avec moi pour un meilleur Vieuxbourg-sur-Yvette » . Pauvre Yvette.

Tibert

(*) Maire, mais pas élu maire ; arrivé à ce poste grâce à une bidouille, la maire en titre s’étant mise rapidement en retrait pour des raisons, disons, curieuses.

Petits services

( Madame Panot, cheffe à LFI, réclamait, hier à l’Assemblée, qu’on tienne le groupe “identitaire féministe” Némésis “à l’écart” des réunions, colloques, meetings… de sa paroisse insoumise, sinon “ça va mal finir” , menaçait-elle. Donc, ce n’est pas “mal fini” , le décès d’un jeune homme de 23 ans consécutif à un tabassage à mort “par au moins six agresseurs” , tabassage justifié du fait qu’il avait des conceptions politiques différentes de ses assassins ? ça se passait donc assez bien ? rien à dire ? )

Mais autre chose : on peut aisément se documenter, dans les divers canards, Le Parigot, Le Monde, notamment, sur ce qu’on pourrait qualifier de radinisme organisé, systématique, sur les “oursins dans les poches” de notre ex-flamboyant ministre de la Culture, ex-tout récent Grand Chef à l’IMA, monsieur Lang. On pourra également comparer les attentions vestimentaires, évaluées à 195.000 euros, dont l’aurait gratifié – chose farpaitement légale, paraît-il – le couturier Francesco Smalto, aux cadeaux du même métal, et qui ont salement compromis la candidature François Fillon aux Présidentielles 2017 : un total d’environ 48.000 euros, dont deux costumes pour un montant de 13.000 euros, le tout offert par un “ami” (sic), ce qui avait incité le PNF, le Parquet National Financier, à y fourrer son nez.

Mais, j’y viens, justement : les enquêteurs du fisc ! Dans l’article du Parigot cité plus haut, je lis : “Dans la belle campagne de Blois, un patron de bonne table s’est plaint un jour d’un contrôle fiscal après avoir refusé de régaler gratis la tablée du maire [ Jack Lang, à l’époque, NDLR ]. Peut-être une coïncidence. Il y en a eu tant” . Ces représailles de contrôle fiscal, on les retrouve citées ailleurs : c’était donc, sans doute, une arme par destination. Et, tenez… histoire vécue : une amie à moi, en conflit avec l’une de ses parentes proches, dont le fonctionnaire de mari bénéficiait d’un petit boulot à l’Elysée mittérandien, se vit annoncer qu’elle (sa parente) “allait lui envoyer un contrôle fiscal” ! Quinze jours plus tard, les inspecteurs du fisc débarquaient. Peut-être une coïncidence ?

Moralité : Comment se fait-ce, et QUI, au Ministère des Finances, actionne (*), pour les amis, les copains, les amis des amis, les délicieux contrôles fiscaux destinés à punir, à contraindre, à mortifier, bref, à faire ch..er, Pierre, Paul ou Jacques ? c’est républicain ? c’est normal ? il y a une brigade d’inspecteurs dédiés à ces missions punitives pour les amis ? un organigramme ?

(silence de plomb)

Tibert

(*) “A charge de revanche, cher ami. Un renvoi d’ascenseur, n’est-ce pas… on pourrait peut-être se voir ? un déjeuner de travail ? “

PPE 1, 2, … n, n+1…

( Un fort long article du Monde, que j’ai pu lire in extenso, s’en prend, à charge, à une anthropologue, chercheuse du CNRS, madame Bergeaud-Blackler : cette femme a notamment publié un bouquin, et travaille sur les stratégies de pénétration des Frères Musulmans (les fréristes ) chez nous. Elle se montre combative, prenant à partie ses contradicteurs – y compris ses collègues – sans trop user des habituels ronds-de-jambes (*). On peut gloser sur sa pugnacité, sur ses compétences, sur ses thèses ; je ne suis pas expert, sans être neutre : je crains les dévots qui prétendent plier les autres à leurs lubies. Mais je note ceci, qui n’est pas anodin : elle est sous protection policière, car menacée de mort ! par qui ? allez donc savoir… )

Et par ailleurs ? tout roule, pas de problème 😉 La commission parlementaire sur l’Audiovisuel Public essaye toujours de savoir comment sont dépensés les quatre milliards de notre belle institution, jadis “voix de la France” : ça s’annonce mal, ça semble assez opaque. Et puis notre Premier Lecornu sort, sans débat parlementaire, par décret, la version 3 du Plan Pluriannuel de l’Energie, le PPE3, donc. Que l’Assemblée n’en débatte pas, ma foi… ce sera une stérile foire d’empoigne de moins !

