Ni rond ni carré ni pointu

… il est ovale, le bureau de la Présidence des USA (et non pas de l’Amérique) (*). Il y a deux jours, on y a organisé un guet-apens, obligeamment télévisé urbi et orbi ce jour-là, quand d’habitude on se contente de laisser les journaleux assister à quelques poignées de mains souriantes, quelques propos oiseux… avant de passer aux choses sérieuses, mais en privé. Le but était d’amener le président ukrainien à « péter les plombs » , se comporter violemment, proférer des paroles très désagréables, si possible offensantes… pour l’édification des citoyens de la Planète, pour justifier pleinement un lâchage des Ukrainiens, au profit d’un deal entre carnassiers, avec Poutine… ce plan a merdé, pour parler poliment, car mister Zelinsky n’a pas craqué. On s’est pourtant offusqué de son affreuse tenue vestimentaire : comment, pas de costard ? quel rustre. Quel manque de gratitude.

Rappelons-nous pourtant, par dessus l’immuable costume bleu pervenche, le fond de teint bronzé et le « casque d’or » soigneusement organisé (*) de Donald, la ridicule casquette rouge estampillée Make America USA Great Again. Sans oublier son sbire speedé de Musk, en casquette noire labellisée idem, en T-shirt et baskets, dans ce même bureau qui a hébergé Roosevelt.

Je qualifiais, plus haut, Donald et Vladimir de carnassiers : c’est tout à fait ça. Je développe : « tu me laisses faire au Groënland, tu as ma bénédiction pour le Donbass. J’envahis la Moldavie, tu peux faire main basse sur Panama » .

Le présent mandat présidentiel états-unien va nous sembler long. Paraphrasons Chirac dans Feu les « Guignols » : Putain ! quatre ans !

Tibert

(*) Vous connaissez évidemment la comptine. Non ? tenez :

« Il n’est ni rond ni carré ni pointu / Il est ovale / mon trou de balle… »

(**) Je préfère, vous vous en doutez, celui de Simone Signoret dans le « classique » de Jacques Becker.

Des religions

( Je me réjouis, discrètement, à cette nouvelle du rétropédalage des édiles de Montpellier concernant les fameuses « ZFE » , ces zones de la ville où les vieilles voitures « Crit’air 3 » devaient désormais être interdites en journée : eh bien non, en définitive. Ç’eût été inique de punir les pauvres, pas fichus de débourser 35.000 euros pour se conformer à la nouvelle Bible du Vert-en-Ville. « Soyez riches, vous aurez de l’air pur et le droit de circuler » , c’est en somme le cynique credo du fanatisme écolo. Ce n’est pas du calibre de la Green Card à 5.000.000 $ proposée par Trump, mais c’est le même principe. )

Mais on nous informe que le Ramadan va débuter ce samedi : outre que j’ignore la direction précise de La Mecque, je vais m’empresser de ne rien changer à mes habitudes alimentaires. Vous me direz : il faut de l’information pour tout le monde… certes ! mais quand y a-t-il, dans les canards, l’annonce du jeûne catholique, le Carême ? jamais (*). Je vais d’ailleurs réparer ce manque : le Carême des cathos, ce sera du Mercredi-des-Cendres 5 mars au Jeudi-saint 17 avril. Soit quarante jours, nettement plus long que le Ramadan ! moins contraignant, toutefois, admettons-le. J’ai souvenance de restrictions sur la viande, de peu ou pas de beurre sur les épinards et les rutabagas… c’est loin, tout ça.

La religion « traditionnelle » des Français a du plomb dans l’aile, c’est clair : combien d’églises (**) sont closes la plupart du temps, ne voient qu’épisodiquement la visite de curés âgés, pour s’occuper de maigres troupes de paroissiennes chenues ? à ce propos, un utile article de Ouest-France donne, pour une fois, la parole aux athées ! Qui ne jeûnent que pour des raisons de santé ou pécuniaires, qui ne brassent pas l’air pour occuper le terrain, qui ne revendiquent aucun édifice plus haut que le voisinage pour se réunir, qui ne hurlent pas à l’athée-phobie dès qu’on les contrarie… On apprend ainsi – c’est si confidentiel que j’ai dû lire ça, planqué entre l’horoscope et les recettes de galettes-saucisses – que s’est tenue, le 9 décembre 2023, une « Journée Nationale de la Laïcité » … au Mont-Saint-Michel ! Voilà qui devrait inspirer les journaleux, si prompts à bichonner le calendrier musulman.

