Comptable castrateur

Le Conseil d’Etat, aiguillonné par une officine de journaleux assez orientée politiquement (RSF, du « bon » côté), vient de remonter les bretelles à l’ARCOM, le gendarme des médias radio-télé : « Arrêtez de roupiller, faites votre boulot, comptabilisez finement les temps de parole, et sévissez, nom d’une pipe ! » (plus concrètement, il s’agit de sévir contre CNews, convaincu-suspecté d’être, non une chaîne d’information (au pluriel ?), mais d’opinion (au singulier de droite). Comme quoi il faut donner des informations, pas son opinion. Les faits, rien que les faits !

Exemple russe : « le prisonnier Navalny, qui purgeait une peine de 19 ans pour rébellion, a été retrouvé mort au pénitencier de MachinTruc » . C’est de l’information. Mais encore ? « Il faisait -18°5 à l’extérieur » . Et ??  » … et le degré d’hygrométrie était de 68 % » . Bon, OK mais… « ah, désolé, après, ce sont des opinions » . Je ne sais pas comment on va meubler le temps d’antenne ; de la pub ? de la musique d’ascenseur ? « veuillez nous excuser de l’arrêt inopiné de notre interlude » ?

Voilà donc l’ARCOM, munie (muni-e : c’est une autorité, féminine donc), munie de son chrono, pointant le temps de parole du bien connu Paul Dugenou. D’abord, d’où il cause ? de BFM, de LCI, de CNews, de la 2, de France-Culture ? c’est déjà une première indication… la case oùsque l’on va le comptabiliser. Et de quoi il cause ? de la pluie sur le Vexin ? des inquiétants chiffres des homicides à l’arme blanche ? mais comment aborde-t-il le sujet ? en informant, ou en opinionnant ? et est-il classé, Dugenou ? la case de droite, de gauche ? au milieu ? vous voyez la complexité du truc !

Je vous prends un exemple sur le vif : Macronious, avant-hier, interrogé par l’Humanité, canard d’information 😉 parlait des partis… c’était de l’opinion, j’en suis quasiment sûr. Quoique… Enfin bref, figurez-vous que (je cite un papier du Figaro, mais c’est pareil) : « pour Emmanuel Macron, le RN ou Reconquête, ainsi que «certaines personnes de La France insoumise», sortent de l’arc républicain parce qu’elles en combattraient les valeurs » . Donc : il est à gauche ! il cogne sur le RN ; ah oui mais il fustige des membres de LFI. Alors à droite ? extrême , forcément ? Où le situer, nom d’un chien ? (*). Mais arrêtez donc de bouger, enfin…

C’est une magnifique usine à gaz, c’est mission impossible, cette injonction à l’ARCOM. Le plus rigolo, c’est que pour faire semblant de jouer proprement le jeu, il va falloir aussi visionner, écouter, décortiquer, cataloguer, additionner toutes les émissions des chaînes nationales et de leurs sous-officines régionales ; traduire Arte quand ça cause allemand sur les sujets de politique française, pour voir de quel côté ça penche…. et où ranger monsieur Aphatie ? ah, c’est dur, je sèche… madame Aram ? monsieur Demorand ? arrêtez, j’y arrive plus.

Tibert

(*) C’est assez ça… il me fait penser, Macronibus, au jeu de la goutte de mercure, qu’on tente de faire entrer dans une alvéole, en inclinant le sous-verre qui l’emprisonne.

L’Olympe du gréviste

( A Chessy, dans le 9-4 et le voisinage de Mickey-Château, la gare RER est un eldorado pour les voleurs à la tire : des floppées de touristes peu au fait de nos us et coutumes se laissent naïvement dévaliser. Spécialistes pointues : des jeunes filles en bandes, mineures ou pas, d’origine de l’Est souvent, Roumanie, Bulgarie, Moldavie… elles se font régulièrement gauler, bien entendu – c’est un métier à risques – mais chaque fois on les retrouve le lendemain à la gare à guetter les pigeons…. un flic pugnace les emm… bêtait particulièrement (bref, il faisait bien son boulot) : elles ont identifié son épouse et se sont mises à quatre pour lui casser la figure, en représailles et par procuration… moralité : les 2 majeures du groupe viennent d’être condamnées ! comme quoi, quand on insiste suffisamment, monsieur le juge, on finit par y arriver. Mais il faut insister ! )

Et puis madame Panot, des Insoumises, rebondit, comme c’était prévisible, sur la très moche grève des contrôleurs SNCF, pile-poil au début des vacances – pur hasard du calendrier 😉 Au fait : pas une année sans grève depuis 1947 à la SNCF ; c’est pas beau, ça ? Bref, on le sait, la SNCF nous prend massivement en otages une bonne poignée de fois par an ; c’est devenu une tradition, une donnée de base, un héritage culturel, façon Falaises d’Etretat.