Mais le paysage est en fait le suivant : nous sommes en surcapacité chronique de production électrique, et la consommation est en baisse continue. S’engager à faire de l’énergie intermittente à marche forcée – surtout l’éolien, et surtout en mer, qui coûte la peau des fesses et pollue pas mal – relève d’une complaisance, absurde, envers les écolos forcenés, les lobbies et les entreprises qui surfent sur cette vague. Voyez cette tribune, sur le sujet. Résumons : nous avons du nucléaire, c’est décarboné au petit poil (surtout n’en pas faire l’éloge, c’est contraire au credo Vert, et jetons un voile pudique sur les incohérences, un pas en avant, deux pas en arrière, de nos dirigeants) ; nous sommes en surproduction ; nous avons un programme pour renforcer le parc de centrales nucléaires : pour qui, ces projets décennaux de champs photovoltaïques à perte de vue, ces futures gigantesques et pâles pales, à brasser mollement l’air quand le zéphyr veut bien souffler ?

Tibert

Délicate litote, je cite Le Monde : “Ses attaques ciblent parfois des positions réellement ambiguës émanant de quelques spécialistes [ah, quand même ! NDLR] . Certains chercheurs visés assument, par ailleurs, des engagements politiques marqués à gauche” . Allons bon ! ce serait de gauche, le frérisme ?

Acronymes et occurrences

( un peu d’anglais… je cite, verbatim (c’est du latin) Donald T. , qui s’exprimait il y a quelques heures : “We’re ending Joe Biden’s war on beautiful, clean coal once and for all” . Soit : On en finit avec la guerre de Joe Biden contre le charbon, beau et propre, une fois pour toutes. Ce qui laisse sceptique, quand on songe aux “gueules” , noires, des mineurs du Pas-de-Calais ou de Carmaux sortant des puits, la journée de boulot finie. Il est vrai que toute une littérature existe, sur la notion de “charbon propre” , mais on sent bien que ça relève de l’oxymore, de l’eau sèche ou de la râpe lisse : on peut s’efforcer de ne pas trop saloper l’environnement avec du charbon, mais ça reste le plus sale des combustibles fossiles. Sacré Casque d’Or ! il arrive encore à nous étonner. )

Et puis cet article du Parigot sur un enlèvement bidon, filmé dans Paris, forcément, pour alimenter le buzz sur les “réseaux sociaux” : un scénario évoquant un rapt lié à la cryptomonnaie, des mecs cagoulés, un simili-pugilat, un coffre de bagnole… c’était pour rire ! pour être vus sur les “réseaux sociaux” . Je me suis astreint à compter les occurrences de l’expression “réseaux sociaux” dans l’article mentionné plus haut : sept (7) fois.

J’emploie plus volontiers, et pour cause, le terme “réseaux-poubelles” ; ce fait divers d’un tournage vidéo sur un scénario débile corrobore bien la chose : c’est vraiment la lie, c’est moche, c’est d’une bêtise crasse, et puis violent ! C’est ça, en fait, les “réseaux sociaux” . Cette expression est d’ailleurs ridicule (sociaux ! n’importe quoi… ) et laborieuse à écrire ; et sept fois dans l’article, ça bouffe du papier, de l’énergie, c’est trop long ! il serait judicieux d’adopter un acronyme, concis, comme le Houèbe, comme la Sécu, comme déca… les journaleux adorent ça, les raccourcis, les mots très courts, qui claquent : je verrais bien Webbelpou. C’est encore un peu long, mais “y a tout” !

Tibert

Notre position elle est claire

Notre position est claire : gnagnagna” (énoncé de la claire position) ; ou, mieux, à l’oral : “Notre position elle est claire : ” , etc etc. C’est un tic verbal, ou écrit, des journaleux et des politiciens. La suite est généralement moins claire… Tenez, la clarté des eaux “minérales” (minérales, avec tout plein de guillemets) : “La réglementation sur les eaux minérales naturelles est claire : elle interdit tout traitement de désinfection ou de nature à modifier les caractéristiques microbiologiques (le microbisme) de l’eau. Or, dans son arrêté, le préfet du Gard… ” .