Terminons donc là-dessus, c’est un gros scoop que je vous livre : « Tous les ans, une journée de la laïcité est organisée le 9 décembre. Depuis la loi du 24 août 2021, cette journée est institutionnalisée au sein de la fonction publique » . Je n’ai pas le courage, aujourd’hui, d’aller vérifier quels canards en ont traité, vers le 8-9 décembre 2024 : aucun, je vous parie. Mais, attention attention ! roulements de tambours… le Ramadan, c’est samedi.

Tibert

(*) Citons aussi le Yom Kippour des Juifs, jeûne d’une grande brièveté. Lui non plus n’a pas bonne presse auprès des journaux, pour faire de la copie.

(**) Il y a le sublime Mont-Saint-Michel, la magnifique Sainte-Chapelle, etc… mais des tas de ces édifices sont d’une grande laideur, tant à l’extérieur – le modèle 19ème siècle avec son clocher pointu (utile toutefois pour se repérer quand on randonne dans la Beauce), sa nef faite au moule, ses vitraux – qu’à l’intérieur, avec les dorures et les plâtres en pâmoison de la moche statuaire sulpicienne, omniprésente.

Concours de b

…ites. En tout cas ça y ressemble furieusement : Donald T. a convaincu Elon M., qui a son sac de couchage et sa chaise longue dans un coin (sic ) du Bureau Ovale (*), de parader en toute occasion avec une casquette de base-ball ; il lui demande en outre d’être « plus agressif » : il fait du « bon boulot » mais selon Donald c’est encore un peu mou. Attention, s’il ne prouve pas plus clairement ses testicules, il va le virer : Elon, you’re fired, en V.O.

Les fonctionnaires fédéraux états-uniens ont donc la ferme injonction – via « X » , le réseau social indispensable pour savoir à quelle sauce demain sera fait – de donner avant ce lundi minuit la liste des tâches – cinq devraient suffire – accomplies la semaine écoulée ; avec copie à leur chef direct ; faute de quoi ils seront considérés comme démissionnaires. C’est évidemment illégal ; et délirant, insupportable de suffisance, ça ne tient pas la route une minute à y réfléchir. Entre autres, monsieur Musk serait bien embêté d’avoir à dépouiller 2,7 millions de réponses potentielles.

Cette histoire pourrait avoir un écho cocasse – elle n’est pas drôle, ces types qui tiennent les manivelles à Washington sont susceptibles de faire des âneries bien plus dommageables pour la Planète – en la mettant en oeuvre chez nous, dans un contexte parallèle. L’esprit y rechigne, d’ailleurs. Pour moi c’est du domaine de l’impensable.

Tibert

(*) Référence au curieux film de P. Granier-Deferre, « Une étrange affaire » , avec Gérard Lanvin en garde rapprochée, corps et âme, quasiment fasciné par un Michel Piccoli en patron atypique, fantasque et angoissant.

C’est pire !

( Des miettes, encore : des militants RN de l’Ouest devaient tenir une réunion dans un local de St-Herblain, industrieuse banlieue Nord-Ouest de Nantes ; des menaces (« fachos » , « no pasaran » … on connaît ces antiennes obligées) ont fleuri dès la chose connue, et le maire, PS (what else ? on est dans le pays nantais) a évidemment obtempéré : possibles troubles à l’ordre public ! les fans de Marine devront aller se réunir ailleurs. Sans préjuger des opinions qu’on partage, ou pas, avec les gens du RN, on peut poser une question naïve : QUI menace la liberté d’expression et l’ordre public ? une illustration de plus de la « démocratie » , vue de l’extrême-gauche. Voltaire est bien mort. )

Mais autre chose : Le Monde sortait hier un article circonstancié, rapportant les conclusions « express » de la Cour des Comptes sur la situation des assurances-retraite. Notons au passage, ce n’est pas anodin, que ladite cour est présidée par monsieur Moscovici, ex-trotskiste et PS de longue date. Mais bon, parenthèse close, cette cour estime les perspectives « préoccupantes » . On s’en doutait. Ceci étant, LM, le « canard de référence » , titre : « Le rapport de la Cour des comptes contredit l’estimation de déficit de François Bayrou » . Paf ! dans les gencives (de ce détestable premier ministre de droite). Monsieur Bayrou, vous voilà démasqué !

