On a pu le constater, ce 7 octobre était un samedi, jour de shabbat en Israël, de même qu’il est astucieux de choisir le pont du 15 août pour envahir la France. La référence à l’attaque terroriste du 11 septembre 2001 – les tours du World Trade Center – est tout à fait pertinente ici : les services secrets israéliens, pourtant réputés bons, n’ont rien vu venir ; la sidération des Israéliens ; les civils qui se trouvaient là, massacrés sans détail. Et c’est aussi une attaque terroriste, avec prises d’otages, des civils, des gosses… la comparaison s’arrête là, car c’est ici juste un début, quand le 11-09-2001 était un coup de tonnerre.
Disons deux-trois mots de cette tragédie, qui divise l’opinion. Un sondage du Figaro sur la question « La France doit-elle apporter son aide à Israël ? » donne 49,75 % contre 50,25 : quasi égalité ; c’est dire si les Français (plutôt conservateurs, là : c’est le lectorat classique du Figaro) sont partagés. Et c’est normal, tant est inextricable, indémerdable, et désespérante la situation au Proche-Orient, Israël, territoires palestiniens, Syrie, Liban, Kurdistan (plus loin, Iran, Irak, Yemen, Afghanistan…).
On pourra naïvement s’obstiner à rêver de deux états, israélien et palestinien, seule solution envisageable et humainement souhaitable pour ramener la paix – moult capitales y souscrivent – mais elle est devenue chimérique, tant les positions des forces en présence se sont complexifiées et radicalisées. Une tribune du Monde titre : « L’attaque du Hamas résulte de la conjonction d’une organisation islamiste fanatique et d’une politique israélienne imbécile » : c’est ça, et c’est même pire que ça ; « imbécile » relève de la litote ; il s’agit là aussi de fanatisme, imbécile, effectivement, et le fanatisme du Hamas lui répond en écho.
On est d’abord face à un scandale territorial qui dure depuis 75 ans, la Bande de Gaza, ce camp de 365 km2 où vivotent, confinés, 2 millions de réfugiés de la désastreuse guerre de 1948. La densité de population de Monaco et Singapour… mais pas avec le même PIB ! On pourra aussi incriminer, c’est évident, l’occupation sournoise par les colons juifs – avec les encouragements du gouvernement israélien – de la Cisjordanie occupée, qui rend tout découpage territorial infaisable ; on y opposera l’islamisme jusqu’auboutiste du Hamas à Gaza, qui veut tout bonnement détruire Israël. On peut ainsi renvoyer dos à dos ces deux extrémismes, celui du Grand-Israël, qui nie jusqu’au mot « Palestine » , et celui de la disparition d’Israël. Un vrai espoir s’était ouvert avec les accords d’Oslo (la première fois, en 1993) avec Rabin et Arafat : Rabin le Juif, qui voulait construire enfin la paix, a été assassiné par un fanatique, un fanatique Juif !
Voilà… on peut supposer que le Hamas a jugé le moment opportun : la guerre de conquête que la Russie fait à l’Ukraine, et puis l’Azerbaïdjan qui pousse militairement ses pions… un n-ième front, en quelque sorte, « bénéficiant » des troubles induits par les premiers… ça va faire des tas de morts et beaucoup de malheur, ceci, très probablement sans débloquer positivement la situation. Juste rajouter à la haine.
Tibert