Au placard à balais

Tiens : un article des “Numériques” sur une quelconque nouvelle voiture électrique : le journaleux constate, navré, qu’il n’y a “pas de coffre avant (frunk)” . Il précise donc, le journaleux, pour nous instruire, qu’un coffre avant c’est un frunk. Ah… et ça sert à quoi ? de coffre avant. De fait, ce néologisme moche est la contraction de “front trunk” = coffre avant. Je continuerai à dire “Ah tiens, y a pas de coffre avant” : c’est ma langue et j’y tiens, contrairement à certains malfaisants.

De deux, il ne vous aura pas échappé que le club de mercenaires du PSG de Paris et de Saint-Germain (des Colombiens, des Ukrainiens, des Brésiliens, des Français, un Russe… le patron est du Qatar), tous natifs de Saint-Germain en Laye, voire de Paris, s’est illustré, hier soir, face au club allemand du Bayern (des Anglais, des Français, des… tas de nationalités, tous mercenaires Munichois de pure souche). Le Monde se régale de la chose, bravo les petits ! Le Parigot itou, évidemment. La différence ? 127 interpellations hier soir à Paris, des dégradations, des bagnoles brûlées, des émeutes, des flics blessés (Le Parisien) ; aucun incident digne d’être rapporté (Le Monde, au pays des Bisounours).

De trois, on apprend que le néo-maire de Saint-Denis, dans le 9-3, n’a pas envie de voir la trombine du Président Macron au mur de son bureau, à la mairie : il a donc posé ledit portrait dans un placard à balais. C’est légal : rien n’oblige les mairies à placarder au mur la trombine du Président du moment (*). Cependant, le préfet du 9-3 lui a demandé instamment de remettre le cadre en place : c’est un usage constant et républicain, auquel il serait malséant de se soustraire. Rien d’obligatoire, néanmoins… gageons que si notre malheureux pays voyait le Chavezo-Maduresque Mélenchon accéder aux manivelles en 2027, monsieur le maire de Saint-Denis s’empresserait, ravi, de coller la trombine du Gourou des Insoumis au mur de son bureau. Comme quoi, la déco, c’est quand même une affaire très personnelle.

Tibert

(*) Anecdote authentique : dans le petit bourg de C., dans le 4-4, un couple de mes amis se mariait ; c’était fin juillet 1981, et Mitterand occupait l’Elysée depuis trois mois. Au mur de la salle municipale, la trombine de monsieur Giscard d’Estaing ! Le marié fit gentiment remarquer au maire que le portrait était obsolète. On se retrancha, côté mairie, derrière des excuses vaseuses, les délais, pas le temps… en fait, ce n’était pas illégal ! Et si ça se trouve, le maire de Saint-Denis pourrait dès à présent arborer le Mélenchon au mur, sans que ça pose problème ! La Loi est peut-être mal faite.

Très motivé, vous pensez bien

( Un film qu’on peut – ou pas – voir sur Artépointévé : “Un balcon à Limoges” : une histoire clairement inspirée d’un affreux fait divers à Tours, un crime au féminin avec dépeçage subséquent… à ce propos, les cinéphiles se déchirent, savoir s’il faut “spoiler” , “divulgâcher” ou pas le sujet. Rien de tout ça : on peut éventer la chose, ou la divulguer ; à vrai dire, le scénario étant tiré d’une affaire très bien documentée, tout un chacun a le loisir de se renseigner sur le Houèbe, chez Wiki ou autre. Et tant pis pour le suspense ! D’ailleurs, je vais éventer / divulguer un secret bien gardé : si vous allez voir le film “Titanic” … à la fin, le rafiot coule (ah zut, fallait pas le dire ! )

Mais deux articles se télescopent dans Le Monde : de une, “Je déteste mon job, mais j’ai l’impression que c’est comme ça partout” . Triste constat d’une jeunesse qui pédale dans la choucroute, quand il est clairement essentiel de s’épanouir dans son métier (*). De deux, “La lettre de motivation survivra-t-elle à l’IA et aux évolutions du recrutement ?” . Evidemment, si le jeune postulant détaille dans son pensum de motivation la sombre nécessité pour lui de gagner sa croûte un peu mieux qu’au RSA, alors que l’idée seule lui donne des boutons, ça ne va pas le faire ! J’ai souvenance de m’être tapé moi-même des tas de missives de ce type : des lettres en papier, manuscrites, bien propres, et mises à la poste ! pour les graphologues de la DRH. Autre temps… de nos jours, l’IA vous pond, sans fautes de français, des textes à faire bondir d’allégresse les recruteurs : enfin on le tient, le cariste jeune, dégourdi, sérieux, super motivé, pour le hangar 3 ! et cinéphile, en plus.