Il s’agit là d’un article du Monde sur l’action judiciaire, entreprise par un marchand d’eaux minérales naturelles contre le groupe concurrent Nestlé et contre l’Etat, accusé de complaisance envers cette multinationale suisse, surprise (*) à filtrer-désinfecter ses “eaux minérales naturelles” . Je ne vais pas vous rabâcher cette histoire ; juste pour pointer, derrière les tics de langage, les bidouilles pas trop claires ! C’était pourtant clair, non ?

Mais, basta sur les tics de discours… je voulais vous faire partager ma surprise – ooups, mon étonnement – il y a de cela quelques jours, découvrant l’éditorial du canard La Montagne : “François Hollande est le seul à incarner la synthèse à gauche” . J’ai accusé le coup, je dois dire. Qu’à Dieu ne plaise ! énoncerais-je, désolé, si j’y croyais (à Dieu). Oh my God ! soupireraient, navrés, les anglophones, croyants ou pas. Car si c’est cet homme qui incarne la synthèse à gauche, je plains la synthèse ! et c’est bien triste pour la gauche. Par ailleurs, je ne vais pas reprendre mon antienne sur la gérontocratie, mais enfin, une synthèse de soixante-treize ans en 2027, façon deuxième souffle, façon come-back fracassant, “attendez, ce coup-ci ça va bien fonctionner” , vous y croyez, vous ? ça vous parle ? Je cherche un adjectif, et c’est rassis qui me vient. Voilà : “l’incarnation d’une synthèse rassise” .

Tibert

(*) Surpris : qui est découvert. Utilisé très souvent, et abusivement, à la place de étonné. Je suis surpris de constater que, gnagnagna… ” . Eh non, je suis étonné, sauf à me surprendre moi-même, ce qui serait étonnant.

    Strapontins et troisième âge

    ( Vous cherchez du boulot ? on me signale ceci : les collectivités, les mairies notamment, vont recruter, d’ici fin mars 2026, 5.000 gestionnaires de courrier, titulaires (= fonctionnaires territoriaux). Vous pensez bien, avec les brouettes quotidiennes de lettres que reçoivent nos vibrionnantes administrations municipales, elles ne savent plus comment s’en sortir ! Allez voir sur emploi-territorial.fr et entrez “courrier” dans la zone de recherche. Les coupe-papier vont chauffer à blanc. )

    Mais blague à part, je reviens sur la curieuse mansuétude qui permet à de très très nombreux fonctionnaires supérieurs, énarques chenus, anciens ministres, vieilles et vieux directeurs de cabinets, “pointures” de partis has been… de conserver après la limite (très théorique) des 70 ans, outre leur retraite généralement coquette, des activités juteuses, si possible rémunérées, à tout le moins donnant accès à un train de vie moëlleux et valorisant, grâce aux défraiements et avantages en nature. Nous avons un bon millier d’officines ab-so-lu-ment indispensables au bon fonctionnement de l’Etat, et dont un copieux pourcentage sert à ça : caser les copains en dépassement de fin de carrière. Citons Macronibus, “ça coûte un pognon de dingue” , et puis ça empêche les talents plus jeunes d’émerger ; enfin, sans inverser les courbes du chômage, ça alourdit évidemment les statistiques de Popôle-Emploi.

    Et puis surtout c’est largement immoral, un détestable travers de notre République, et qui date… de loin ! tenez, à propos de monsieur Lang – superbe exemple de ce que j’avance – impliqué actuellement dans l’affaire Epstein : monsieur Denis Bauchard, énarque, fut président de l’IMA ( la boîte où campe J. Lang depuis treize ans) à partir de 2002 ; en 2004, sous l’amicale 😉 pression du président Chirac, il a dû démissionner de ce poste pour le laisser au gaulliste Yves Guéna ; ce dernier était demandeur d’un point de chute valable, ayant quitté la présidence du Conseil constitutionnel. « J’ai été prié verbalement d’écrire une lettre de démission, ce que j’ai fait », se souvient M. Bauchard.

    Monsieur Guéna – peut-être sous l’amicale pression de, etc etc… – cédait son fauteuil au Conseil constitutionnel à Pierre Mazeaud, qui, en 2007, laissait la place à J-L. Debré, etc etc. Notons qu’en 2004, Yves Guena avait 82 ans, pour débuter ce petit boulot à l’IMA : toute la vie devant lui !

    Tibert