Sauf que, pas du tout ! à lire le long et laborieux article, la situation réelle dépeinte par les experts est largement « aussi pire » que les alarmantes annonces Bayrou-esques. Le titre du Monde se révèle ainsi partisan et biaisé (*). Au passage, notons qu’un retour aux 60 ans est quasiment du domaine de l’utopie, façon « tout est gratuit » , « le lait et le miel » . En outre, il semblerait, aux yeux des sages de la Cour, que nous ne travaillions pas forcément assez : ils sont ainsi allés jusqu’à étudier l’hypothèse, folle, qu’on aille au delà de 35 heures ! Vous imaginez ?

Tibert

PS : je reformule quelques commentaires pertinents des lecteurs du Monde : Le refus de la Cour des Comptes de pointer le déficit des retraites publiques est purement comptable [voire entaché de dissimulation, NDLR]. Si tous les 2, 5 millions de fonctionnaires d’état étaient au régime de retraite privé (base + complémentaire), le taux de cotisation employeur serait au plus de 30%. Or il est de 74% : pour ses fonctionnaires, l’État – nous les cochons de payants – allonge donc 44% de points de cotisation retraite de plus : avec un salaire brut moyen de 2.500 euros, ça représente 33 milliards d’euros. Un « pognon de dingue » de plus.

(*) Un lecteur parmi d’autres, dans le même sens : « Le plus important pour Le Monde semble être de souligner la mauvaise copie du premier ministre, plutôt que de mettre en exergue la trajectoire fortement déficitaire de nos régimes de retraite » .

Les miettes

On va parler des « Amériques » : d’après le Florentin Amerigo Vespucci – ça aurait pu s’appeler l’Amérigue ! c’est un continent à taille de guêpe, avec deux forts volumes au Nord et au Sud. Les habitants n’en sont pas « les Américains » , mais les Sud-Américains, les Nord-etc, les Canadiens, les Mexicains, les Honduriens, les… et les Américains, c’est-à-dire en fait les Etats-Uniens. Ces braves gens, du moins ceux de Floride, du Texas…sont au bord d’un golfe, le « Golfe d’Amérique », car monsieur Trump prétend qu’on doit dire désormais comme ça pour ce qu’on nomme communément le Golfe du Mexique.

Il n’a pas tort, géographiquement parlant : ledit golfe borde bien, du côté Atlantique, plusieurs pays : des pays d’Amérique. Donc, pourquoi pas ? mais il faut tout aussi logiquement abandonner l’abusif « Américains » pour désigner les Etats-Uniens, car les USA ce n’est pas l’Amérique, et de moins en moins. Même en annexant le Groënland et le Canada. Ceci étant, on assiste actuellement à un hold-up, de l’anglais « braquage » : cette guerre d’agression menée par la Russie contre un état européen, monsieur Trump prétend la régler en tête-à-tête avec l’agresseur – avec la fine médiation d’un hôte du Golfe Persique – et derrière le dos de l’agressé et de ses alliés européens. Si ce n’est pas du mépris, je vous demande ce que c’est.

Il est clair qu’idéologiquement, Donald T. et Vladimir P. ont de vraies convergences : la force, les mecs (bien montés), les nanas (les vraies), la famille, ses potes, son village, ses intérêts du moment et rien d’autre. Le charbon du Donbass ? le lithium d’Ukraine, répond l’écho. Bref : nous autres Européens, nous voilà à quémander des strapontins. Il faudra probablement qu’on en tire quelques rudes conséquences, concernant nos alliés indéfectibles.