Cet exercice stupide, exécuté au stylo, servait surtout à détecter les individus confus dans leur tête, incultes, et les cas de psychiatrie clinique ; y dérouler une prose digne d’un Flaubert ou d’un Camus ne servait guère, face à des lecteurs pas toujours aptes à en apprécier la qualité. Mais pour le reste… évidemment, nom d’une pipe ! que si je postule, ce n’est pas pour vous informer que ce boulot m’emmerde, que je déteste votre boîte ; non, j’en rêve, je jubile à l’idée de, je suis prêt à… et l’IA vous racontera ces fadaises mieux que moi.

En somme, l’IA sonne la mort de la lettre de motivation : bon débarras.

Tibert

(*) Je rabâche, je sais : “Si tu fais de ta passion ton métier, tu ne travailleras jamais de ta vie” . C’est toujours aussi vrai.

Poulet forcément confessionnel

( C’est discrètement passé sous les radars de la presse, le Conseil d’Etat vient de confirmer la dissolution du groupe politique “La Jeune Garde” , autoproclamé antifa, et cofondé par un député LFI ; groupe impliqué dans moult bagarres, dont la dernière a vu le tabassage à mort d’un militant de droite-droite. Le Monde s’en est fait l’écho, avec ce titre curieux : “la dissolution du groupuscule antifasciste la Jeune Garde, mis en cause… ” . C’était donc un groupuscule (un tout petit groupe, une chapelle) mais il était antifasciste, sans guillemets. On a donc dissout une formation antifasciste ? c’est moche, l’antifascisme ? ou bien était-ce une formation “qui se disait antifasciste” , avec des guillemets ? parce qu’en l’occurrence, ce groupuscule, comme on dit dans les cours de récré, “c’est celui qui le dit qui y est” . )

Mais parlons bouffe… “food” selon le terme désormais consacré, vu que nourriture est trop long, manger obsolète (on peut apporter son manger), et bouffe ? péjoratif, de l’argot, fi donc ! Moi j’en tiens pour la bouffe, c’est de chez nous : anoblissons le terme. Une chaîne de néfaste-foude, de vite-bouffe, sans salles de restauration – on mange dans la rue, on s’assoit où l’on peut – se répand rapidement, avec, disons… avec ardeur, dans une ambiance souvent conflictuelle, avec les mairies, les copropriétaires des lieux, l’administration… j’ai nommé “Master Poulet” (disons MP), qui a droit à un long article dans Le Parigot. Saluons le terme français, Poulet, qui, bizarrement, cohabite avec Master, en anglais. On aurait pu avoir “Maître Chicken” , évidemment. Bof… il y a aussi des “Poulet Addict” , des “Chicken King” , etc. Bref, du poulet ! viande plébiscitée : c’est moins cher. A vrai dire, quand l’entrecôte tourne à 35 balles au kilo… (*) Mais d’où, ces poulets ? des qui courent dans les prés ? qu’on trucide après au moins trois mois de vie au grand air ? ne rêvons pas, ça vient d’élevages industriels, aux Pays-Bas, paraît-il.

Le poulet “vite fait” de MP est grillé, pas frit : c’est moins pire, donc, pas du genre beurre sur les rillettes, et moins de nuisances des fritures. Mais, comme une grande proportion des fissa-bouffe, c’est du halal ! Pourquoi ? bonne question. Je propose une explication : au vu des implantations de MP, surtout dans la couronne parisienne, c’est un signe positif pour la clientèle “populaire” , comme on dit par euphémisme. Halal ? le mécréant, l’athée, le chrétien… tolère, vu que ça se mange ; le musulman y tient, lui, dit-on ; c’est donc vite vu. C’est d’ailleurs le même raisonnement qui dicte le choix du halal à tout plein d’enseignes de véloce-bouffe, Burger Queen… et qui interdit le porc dans les avions.