L’antienne de madame Panot, on pouvait l’anticiper, la voilà : puisque les J.O. vont monopoliser le pays en juillet-août, puisque l’image de la France sera hautement sous les projecteurs, puisque nos Chefs vont croiser les doigts et serrer les fesses et vice-versa, « pourvu que ça se passe bien ! » … ce sera LE moment que ça se passe mal ! brandir la grève ! menacer, coincer, prendre à la gorge tous ceux, et celles avec, susceptibles de lâcher du lest, des augmentations, des primes et des avantages, d’acheter la paix sociale. Tous ceux-là, et puis les très nombreux touristes, et nous autres par la même occasion. Je prendrais presque des paris.

Tibert

Haro, sus et autres taïaut

Cet article savoureux de Courrier International : les Israéliens fumeurs d’herbe, de résine etc… vont devoir faire ceinture ! par solidarité avec les Palestiniens, les furtives fournitures en provenance du Maroc sont coupées. Et paf ! ça c’est de la mesure de rétorsion ! Va falloir se rabattre sur les Afghans ; ce n’est pas gagné.

Et puis la Grosse Bertha idéologique de Télérama tonne contre CNews, à propos de la campagne de RSF pour qu’on serre le kiki à cette chaîne qui détonne (*) dans le paysage lisse de la Bonne-Pensée et du Service Public : « la liberté d’expression des racistes, des xénophobes, des identitaires, des intégristes, des zemmouristes, des lepénistes… » . Certes, on y voit monsieur Zemmour, madame Pina, des tas d’autres, des pointures de divers horizons – du RN aussi, tout aussi légitimes que monsieur Bompard ou madame Obono – et puis des xénophobes, oui sans nul doute, des racistes peut-être. On y voit des trombines, rarissimes voire bannies des écrans de France-Télévision et les ondes de la Radio-qui-va-bien. Et donc, Téléramage s’insurge contre cette liberté d’expression… ben il a tort, de mon point de vue. Il faudrait donc les faire taire ? c’est ça ? qu’on n’entende plus, dans nos campagnes, que les thuriféraires du Bien-Penser ? les antiennes du Wôke, les litanies de la repentance, de l’imprescriptible culpabilité du Blanc mâle et vice-versa, et autres machines à s’auto-piétiner ?

C’est clair pour moi : je supporte stoïquement – d’ailleurs ça alimente ma chronique – les ternes prêches de monsieur Faure, les doctes guimauves de monsieur Hollande, les imprécations de madame Panot, les irruptions provocatrices de madame Rousseau… j’arrête là. Ils ont le droit ! J’endure, c’est la diversité démocratique, les vociférations de la radicalité gauchiste, les élucubrations des complotistes, etc etc. C’est la liberté d’expression, mesdames-messieurs ! Bien fichue, d’ailleurs : il existe des lois – certaines absurdes, mais bon… – pour poursuivre et punir l’expression des racismes, des appels à la violence, de l’anti-judaïsme, et j’en oublie : on est donc bordés. On peut s’exprimer, on en a le droit, mais c’est bordé. Pas assez, selon Télé-brama : il faudrait que soit empêchée l’expression de toute idée de droite, assez de droite, beaucoup, très, excessivement… Et pour les besoins du discours, on appelle ça « extrême-droite » , allez hop, pas de détail. « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère » . Simple, non ?

Ah zut, j’avais prévu de causer d’autre chose. Ce sera pour le prochain coup.

Tibert

PS – Une pub vante le superbe cellulaire dernier cri de chez Sam Soungue : 1.499, 99 euros. Soyez heureux, c’est peu cher : songez qu’on vous rendra 1 centime sur les 1.500 euros déboursés pour ce machin qui, si ça se trouve, vous sera fauché dans 8 jours, ou tombera dans le grille-pain.

