( Avez-vous vu “Perfect days” de Wim Wenders ? si non, vous avez loupé une belle oeuvre. J’ai vu ce film à sa sortie en 2023, et, désireux d’en profiter à nouveau et ad libitum (*), j’ai acquis le DVD correspondant… emballage classique, la jaquette habituelle, un résumé et un commentaire laudatif au verso, évidemment. Mais quel salmigondis ! Je cite : ” … un agent d’entretien qui embrasse pleinement la simplicité de la vie pour nous en délivrer toute sa beauté” . Qui nous délivrera de délivrer ? Livrer suffit largement ; c’est pile-poil pareil, mais plus court, et en français. Quant à “…en … sa… ” c’est affreux, syntaxiquement. Rectifions : … pour nous en livrer toute la beauté. Ou (moins harmonieux) … pour nous livrer toute sa beauté. Je suis bien d’accord. Mais ça se passe au Japon ; ce n’est pas notre société furieuse, et chez nous les employés municipaux (en principe, des fonctionnaires territoriaux) contents de leur sort et appliqués à faire reluire de propreté les toilettes publiques sont extrêmement rares. D’autant que les toilettes publiques, hein, ça ne court pas les rues ! )
Mais je vous recommande, pour une fois, un article utile (**) – et lisible in extenso sans abonnement ! – de Ouest-France. Grouillez-vous avant qu’il disparaisse ! On y traite de l’utilisation de l’IA par les propagandistes de la Russie, pour semer la m… chez nous. C’est instructif et bien documenté, bref du journalisme de bonne tenue. Ce qui donne largement à penser, c’est ceci : l’IA s’intoxique elle-même ! En effet, à la base, cette technique pioche dans de gigantesque masses de données. Tout est codifié, classé, enregistré. A partir de ça, il est possible de générer des milliers de nouvelles, plus fausses que vraies : “… les 2 600 faux articles qui constituent la base baptisée « PropagIA ». Eh bien, ces 2600 bobards alimentent les masses d’informations où ira par la suite piocher l’IA, s’empoisonnant ainsi elle-même. Bref : essayons de penser par nous-mêmes !
Tibert
(*) Dans “Chacun” , le curieux dernier bouquin de J-P Dubois, le narrateur dit voir et revoir ce film, qui lui fait du bien. C’est un fait : constater qu’il y a encore des gens qui aiment leur boulot et prennent le temps de contempler les nuages, ça fait du bien.
(**) Sauf qu’on y utilise massivement le très “trumpiste” fake-news, au lieu de bobards, intox, infox… bon, personne n’est parfait.