Sauf que non ! De une, c’est une viande “religieuse”, avec une dîme au clergé : ce n’est pas anodin, de financer malgré soi des cultes qu’on n’apprécie pas. De deux, les divers Comités de Défense des Animaux, très virulents quand ils dénoncent des abattages inhumains, sont curieusement muets sur l’abattage rituel, manifestement cruel. Que voulez-vous… c’est très mal vu, voire dangereux de critiquer la chose, on pourrait se voir soupçonné de je ne sais quelle machin-truc-phobie.

Tibert

(*) Vu lors d’un reportage télé sur les difficultés de la pêche, le prix du fioul etc : un micro-trottoir dans une poissonnerie de la rue Monge, à Paris. Le prix affiché sur les belles soles : 60 €/kg. Et pas épluchées, les soles ! On table classiquement sur 40% de déchets, ça met la chair à 100 €/kg. On ne verra pas demain les rapid’bouffe à la sole.

De la lecture, ou du baillon

Feuilleton palpitant, épilogue tout autant : le rapport sur l’audiovisuel public (laborieuse et lourde locution : on va écrire AP ) ne sera pas enterré ; c’est dire qu’il arrive au son des trompettes. C’est un vote des 30 membres de la commission d’enquête ad hoc qui a décidé si les Français pourraient avoir un aperçu, ou pas, des opaques rouages de cette énorme et fort coûteuse maison (9000 salariés) ; savoir, ou pas, ce qu’ AP fait du fric qu’il leur coûte ; juger, ou pas, des équilibres politiques qu’est censé respecter ce mammouth des médias.

Deux voix ont fait pencher la balance “pour” : 12 pour la publication (les LR, les RN, et quelques électrons libres) ; 10 contre (écolos, gauche, extrême-gauche) ; 8 abstentions. Saluons ironiquement le courage des abstentionnistes, ventre mou du milieu du marigot : les encartés à Renaissance et au Modem n’ont pas d’opinion ! ils ont passé 5 mois à décortiquer AP, auditionner, débattre, mais ils ne savent pas si le rapport mérite, ou pas, d’être publié… Pourtant : soit c’est un torchon, un brûlot malsain, un naufrage, indigne de paraître ; soit c’est utile, discutable mais utile. Et donc ? …

Apprécions 😉 également la volonté d’enterrer ce rapport, unanime à gauche : le rapporteur-rédacteur étant de droite-droite, il importait de le faire taire ! C’est, hélas, le point de vue de nos ténors de la Bonne-Pensée : eux seuls seraient légitimes ; et puis ils sont nos phares dans la nuit, pas vrai ? madame Ernotte : “représenter la France telle qu’on [on : elle et ses amis politiques, NDLR] voudrait qu’elle soit” .

Saluons le courage du président de cette commission, qui a voté “pour” : nonobstant ses réserves déclarées, il a perçu, et l’utilité de questionner le fonctionnement de cet énorme machine qu’est AP, et les effets dévastateurs qu’aurait produits l’enterrement de ce rapport : ben non, vous ne pourrez pas vous informer et vous faire une opinion, on vous dénie le droit de savoir. Un brin totalitaire, non ?

Tibert

PS – Si ça se trouve, c’est un pavé redoutablement indigeste, ce rapport, une purge à la lecture… et contestable, peut-être, mais… nous pourrons en juger !

Monochro mi(e) bémol

( Je ne sais quel est, de ces deux évènements, le plus renversant : a) – Donald T. s’est encore fait flinguer ! c’est quasiment une rengaine aux USA, où tout clampin banal peut posséder un arsenal de guerre, en toute légalité. Encore raté, donc, et +1 au compteur de présidents états-uniens canardés. b) – Un coureur professionnel a bouclé le marathon de Londres en un chouïa moins de 2 heures. Des godasses “à ressort” , des “lièvres” à foison, un temps idéal, un gros plat de spaghetti (*) la veille au soir… ça aide, mais tout de même… à vélo je n’aurais pas suivi. )