(*) Voir mon billet précédent, « Quotas » . A propos de quotas, maître Capellôt : Télérama tonne, avec 2 n, « le canon tonne » , mais CNews détonne (n’est pas dans le ton), et non détone (boum !). Voir n’importe quel dico sérieux. Ah le français… c’est difficile, parfois illogique, mais ça entretient les neurones.

Quotas

( Un argument de plus pour réclamer le remboursement du cellulaire par la Sécu : Le Parigot nous l’annonce, « Fini la hantise d’oublier « ses papiers » : le permis de conduire dématérialisé est généralisé » . Comment ? évidemment en le stockant sur votre outil palmaire, votre compagnon de toute heure, votre smartphone – infect vocable. Ce que ne dit pas Le Parigot, c’est ce qui va se passer lorsque vous aurez oublié votre bidule, là… je vais vous avouer, je m’en passe très bien, et je vis mieux comme ça. Qu’on nous oblige, à l’avenir, à trimballer ces 200 grammes encombrants en permanence – et ça se vole en 2 secondes, suffit de l’arracher et de courir vite – me navre. Sans oublier ces putains de QR-Codes ! )

Et puis on cause quotas. Tenez, à Mayotte, les habitants n’en peuvent plus, réclament urgemment la suppression du Droit du Sol : il se dit que la moitié de la population est étrangère à ce département. Cela prouve au moins une chose : c’est que la notion de submersion, d’envahissement, de trop, de plus possible, a du sens, du concret ! Le Grand Remplacement en marche, chimère dénoncée un peu partout par nos Bonnes-âmes, c’est là-bas et de nos jours. A ce propos, je m’interroge : comment a-t-on pu, à Mayotte, mesurer 50 % ? c’est en principe interdit, de compter… pas bien, très vilain. Surtout ne comptez pas ! ça peut entraîner des conséquences désagréables.

Autres quotas… les militants de RSF, Reporters Sans Frontières, rouspètent car selon eux l’ARCOM, le gendarme de l’audiovisuel, ne marque pas assez la chaîne CNews à la culotte : selon RSF, cette chaîne (détestable, donc ?) ne respecterait pas le pluralisme requis, l’équilibre, la balance des sensibilités… disons le tout net : elle serait d’extrême-droite ! Mais, suite du feuilleton… aux yeux de RSF, l’ARCOM ne réagit pas assez vigoureusement ! ne vitupère pas, ne sévit pas (réaction espérée) contre CNews ! Du coup, on monte d’un cran : RSF se tourne carrément vers le Conseil d’Etat pour se plaindre de l’inaction de l’ARCOM. Vous suivez ? Aux dernières nouvelles, CNews (en l’occurrence, monsieur Praud) a invité le Grand Chef de RSF, monsieur Deloire, à venir en débattre sur son plateau… ce dernier a, courageusement, accepté de s’y rendre.

Dommage, à l’heure où je mets sous presse (un peu avant 10 heures), le débat CNews-Deloire se termine, sur des paroles peu amènes (« stratégie du putois »…) et un constat de différences de points de vue. Je vais vous dire : c’est très bien comme ça ! qu’on ait des points de vue différents, et surtout qu’ils puissent s’exprimer. C’est le pluralisme, ça, coco. La 2, France-Inter… c’est à vous !

Tibert

Hambourgeois-aligot ?

( Sur l’autoroute en projet, la A69 Toulouse-Castres : la jeune Thunberg, la pasionaria suédoise de la décroissance, n’a pas autre chose à faire que de venir – à pied, certainement : par voilier ça ne fonctionnait pas – faire la mouche du coche sur le chantier contesté ? on n’a pas de tribuns (féminin : tribunes) de calibre suffisant, chez les écolos français ? mais voyez cet excellent papier du Figaro sur le sujet, complet, nuancé et tout et tout. Vous voulez mon avis ? il en est des projets routiers comme des monuments informatiques, genre Paye-des-Enseignants ou Inventaire-des-Musées-Nationaux : on passe 10-15 ans à projeter, concevoir, élaborer, on s’échine dessus, et puis quand ça commence à vaguement prendre forme c’est déjà obsolète ! ça coûte un bras (aux contribuables), ça part à la poubelle, où bien l’on met ça dans un coin, des fois que… Voilà mon sentiment sur le sujet : la RN 126, une vraie Route à nous, Nationale (= pour le pays tout entier), élargie, détournée des patelins, sécurisée, débarrassée de ses 4.826 ronds-points moches, inutiles et ruineux, devrait suffire ; mais on persiste Là-Haut, dans l’erreur, à doublonner les voies de communication, à refiler nos rubans de bitume à des boîtes privées pour qu’elles fassent du fric. Evidemment, tous les ZADistes professionnels du désordre sont venus ajouter leurs bras et leurs coquetels incendiaires aux protestataires ; ça va derechef dégrader, castagner, bloquer, détruire… quel gâchis ! )

