Indépendance / impartialité

( Je lis qu’en commission, madame Dati, ministre de la Culture, aurait gravement pris à partie une fonctionnaire de l’Assemblée Nationale, lui reprochant sa lenteur… la présidente, membre du PS, de ladite commission (qui examinait une réforme de l’audiovisuel public) est montée sur ses grands chevaux et a suspendu les travaux, allez hop ! Et se fend d’un communiqué sous X (*), le réseau-poubelle de monsieur Musk : « … le travail des fonctionnaires de l’Assemblée est un ciment de notre maison, qui ne peut et ne doit jamais être remis en cause » . Ben si, justement ! quand un salarié fait mal son boulot, c’est tout à fait légitime de lui voler dans les plumes ; a fortiori un fonctionnaire. )

Mais, mon titre ? les deux mots commencent par la lettre I, le préfixe « im » / « in » = privation de, et puis comportent dix lettres, dont une accentuée : le parallèle s’arrête là, car les sens diffèrent. Eh oui, l’indépendance de la justice (vis à vis des pouvoirs, des influences et des pressions) est nécessaire ; eh non, les juges ne sont pas forcément impartiaux. On pourra s’en convaincre aisément : tenez, cette affiche détaillant le programme du stand du Syndicat de la Magistrature (SM, pour les intimes) à la Fête de l’Huma de 2024. Par exemple, thème d’un atelier : « Justice de classe : une affaire du patriarcat » . Ils ont parfaitement le droit d’avoir des opinions politiques, les juges, par exemple de détester madame Le Pen, ou monsieur Sarkozy. Mais quelle confiance avoir, dès lors, dans leur « impartialité » , quand lesdits juges ont madame Le Pen ou monsieur Sarkozy dans leur collimateur ? Je rappelle qu’au foot, quand on joue Belgique-Danemark, on choisit soigneusement un arbitre, Espagnol, Tchèque, Islandais…

Reste que l’inégibilité (**) pour cinq ans, de madame Le Pen, si elle était confirmée en appel – cette histoire d’exécution provisoire est pour le moins curieuse, incongrue – rebattrait utilement les cartes : ça fait des décennies que la droite-dure française s’incarne dans la famille Le Pen, ça fait un peu dynastie ; de l’air frais n’y ferait pas de mal. Aux précédentes Présidentielles, nous avons eu droit à quatre candidatures, assez moyennes, de la Marine – autant que de Mélenchon, c’est dire ! et quatre, ça fait beaucoup, pour tout le monde.

Tibert

(*) Pourquoi faut-il qu’on doive aller sur ces réseaux de m… pour prendre connaissance des opinions de Pierre Paul et Jacques ? il n’y a pas d’autres canaux, plus propres ?

(**) Mon vérificateur d’orthographe intégré souligne obstinément ce terme en rouge : inégibilité, ça n’existe pas ! alors ? on fait quoi ?

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