Allez, on va terminer quand même sur une note optimiste : les terribles gaz à effet de serre, qui menacent la Planète, ont des trous dans leur néfaste raquette ! Je vais vous dire : en Andorre, entre France et Espagne, il n’y a aucune menace de ce type : quasiment un micro-climat. L’air y est certainement pur, car le malus automobile aux grammes de CO2/km n’y existe pas. Les affreux SUV que nos écolos hexagonaux honnissent y sont donc les bienvenus.

Mais… on me souffle dans l’oreillette : j’ai tout faux ! le malus automobile, c’est pour récupérer du fric, abonder le « pognon de dingue » qui nourrit les largesses insensées de notre beau et généreux pays. Mais… alors… ce n’est pas pour l’écologie ?

Tibert

PS – Aux dernières nouvelles, Donald T. reproche carrément au président ukrainien d’avoir commencé la guerre ! Et la Terre est plate, bientôt.

Moisissure et seconde zone

Tenez, une contribution très parisienne du bobo soucieux de sa flore intestinale – chaque appartement aura son composteur, foi d’Hidalgo ! Le Monde donne la plume à une philosophe, pour qui le duo fermentation / pourriture est à mettre en pleine lumière : « La fascination pour le moisi marque la fin de la société d’abondance ». Si l’on rapproche cette assertion peu appétissante avec le kit de vocabulaire associé aux opinions qui sortent des clous de la Bonne-Pensée : France moisie, rance… on constate là une contradiction criante. Alors, ce moisi ? c’est de gauche, ou de droite ? et où classer le kombucha ? voilà une question qu’elle est bonne. Au passage, notons que la fermentation – le pinard dont Noé abusait, le pain que Jésus multipliait – n’a pas attendu que la faune progressiste de la rive-droite s’en empare, et heureusement !

Mais poursuivons sur le moisi : les deux lignes ferroviaires pour bouseux ( = Intercités) qui relient comme elles peuvent la capitale (what else ? ) à Clermont-Ferrand et Limoges sont lamentables, du matériel moribond, des infrastructures en mauvais état, dignes de pays en voie de développement ; des retards chroniques, mais des tarifs en hausse, tandis que le PDG de la SNCF fait profil bas : « L’État a pris les bonnes décisions, mais un peu tard. Je suis désolé pour les Auvergnats. Je les comprends » . Mais une bonne décision prise trop tard, c’est une mauvaise décision. Quand les locos sont à bout de souffle mais qu’on les prolonge 10-15 ans de plus avec du ruban adhésif, c’est un choix, pas une fatalité : on délimite une catégorie de Français « de deuxième classe » , voués à ces tortillards rapiécés. Evidemment, « on est désolé pour les Auvergnats » : ça leur fait chaud au coeur.

Et un impôt de plus, « sans préjuger des » … des économies auxquelles l’état, otage de la gauche, refuse de s’engager, incapable de sabrer ne serait-ce qu’un chouïa dans sa générosité proverbiale et ses largesses ciblées. La TVA sur les chaudières au gaz passera ainsi, le 1er mars prochain, de 10 % à 20 %. Un bref chiffrage : une installation de chaudière murale, autour de 5-600 euros de plus. Mais, c’est écologique, savez vous 😉 : la France, c’est 1% des gaz à effet de serre de la Planète, nos chaudières au gaz y sont pour 8 % en étalant sur l’année, soit une pollution colossale de 8/10.000. Nous sommes ainsi vivement encouragés à une vertueuse conversion aux énergies propres : que diriez-vous, amis montagnards – quand ça caille les pompes à chaleur à air sont peu efficaces – d’une installation de pompe à chaleur hybride ? 12-15.000 euros y suffiront, soit deux à trois fois le prix d’une très polluante chaudière à condensation. Vous aurez ainsi, chèrement, l’immense satisfaction de contribuer à la prospérité des fabricants chinois.