Et puis hier, dans la bonne ville de T., attendant dans ma voiture à un carrefour que le feu de trafic veuille bien virer au vert, carrefour qui abrite depuis l’épidémie Covid l’épave d’un ex-resto portugais et sa terrasse ombragée d’une glycine – enfin, en été… – je me suis aperçu que l’enseigne avait changé. Non plus « O bacalao » mais « Fissa-food » ; non plus le vinho verde sur des sardinhas grillées ou sur la morue « a braz » etc, mais, je cite le calicot de la devanture : « Burger Pizza Kebab » ou toute permutation de ces trois termes. Le nul de la bouffe, quoi… ou comment la mondialisation nous met, littéralement, dans la ragougnasse, pour rester poli.

D’accord la rapido-bouffe ça se mange vite ; on sait à quoi on s’attend, pas de découverte fabuleuse, mais on est rarement déçu 😉 ; ce n’est pas très cher ; et puis les vrais restos se font rares, le plus souvent on y assemble désormais, dans des cuisines sans âme, des sauces-poivre « Mais-trop » en bidons de 5 litres et des biftecks (steaks, pavés, faux-filets, entrecôtes…) précalibrés livrés sous vide et sous plastique, avec des frites sorties du congèle ; la touche chic c’est le petit brin de salade, qu’on réutilise pour le client suivant s’il a survécu (le brin de salade, pas le client … quoique ! ). Mais je noircis le tableau, là… ce n’est pas ma tasse de thé, mais c’est sûrement très bien fait, ces kébabs turcs authentiques, ces succulentes pizzas napolitaines de chez la mamma, ces hamburgers qu’on se croirait à Manhattan, le tout amoureusement cuisiné par un sans-papier guinéen dans une gargote auvergnate. Et pour consulter le menu ? mais y a qu’à scanner le QR-Code, là… avec votre smartphone… enfin, quoi.

Tibert

Gérontologie et accord profond

( Je lisais hier un comparatif des prix dans diverses enseignes de la distribution, Lideul, Superruh, Karrouf etc… on y précisait que tel magasin était un « drive piéton » … et de m’interroger : comment « conduire » en piéton ? mystère du rosbif-panaché, le « drive » à pied, avec le pied gauche sur l’embrayage. Pourquoi faut-il se taper ces termes débiles, je l’ignore. )

Mais monsieur Bay-rou (de secours) est de mauvaise humeur. Et d’une, il lui a fallu 7 ans (putain, 7 ans !) pour être enfin blanchi d’un lancinant problème judiciaire d’assistants parlementaires – et si ça se trouve ça va jouer les prolongations. Mais en plus on lui a refusé, ou il a refusé, ou va savoir, le poste ministériel qu’il lorgnait. A 72 ans, bientôt 73, tout comme monsieur Mélenchon – ils sont « de la classe » – il est encore loin de l’Ehpad, monsieur Bayrou : voyez monsieur Lang, 84 balais, oui madame ! qui tient encore des manivelles juteuses du côté du Quai Saint-Bernard, dans le 7-5. Il se voyait bien ministre de l’Educ’Nat’, monsieur Bayrou, comme jadis… promouvant l’autorité, restaurant le respect, instituant le port de l’uniforme, inflexible envers le délétère « pas de vague » , droit dans ses mocassins face à la sape de la laïcité, remontant la pente savonneuse du classement PISA.