Mais je suis en rogne, et je vais vous dire : les éditions musicales sont en dessous de tout. Vous additionnez Gutenberg et Bach – le dernier décédé en 1750 – et vous avez grosso modo les partitions de maintenant, typographie, symboles, tout ; j’exagère à peine. Passons sur les nombreuses tentatives de reformuler la notation musicale ; même Rousseau s’y est collé, mais bernique, on continue à peu près comme en 1750. Peinant sur le déchiffrage des deux clés classiques du piano, Fa à gauche, Sol à droite, je m’insurgeais contre cette conn.. bizarrerie piégeuse qui fait qu’en Sol on lit un do quand en Fa, à la même position c’est un mi !

Et ma prof de m’expliquer gravement que c’était historique, séparation de deux portées, gnagnagna… je m’en fiche, de l’historique : les sabotiers et les allumeurs de réverbère ont disparu, eux, et ce truc est un croc-en-jambe à la lecture musicale. Rien n’empêche techniquement de “coller” les mêmes notes aux mêmes positions dans ces deux clés, surtout quand on constate qu’au dessous et au dessus des 5 lignes de la portée, les compositeurs ne se privent pas d’empiler des tas de traits additionnels ! Vous savez compter 9 barres d’un seul coup d’oeil, vous ? alors il faut, laborieusement, les dénombrer pour identifier, par exemple, un ré bien haut perché.

Et la couleur ! ça fait plus de 100 ans qu’on sait imprimer en quadrichromie, nom d’une pipe ! des tas de signes pourraient utiliser des couleurs, les liaisons, les clés, les rythmes, les notes liées, les arpèges, les trémolos, les… je t’en fiche, c’est monochrome, bien obscur, et vous pouvez en baver.

Tenez, ça vaut pour ce que ça vaut, un exemple rustique, vite fait : un peu de couleur, ça permet de distinguer aisément une portée en clé de Fa, et les 3 traits de liaison, juste en dessous ; en noir, ça fait 8 lignes indifférenciées. Rien d’infaisable, non ? mais on peut flûter… les partitions sont conçues comme ça : c’est dur ? tant mieux !

Tibert

(*) (Spaghetti, en italien : sans s, donc). Un souvenir… la veille d’une randonnée alpine très sportive, un ami avait cru bon, le soir au refuge, d’agrémenter son énorme plat de spaghetti, de la sauce optionnelle, très arrabiata : pimentée. Ses intestins ont passé la journée d’excursion à le lui reprocher. Je m’étais prudemment contenté d’un filet d’huile d’olive.

Tantôt jaune, tantôt vert

Gros remue-ménage dans l’édition… deux-cents auteurs (les autrices sont aussi des auteurs, c’est ça le neutre en français) quittent Grasset parce que le patron, monsieur Nora, est viré pour sa gestion contestée (*) par sa maison-mère ? Mais tous les jours des patrons se voient virés par leur Conseil d’Administration, avec ou sans parachute doré, rebondissent ailleurs… c’est la vie des boîtes. Que le patron de l’entreprise qui a fabriqué mes bretelles s’appelle X ou Y m’indiffère : ce sont les bretelles qui m’importent. Et puis tous les sièges sont éjectables, c’est la vie, et à la fin des fins, d’ailleurs, ça finit toujours mal.

Le lecteur – moi du moins, je fonctionne comme ça – s’intéresse au contenu des livres, pas à la couleur de la couverture ; que monsieur Boualem Sansal publie chez Gallimard, chez POL, Pierre ou Jacques, je m’en fiche avec énergie : quand je lis, la couverture est en dessous. L’édition est en fait un monde curieux : des auteurs qui m’ennuient profondément, que je juge boursouflés, pédants, soporifiques, creux (et toute combinaison de ces qualificatifs) … ont des rentes de situation chez des éditeurs de prestige, quand d’autres ont un mal fou à se faire connaître, nonobstant la qualité de leur prose… à mes yeux, bien entendu : tout ça est terriblement subjectif.

Madame Despentes – autrice que je n’apprécie pas, son Subutex m’est tombé des mains, mais c’est tout personnel – publie chez Grasset depuis 1998 : 28 ans ça fait un bail ! Mais cet éditeur est détenu par le groupe Hachette (Lagardère d’abord, maintenant Bolloré) depuis 1981, soit 45 ans : on n’a pas pris cette dame par surprise, que je sache ; c’est bien tard pour découvrir que les gérants sont de vilains capitalistes réactionnaires, et qu’on était hébergé chez des infâmes.