Tibert

Munich et presse-bouton

( Donald T. prend à grande vitesse la trace munichoise, et c’est encore l’Europe qui va en pâtir. Traduction en substance des aimables propos échangés hier avec Moscou : Cher Vladimir, garde donc la Crimée et le Donbass : l’Ukraine dans l’OTAN je m’en moque ; d’ailleurs pour l’OTAN je vais te dire : mon parapluie nucléaire, c’est pour ceux qui peuvent payer. En contrepartie tu arrêtes de tout casser chez Zelensky, j’ai besoin de tranquillité pour exploiter les mines de lithium ukrainiennes (*). Et, prépare ton maillot de bain : on ira étaler nos serviettes sur le sable à Gaza-Beach, une fois virés tous ces pouilleux, et fait place nette à mes buildings à colonnades néo-grecques.

Mais après cette interprétation hallucinatoire, un peu de Justice… On reparle de l’affaire Doualemn, cet « influenceur » algérien résidant en France – moi il ne m’a pas du tout influencé, ou serait-ce à mon insu ? Renvoyé vers son pays après des propos en arabe jugés horribles après traduction, revenu chez nous en boomerang, retenu dans un CRA… la Justice administrative, de Melun en l’occurrence, a jugé tout ça mal fait : il faut lui rendre sa liberté ! Du coup ce tribunal melunais est agoni d’injures, menaces de mort, attaques ad hominem (**)… il est vrai que ce jugement choque le bon sens, si l’on mesure les propos traduits de ce Doualemn… Mais entre droit et bon sens, c’est comme entre brouette et clarinette : aucun rapport ! Je cite le communiqué de la Justice à ce sujet : « Voilà où on en est aujourd’hui parce que simplement un magistrat n’a fait qu’appliquer la loi ».

Passons sur le « où on en est » qui sonne mal ; le remède est pourtant connu, avec un «  l’on en est » . Mais ce « … n’a fait que » défensif révèle les limites, la petitesse de la fonction, conçue comme ça ; dès lors, à quoi bon ces armées de juges, pour « appliquer la loi » ? une IA nous fera ça bien plus vite, en deux coups de cuillère à pot, et sans fausse note : énoncés, analyses, interprétations, digestion, textes et jurisprudences, et paf 27 secondes 4/10èmes, monsieur Doualemn vous voilà libre.

On va faire de grosses économies. L’intérêt de ce pays ? c’est hors sujet ; il s’agit d’ « appliquer la loi » .

Tibert

(*) ça ressemble aussi, quelque part, au dépeçage de la Pologne entre Adolf H. et Joseph S. ; ça fait plus riche : deux références historiques, et prestigieuses !

(**) Il se dit que c’est une femme qui aurait rendu ce jugement très mal perçu. Il s’agit donc en fait d’attaques « ad mulierem » : c’est du féminisme, ça, coco !

Entre rancitude et nauséabonderie

Je lis ce matin un article du Fig’ragots… le titre interroge : « Pourquoi la droite belge ne peut plus gagner à Bruxelles » (une fois) ; le contenu, libre d’accès, interpelle carrément. Citation : « Appliquant les théories de Terra Nova, le PS bruxellois, qui domine la région depuis 20 ans, autrefois chantre de la laïcité, est devenu islamo-compatible et compte désormais deux tiers de ses élus d’origine musulmane jouant à fond la carte communautaire » . Je n’ose ici évoquer la théorie – nauséabonde, rance, envie de vomir… voilà le vocabulaire que la Bonne-Pensée déploie dès que le concept est énoncé – du « grand remplacement » , mais avouez que ça en évoque des prémices.

Sur ce, je constate, toujours sur le même canard, que monsieur Faure, le Grand-Chef en chef du PS officiel, annonce que sa formation participera au débat, débat sur le droit du sol, l’identité nationale, et donc l’immigration – 350.000 entrants officiels l’an dernier, soit la population de Nice, en un an. C’est louable, clair, et donc bravo pour l’engagement citoyen ; pas de dérobade derrière des postures et des anathèmes. Monsieur Faure ne se cache pas non plus derrière son petit doigt ; il annonce d’emblée son credo, que le Figaro reprend ainsi : le PS entend « défendre une France métissée, pluriculturelle et plurireligieuse » .