Hélas, relate La Montagne, le canard des Dômes, il n’y a pas d’ « accord profond sur la politique à suivre » , de même qu’il n’y a pas d’amour heureux. Quels sont les couacs qui sonnent faux dans ce dés-accord profond ? on l’ignore, monsieur Bayrou ne détaille pas les points de friction, la teneur et l’ampleur des divergences qui ont conduit à ce constat amer. Je suis navré, vraiment. Au vu de ses apports décisifs dans les divers organismes et les deux ministères qu’il a chapeautés, c’est une perte immense (*) : voyez comme la Justice, et l’Educ’Nat’ s’en sont trouvées transfigurées, gardent pieusement sa mémoire !

Reste à supposer qu’à l’instar de monsieur Mélenchon, son camarade de la classe 51, il se mettra derechef et sans déambulateur sur la ligne de départ du Challenge 2027 du Grand-Chef-en-Chef. Ben quoi, il n’aura que 76 ans ; voyez Joe Biden, aux USA : il confond un peu les époques et les personnages, sa géographie est parfois brumeuse, mais il va rempiler l’an prochain, si ça se trouve. Le plus cocasse, c’est que c’est encore ce qui peut arriver de moins pire aux Etats-Uniens.

Tibert

(*) Je blague, là… mais soyons justes : il y en a des tas d’autres qui ont laissé « des traces lumineuses » 😉

Mme Ubue et le Père Fouettard

( Vous avez déjà rencontré un fact-checker ? non ? moi non plus. Le Monde se désole, ces estimables professionnels du fact-checkage ( à vos souhaits !) se font rares, ça coûte cher, on ne fact-checke donc pas, ou pas assez, ou mal… Il fut un temps (que les moins de vingt ans, etc etc…) où l’on vérifiait ! On avançait une information incertaine ? on la vérifiait ! si si… « Je sais plus si j’ai bien fermé… tu peux vérifier… oooups, tu peux fact-checker, s’il te plaît ?  » . Adieu donc au cher citoyen lyonnais, le Monsieur Brun de la trilogie Pagnolienne, ex-vérificateur des douanes, qui de nos jours serait – c’est tellement mieux ! – fact-checkeur des douanes, et bientôt des Customs ! )

Mais causons d’autre chose… c’est un résultat encourageant : 45 % des presque 6 % de Parigots (*) qui sont aller exprimer leur sentiment à l’égard du stationnement des VUS à Paris (Véhicules Utilitaires Sportifs, SUV en rosbif), ont clamé leur attachement à ces engins : ils « veulent plus de SUV » , selon la délirante formule des panneaux appelant à voter. Trente-cinq-mille Parigots « pour » (et quarante-trois-mille « contre » ) les mahousses Reneaud Capture, les hénaurmes Peujault 3008… Les tarifs de stationnement à Paname sont déjà largement prohibitifs pour le citoyen lambda (6 euros de l’heure dans les quartiers centraux !), mais là ça va douiller ! Trois fois plus. De quoi renflouer les caisses, qui sonnent creux. D’aucuns parlent de « populisme écolo » : c’est assez bien vu. Et populisme qui peut rapporter gros, on parle de 35 millions d’euros par an.

Au gré de l’article du Parigot cité plus haut , on lit cette belle citation de monsieur Belliard, un des bras droits de madame H. : « C’était une question courageuse et compliquée qui n’avait jamais (été) posée ailleurs... » : compliquée ? eh oui, quand on n’a pas les idées claires, ou qu’on veut embrouiller le citoyen. Courageuse ? le courage du ridicule assumé.

Autre perle, mais là c’est plus grave : « La municipalité espère également « inciter à la possession de véhicules légers » car les SUV présenteraient un plus grand danger... » . Chiche ! en voilà, une belle occasion de faire enfin de l’écologie autre que punitive : gratifiante ! Diminuer les tarifs du stationnement pour les petites voitures, pas lourdes, pas hautes, peu surfaciques… y a qu’à organiser une votation, ça sera sûrement un succès. Un 6 % à battre, ça doit pouvoir se faire.

Tibert

(*) Pas si mauvais, ce presque 6 %, quand on a pu exciper d’un 1,75 % aux Présidentielles, avec l’appui massif et déterminé du PS ; d’autres que les militants socialistes se seront sans doute déplacés.