A contrario, un auteur – aujourd’hui décédé – que j’ai découvert par ouï-dire, et dont le gros et beau bouquin “Le Paradise” aurait mérité, selon moi, la notoriété, n’a jamais pu trouver un éditeur “classique” , même modeste. On voit pourtant de sombres pensums trôner aux devantures des librairies ; lui a dû y aller de sa poche, user de circuits peu visibles, le Houèbe… c’est assez inexplicable. L’important, c’est de trouver ses lecteurs, non ? les éditeurs sont là pour ça, en principe, et dans ce cas précis ils ont merdé, à mes yeux du moins. C’est que c’est terriblement subjectif, la lecture – mais essentiel !

Tibert

(*) Il semble que ça paye bien, l’édition ! Résultats de Grasset, 2024 : CA, 16,5 millions ; marge 1,2 million. En 2025, ça plonge, les Français boudent la lecture (ça devient d’ailleurs alarmant) : CA 12 millions, marge 0,6 million, la moitié. Mais les revenus annuels de l’ex-PDG, monsieur Nora ? en sens inverse ; 2024, 830 K€ ; 2025, 1017 K€.

Histoires marseillaises

Non ce n’est pas une nième blague sur Marius et Olive ; bien moins rigolo. Le Monde y allait, il y a quelques jours, d’un gros article sur ces gosses que les mafias de la drogue recrutent, pour quelques milliers d’euros, aux fins de flinguer à mort les cibles qu’ils leur désignent. “Kevin” , par exemple – le prénom a été changé, afin de protéger Jean-Bernard – avait 15 ans tout juste quand on l’a payé pour tuer un type qui ne lui avait rien fait… heureusement pour ledit type, “Kevin” n’avait rien d’une fine gachette. Mais passons…

Au passage, justement : “Et concernant la justice des mineurs ? – Quoi la justice des mineurs ? ils sont mineurs, ce sont des enfants, allons voyons, tssss !” . Fin du dialogue. Il appert clairement que le législateur, en France, est sourd, aveugle ou presque, et puis buté : pas question de “rafraichir” la justice des mineurs ! on aurait affaire, paraît-il, ex-ac-te-ment aux mêmes gosses en culottes courtes ; ils jouent aux billes, à chat perché, à la marelle… dans les cours de récré, et lisent Spirou ou Ames Vaillantes le soir à la veillée. Après avoir fait leurs devoirs et appris leurs leçons, ça va de soi.

Bref… l’article s’apitoie, les mères célibataires, pauvres gosses, les ghettos, pas assez d’éducateurs, de flics de proximité, gnagnagna… Je vous ressors la réaction d’un lecteur du canard-de-référence, qui ma foi colle assez bien avec mon propre point de vue : “Ils n’ont pas été abandonnés. Les parents se sont vus attribuer un logement social, ils ont des prestations familiales, les soins de santé sont gratuits ainsi que l’école.
Il faut arrêter de les considérer comme des victimes, comme le font certains partis politiques bien-pensants, et leur expliquer qu’avec ce qui leur est donné ils devraient s’en sortir (…) À condition bien sûr qu’ils ne rêvent pas d’argent facile et qu’ils se mettent au boulot, et ce dès les petites classe
s” .

Ce qui nous amène au point délicat de l’état et du rôle de l’école. Eh oui… soupir… vaste sujet. J’arrête là, je sens que je vais gâcher l’ambiance.

Tibert

Avec des amuse-gueule et des glaçons

Regrettons tout d’abord que les canards-sur-toile se barricadent de plus en plus, offrant aux lecteurs “gratuits” des moignons d’articles, des réprimandes fatigantes ( “désactivez votre bloqueur de pubs” ), des pavés vides occultant la moitié des pages… on veut bien qu’ils gagnent leur croûte, les journaux-sur-toile, mais que de temps en temps, sur un sujet qui en vaut la peine, ils se montrent un peu plus ouverts, ça ne les tuerait pas. Cet article de Ouest-France aurait mérité d’être lisible in extenso, par tout un chacun, abonné ou pas. Il traite d’un sujet critique, voire dramatique : l’addiction aux réseaux-poubelles de nos ados, à Tok-Tok en particulier. Le suicide d’une gamine de 15 ans, les modes à se montrer squelettique, les incitations à rester cramponné des heures devant son petit écran… l’enquête semble fouillée, pertinente, percutante, mais… bernique, on n’en saura rien, ou presque. Dommage.