C’est dommage, mais pour moi il a quasiment tout faux. Le plus facile : plurireligieuse ? elle est officiellement laïque, la France, et surtout ne changeons rien. C’est-à-dire que chacun est libre de croire, ou pas, à ce qu’il veut, du moment qu’il ne prétend pas imposer ses dogmes – ses lubies, ses certitudes, ses théories fumeuses – aux autres ; la sphère publique est sans-dieu (*).

Métissée ? pourquoi forcément métisser ? ils ne sont pas bien, nos ancêtres les Gaulois ? on en a honte ? le métissage se fait tout seul, pas besoin de pousser… le brassage des chromosomes, avec 65 millions de citoyens, ça garantit une diversité suffisante, aucun risque de consanguinité. Et donc, si Jules s’éprend de Farida (et vice-versa, acceptons-en l’augure), très bien, bon vent ! mais pourquoi déconseiller Hortense à Jules ?

Pluriculturelle ? on aura du mal, bientôt, à définir le terme « culture » tant ça part en eau de boudin, et à vue d’oeil. Entre les réseaux-poubelles, l’appauvrissement de la lecture et du langage, la démission des enseignants, l’influence dominante (pas fameuse) des USA, le snobisme du moche et du n’importe-quoi comme « art » , notre estimable patrimoine culturel ne pèse pas lourd. Si l’on pouvait tenter de le protéger quelque peu, au lieu de le dénigrer et le saper consciencieusement, ce serait louable et courageux. J’entends d’ici les cris d’horreur : rance, passéiste… suite de la litanie des anathèmes : nauséabond, envie de vomir, et puis tiens, tant qu’on y est : les heures les plus sombres.

Tibert

(*) Quant aux religions qui ambitionnent d’occuper et régir la sphère publique – je n’en vois qu’une – c’est clairement contraire à nos principes.

Bientôt la retraite

( Juste une citation d’un lecteur du Monde, réagissant aux annonces du nouveau budget 2025 de la nation : « Si seulement cet argent était bien utilisé mais c’est un puits sans fond…. ce doit être désespérant de payer autant d’impôts pour rien » . Cet homme commentait le nouveau train d’impôts « temporaires » (tu parles, Charles !) supposé nous sortir de l’ornière de la dette ; mais on n’en sortira pas (soupir…). Ce pays est irréparable, j’en ai peur, sauf à nous doter d’un sabreur de dépenses et de rentes pépères ou indues, genre Javier Milei ou Trump&Musk. C’est pourtant simple : quand on n’a pas de sous, on ne les claque pas ; c’est évident pour tout le monde, sauf pour les ménages surendettés (*) et pour la France, ses « valeurs » , sa générosité universelle et son obésité d’appareil national, régional, départemental, cantonal, communauté-de-communal, communal, et j’ai dû en oublier).

Autre chose : l’IA est partout, et ça va empirer. Pas en bien, donc ! Un exemple : les maths. Les étudiants, au lieu de creuser leurs problèmes, appellent l’IA au secours ! Une primitive de f = sin(ln(2.x)) ? (**) hop un coup d’IA, qui vous sort la solution en trois clics, deux changements de variables et autant d’intégrations par parties… ignorant que ln(a.b) = ln(a) + ln(b) et les bonnes vieilles formules de trigonométrie, plus un chouïa de flair.

Ailleurs, on a inventé le journaleux virtuel, qui est meilleur en orthographe que les vrais 😉 mais se contente de compiler les articles déjà pondus sur les vrais sites de canards, et sort en fait un gloubi-boulga assez infâme, 10 % en anglais, des trucs piqués un peu partout sur la Planète. Tenez, un article fabriqué façon IA : « Sénégal – Education / Teaching of English: Bakel IEF salue le bon cours des cours – Agence de presse Sénégalaise » , avec la signature de Manon.Dubois : joli nom bien de chez nous (ou sénégalais ?) pour une escouade d’ordinateurs ronronnant au fond d’un data-center. Saluons donc le savoureux bon cours des cours !

Gageons que bientôt, ayant avalé-digéré les quelques billets que j’ai émis ( délivrés, ça le fait mieux), une IA pourra bientôt pondre mes textes, mieux que moi ! ça m’évitera de me gratter le crâne chaque matin que ça me démange ; deux-trois clics, et ça sortira, tout chaud.