Mort et décroissance

( Réponse du berger à la bergère, quand France-2 et ses collègues débinent à coups d’ « enquêtes complémentaires » tout ce qui ressemble à de la droite, s’attardant sur Hanouna, Depardieu, Bardella… d’autres enquêtent sur France-Télévision, histoire d’en mettre au jour les coulisses, les motivations et les rouages, idéologiques notamment. C’est un documentaire prêt à être diffusé, mais encore tenu sous le coude : « pas diffusable en l’état » juge-t-on chez les décideurs. De fait, ça pourrait fâcher… trop virulent, carrément cru, des trucs pas dicibles, vous pensez bien. En somme, tels les toubibs, les juges, les avocats… on évite de débiner les confrères ? en public, on met des gants ? on s’égratigne prudemment ? à suivre. )

Mais, la « colère » des agriculteurs étant retombée – quels saccages ! et c’est nous qui allons payer pour réparer tout ça – les écolos montent maintenant au créneau : ils sont furieux, vexés. C’est en fait un système de vases communicants : agriculteurs et Verts jouent, comme qui dirait, à « dès que j’avance tu recules » (*). Et c’est logique : les écolos n’ont que des options funèbres et mortifères pour notre agriculture. Si l’on fait de la décroissance, qui c’est qui va « crever » ? la campagne. Si l’on jachère à tout va, qui c’est qui va être empêché de fonctionner ? les cultures. Si l’on réduit drastiquement la production et la consommation de viande, qui c’est qui va pleurer ? les éleveurs. Si l’on supprime les phytosanitaires, si l’on rationne l’eau, refuse les bassines, qui va souffrir ? encore les mêmes. En deux mots : le projet des écolos passe par la mort de nos agriculteurs sur l’autel de la Pureté de la Planète.

La mondialisation chère à Macronious a certes des effets ravageurs sur nos économies, nos cultures (culturelles, celles-là) ; mais penser globalement la sauvegarde de la Planète ne serait pas idiot : quand à Bruxelles, et plus encore chez nous – nous sommes les meilleurs, forcément ! – on serre la vis verte jusqu’à à faire désespérer nos agriculteurs, sur d’autres continents ils s’en moquent comme de leur première tétine ; quand à Paris on veut que Mack-Dôh et consorts utilisent de la vaisselle réutilisable, aux USA toute la bouffe faste-foude, archi industrialisée, est en petites barquettes plastique – y compris la petite sauce barbecue dans son petit pot à couvercle, pour y tremper les neuguetts de poulet de batterie bien alignées dans leur boîte en plastique – et les couverts avec ; et puis on jette le tout, une fois fini de se nourrir. Les écobuages d’Indonésie asphyxient Singapour, la forêt amazonienne c’est peau de chagrin, le gaz ou le pétrole de schiste, les mines de lithium, de terres rares (**)… les chaluts pélagiques… j’arrête là.

En gros, quand nous Européens transpirons à nettoyer curer bichonner notre petit coin, d’autres déversent leurs tonnes de déchets et de cochonneries juste à côté, et ça ruisselle. On ne nous refera pas le coup du nuage de Tchernobyl respectueux de nos frontières ! Bref il serait intéressant de graduer nos efforts à l’aune de nos voisins, et puis un peu d’empathie à l’égard de nos paysans dans la panade ne ferait pas de mal.

Tibert

(*) En tout bien tout honneur.

(**) Fiche Wiki sur la chose : la production d’une tonne de terres rares (en Chine) s’accompagne du rejet de grandes quantités de gaz contenant de l’acide sulfurique, de l’acide fluorhydrique et du dioxyde de soufre, d’eau acide et d’une tonne de déchets radioactifs. Chouette, non ?

Comme en 1871

Notre Attal-Premier ayant prononcé son discours – « délivré son discours » , écriraient les journaleux, et puis les opposants le « tacleraient » , comme au foot – les Agriculteurs-Fâchés sur leurs gros tracteurs au fioul détaxé ont haussé les épaules : Y a pas assez ! mesurettes ! du pipeau ! Leur truc, c’est d’aller jusqu’à Rungis. Rungis, absolument, de même que moi…

Je devais, mordicus / Atteindre et toucher l’abribus / Avant que de tourner casaque / Et puis trotter vers ma baraque.

Rungis ! ça m’évoque Thalassa, thalassa ! (la mer, la mer !) quand s’époumonaient les 13.000 et quelque mercenaires de l’Anabase, ivres d’y être arrivés. A Rungis ! pour encercler-affamer Paris, tels des Adolphe Thiers à l’envers.