Passons. Autre phénomène de société – la société française, du moins, la société des loisirs ! la playa, les queues aux péages des autoroutes, les locations entre particuliers à haute dose, les terrasses de bistrots avec les planches-apéro… on en redemande, notamment madame Binet, de la CGT. Non contente de dénier quelque utilité aux fleuristes le 1er Mai, sauf le muguet à la sauvette, elle réclame une journée fériée-chômée-payée en plus : le 8 mars ; elle verrait bien ça pour honorer Les Femmes, ce jour-là. Avec des arguments : la moyenne des jours fériés en Europe, c’est 12 jours, contre 11 chez nous… il en manque un !

Madame Binet omet de citer les chiffres du temps de travail effectif annuel : c’est une autre musique ! Nous sommes dans le très bas du tableau. Et la conjoncture est sinistre : les caisses sont vides, on nous ponctionne plus que partout ailleurs sur la Planète, on travaille 35 heures / semaine, voire moins, on a 5 semaines de congés annuels, on cumule des fêtes religieuses (chrétiennes, pour l’essentiel) ET des fêtes laïques, on a un taux de chômage bien épais et qui refuse de baisser, des aides qui encouragent à ne rien faire, des professions qui désespèrent d’embaucher, des usines qui ferment, on importe à tour de bras, la réforme des retraites est enterrée façon “après nous le Déluge” , bref c’est assez noir… mais il faudrait remettre une couche de farniente ! C’est de la démagogie, de l’inconscience, ou de la provocation ? les deux, mon général.

Tibert

PS – Je me suis payé une petite recherche sur le Houèbe : voyons voir, une voiture électrique… française, une Rono-5, pas trop grosse, pas trop petite… financement, aides, gnagnagna… tiens, ce que ça donnerait sur un trajet de, disons, 450-500 bornes ? il y a même une simulation… de Grognons-sur-Couze (63) à… Notre-Dame-des-Langueurs (44) (si si, ce bled existe) : 530 km, 3 arrêts-recharge ! une heure trente minimum à poireauter, s’il n’y a pas la queue. Et vous savez quoi ? tout ou presque sur autoroutes ! Donc : soyons riches ! ayons de l’argent ! et engraissons les autorouteurs privés.

Ach, Pariss !

( Je reste pantois à constater, parcourant mes canards-sur-Houèbe, combien nos compatriotes sont attachés à la chansonnette. On prépare déjà l’Eurovision, super-important ! Et, c’est énorme : JJ-Goldman a sorti un opus – il paraît que ça traînait dans un coin de son armoire depuis le Covid, mais finalement c’est sortable – pour la Diva, celle qui fait bondir les réservations d’hôtels de 900 % , j’ai nommé madame Dion. Ahhh madame Dion… ineffable. Cependant on apprend que la dernière usine de bagnoles de la région parisienne va se reconvertir, fabriquer des presse-purée et des baleines de corsets ; nos bagnoles seront chinoises, que voulez-vous : en 32 heures/ semaine, payées 35 (*), on peut pas rivaliser.

Et ce soir, il y a “Danse avec les stars” sur TF1 : Amusez-vous, foutez-vous d’tout / La vie passera comme un rê-ê-veu...

Madame Binet, de la CGT, juge que nous n’avons pas besoin de fleurs, le jour du 1er Mai. Du pain, soit, mais des fleurs ? fi donc. Je suppose, en conséquence, que les militants CGT ne jugeront pas utile de vendre du muguet le 1er Mai 😉

Poursuivons notre vaste tour d’horizon culturel : un bémol, tout personnel. Le bilan du Liban est sombre, c’est clair. Ce pays héberge une énorme milice pro-iranienne bien financée, bien armée, et populaire, avec ça… milice qui bombarde ad libitum le Nord d’Israël – c’est sa raison d’être, l’Iran l’a installée et nourrie pour ça. En face, à Beyrouth, un gouvernement de bric et de broc, pratiquement impuissant. Ils vont désarmer le Hezbollah, le gouvernement libanais et son armée ? autant leur demander de peindre la Lune en vert.