Tibert

(*) ça se soigne : c’est donc bien une maladie.

(**) Supposant x positif, ça va sans dire.

Logique à deux balles

Je poursuis sur le carcan normatif qui nous étouffe… des trucs exaspérants. Normes, mises en garde, avertissements, c’est devenu extrêmement pénible. Et les Zélés Petits Hommes Gris, attachés à produire plus, toujours plus de contraintes, normes, avertissements, mises en garde, continuent de plus belle…

Tenez : la magnifique norme GSR2 ! « pour votre sécurité » , évidemment, on vous oblige à des dispositifs toujours plus invasifs au volant : vous déviez de votre file ! vous allez trop vite ! vous avez une voiture juste à côté ! vous clignez trop des yeux ! un obstacle sur la route ! et ça couine de partout, bip-bip, ça freine à tort pour un panneau mal lu, ça… eh bien si vous voulez désactiver tous ces trucs pénibles, il faut le faire à chaque démarrage ! car c’est la norme, conne, pondue par des bureaucrates sadiques ou débiles.

Une autre ? les couquies… accepter les cookies, ne pas les accepter, les paramétrer : vous voulez les paramétrer ? bon courage ! alors vous acceptez, bof… donc, à quoi bon ? dans des tas de pays ce genre de précaution purement formelle – un écran supplémentaire, une purge de plus – n’existe pas, et personne n’y trouve de manque, sauf évidemment les producteurs de normes et avertissements absurdes et inopérants.

Vous installez ou mettez à jour un logiciel ? vous signez un bon de commande numérique sur le site SuperMegaDiscount.fr ? vous avez l’inénarrable mise en garde « en cochant cette case, vous déclarez avoir lu et approuvé les conditions générales de vente gnagnagna… » : il FAUT la cocher, sinon bernique, pas de commande. Vous envisagez de lire, éventuellement d’approuver les conditions générales de vente ? amusez-vous bien, c’est long, abscons (volontairement), décourageant. C’est exprès : comme ça vous cocherez sans avoir lu, le vendeur sera « juridiquement » couvert, en cas de litige vous l’aurez dans le baba.

J’en ai des tas d’autres… mais on va terminer sur ce sophisme « vert » : à Montluçon, dans le 0-3, on réfléchit très-très sérieusement à réduire la vitesse en centre-ville à 30 km/h. Pourquoi 30 ? euh… c’est 50, donc 20 de moins. Pourquoi 20 de moins ? euh… les autres font pareil, alors… 40 ? ça sonne mal, 40 ? 37 ça irait ? c’est que les assoces du vélo sont extrêmement actives à vouloir aller plus vite que les voitures, donc 30. Notez, en journée ça bouchonne, le 30 est déjà difficile à atteindre. Mais là où l’on atteint au sublime, c’est ça : « En général, c’est déjà compliqué de rouler à plus de 30 km/h sur le boulevard, souligne ce membre du conseil d’administration de l’association [cycliste, what else ? NDLR]. Je vois, en vélo, je dépasse même parfois les voitures. C’est davantage le soir, la nuit, que se produisent des excès de vitesse » .

Bien… résumons ce raisonnement délicieux : en journée, on se traîne ! donc inutile de mettre des panneaux 30 ; de toute façon c’est plafonné à 50 – vitesse modeste et fort raisonnable – dans les lignes droites, par vent arrière (*). Le soir et la nuit ? quel panneau a jamais empêché un chauffard de rouler trop vite ? et à quoi bon 30 km/h la nuit, quand c’est dégagé, voire désert ? des ralentisseurs, des obstacles, des chicanes, des radars, des patrouilles de flics, oui, ça incite vraiment à rouler moins vite ; des panneaux ? MDR, comme on dit : mort de rire. Un nouveau règlement, une nouvelle contrainte, non sanctionnés, ne sont, dans ce pays, que des chiffons de papier : des brimades inutiles pour les citoyens corrects ; du vent, pour les autres.

Tibert

(*) Essayez donc de rouler vraiment à 30 km/h sur une voie dégagée, pour voir.