« On a été patient, maintenant on va monter crescendo » annonce un ponte du Syndicat Agricole MachinTruc : derrière le pléonasme, on devine l’assurance sans nuance, la marée de tracteurs, le pays à leurs pieds : l’ivresse du pouvoir.

Il est évident que Bruxelles, une fois, a pondu une PAC, une Politique Agricole Commune monstrueuse, très certainement enflée, hénaurme, inutilement complexe, et largement imbibée des chimères écolos : décroissance, frugalité, production vertueuse, mort des phytosanitaires et j’en passe … de même que nos Chefs se sont, depuis les années 80, laissés ficeler par les sirènes alarmistes et le poison des anti-nucléaires, tuant notre belle production d’énergie décarbonée… avant de revenir à plus de raison.

Les profils des exploitations agricoles sont disparates : le viticulteur du Lot n’a pas les problèmes de celui de Champagne ou de la Côte de Nuits, encore moins de l’éleveur d’Aubrac dans la région éponyme, du céréalier de la Brie, du betteravier de Thiérache, de l’éleveur de canards de l’Ariège, du maraîcher du Val de Loire. Il serait étonnant qu’une plateforme précise, unique, sensée, de revendications réalistes puisse être opposée au gouvernement : le truc qui fâche, c’est « y a pas assez » et puis voilà. Il faudra bien, cependant, dégriser un jour.

Tibert

Les mânes de Jaurès

( Ce fait divers, qui serait rigolo si ce n’était pas sinistre : un boulanger du 8-7, dans le Limousin, se voit sollicité par des « Agriculteurs en Colère » (appellation d’origine protégée) qui passaient par là, pour qu’il leur cède gracieusement quelques miches : la solidarité, mon bon monsieur ! Comme il n’a rien à leur proposer à ce moment-là, il les invite à revenir plus tard. Il s’absente, et, de retour à sa boutique, découvre la devanture souillée de fumier et autres saletés rurales … mais si, mais si, on les aime, nos agriculteurs ! )

Et puis cette intéressante tribune du Monde qui questionne la position suicidaire de la gauche sur l’immigration – c’est un peu à contre-courant de l’air ambiant dans ce canard, donc à marquer d’une pierre blanche. Titre : « La gauche, à force de prétendre que l’immigration est un faux problème, se condamne à assister en spectatrice à de redoutables batailles ». .J’ai pu, veinard, avoir accès à l’intégralité du topo ; mais on y cite un autre texte sur le sujet – fort circonstancié, historique et tout et tout, et complet – de la Fondation Jean-Jaurès, qui rame dans le même sens.

Extrait : « Cette piètre performance [de la politique globale envers l’immigration, NDLR] se fait malgré un budget conséquent consacré aux politiques d’intégration. Mais là aussi, l’idéologie nous empêche : souhaitant éviter tout reproche de reproduire une domination coloniale ou de détruire les identités d’origine, notre politique d’intégration s’est montrée singulièrement généreuse sur les dépenses passives. Ainsi, l’allocation reçue par les demandeurs d’asile est supérieure à celle allouée par la plupart des pays d’Europe, Allemagne comprise. » . On rejoint là une partie du « pognon de dingue » dont parlait Macronibus – ce qui lui valut de vertes remontrances.

Le Monde traite entre autres de l’abandon de « la longue tradition de gauche revendiquant un « contrôle ouvrier » sur les migrations et son abandon, à partir des années 1980, au profit d’une vision morale assimilant toute idée de régulation à du « racisme » . Eh oui, la gauche a eu, avant ce virage « Bonne-Pensée », un discours autre que moralisateur, incantatoire, dogmatique sur ce sujet.

Autre échantillon, si vous n’avez pas accès à la totalité de l’article : « Au prisme social qui présente les immigrés comme des travailleurs surexploités s’est substituée une vision morale et culturelle mettant en avant leurs droits en tant que minorités, notamment sur le plan religieux » . C’est un bémol à votre credo, mesdames-messieurs les droitdelhommistes, fervents des portes grand-ouvertes, obstinément, en dépit de tout constat du réel.

( Enfin, restons dans la mesure : c’est juste un papier, hein… )

Tibert