Autrement ? autrement, euh… tenez, je ne suis certes pas un groupie de Donald T. ; mais la dernière séquence de ses décisions foutraques m’a ébloui : les Iraniens bloquent le détroit d’Ormuz ? il bloque les Iraniens qui bloquent ! Coincés, les coinceurs. C’est dangereux ? risqué ? certes. Mais ça marche. Enfin, pour ce qu’on nous en laisse voir. J’ignore quelle est la brillante IA qui a pondu cette réponse au problème posé : “ils bloquent le détroit : keskonfé ? – Faites-en le blocus” . Chapeau !

Tibert

PS – Le titre ? ah oui. J’ai lu ça, à propos de la chanson que sort madame Dion, “Dansons” : ce serait, entre autres dithyrambes, “une ode à Paris” . Magnifique.

(*) Oooups ! erreur, ça c’est seulement pour un certain nombre de fonctionnaires, selon les catégories, les municipalités, la pénibilité, les arrangements. On bosse 35 heures/semaine, en France, en principe.

Vaches sacrées

( Une de ces ridicules petites vidéos verticales, qu’on voit maintenant partout sur les canards-en-ligne, titre sur un stupide rond-point hongrois, tout neuf, qui mène… nulle part : vu d’avion, un rond au bout d’un bout de route. Il aurait coûté 1,5 million d’euros, et sur des fonds européens, pour aggraver son cas. Ah ces Hongrois ! on groit qu’ils sont pas malins ? voyons chez nous, qui comptons à nous seuls la moitié des ronds-points de cette Planète, environ 50.000 ; essayez donc d’estimer le pognon de dingue que ça a coûté ! pour des réalisations souvent inutiles, mal fichues (*), ou juste pour faire jouli, avec des “oeuvres d’art” au milieu…

Je reviens sur la débandade du projet de moderniser quelque peu le Saint-Premier-Mai. Monsieur Faure, Big-Chief du PS, a carrément menacé d’une motion de censure, au cas où ce Totem des Travailleurs serait menacé… alors, on va laisser tomber, nous garderons notre dinosaure. Ce jour-là, le PCF se requinque à vendre des brins de muguet à 4 balles, tandis que les fleuristes sont contraints à rester fermés. A Moscou, Patrie des Travailleurs, on déploie l’incontournable parade des missiles intercontinentaux, prêts à anéantir la Planète pour défendre les acquis des Travailleurs 😉 . Tandis que chez nous, les gargotes et autres néfastes-foods ont parfaitement le droit de débiter à leur clientèle de gourmets des lamelles de dinde de batterie, des ailes de poulets bas de gamme, panées et frites, et frites, sodas… mais les boulangers n’ont pas le droit de faire et vendre du pain.

De quoi parle-t-on ? de la possibilité, pour ceux qui le souhaitent, et eux seuls, de travailler. Ben non, c’est pas possible ! C’est qu’il faut préparer la manif’ de l’après-midi, les banderoles, les camionnettes des syndicats, monter les sonos, et beugler, annuellement, qu’ “on-nélàààà, on-nélààà” . Et l’on fera sauter notre pauvre gouvernement de raccroc, s’il veut autoriser le travail à ceux que ça intéresse. “On-nélàààà, on-nélaaaa” : eh oui, on en est encore là.

Tibert

(*) Aberrants, ces ronds-points trop étroits que les semi-remorques ne peuvent prendre qu’à 4-5 km/h, menacés de chavirer ; alors on attend, coincé derrière… ces ronds-points bien étroitement tordus, pour obliger à y entrer à basse vitesse – ça on pourrait le comprendre, “pour notre sécurité” , air connu – mais tout aussi tordus à la sortie, alors qu’en rase campagne, ça pourrait sans problème s’élargir, qu’aucun obstacle ne se profile ensuite : c’est juste pour faire ch..er.