Entendez vous, dans nos campagnes ?

Les paroles de la Marseillaise (datées, effarantes, de nos jours ! mais c’est un autre débat) c’est en fait « … dans les campagnes » . Mais il s’agit ici de campagnes moins rurales, sans sillons abreuvés de sang impur (berk !) : de campagnes gouvernementales de sensibilisation. Il y en a deux sous le coude : une qui traite des incestes intra-familiaux (*) ; vous verrez, c’est pas mal fait, et ô combien nécessaire ! une autre, ou plutôt deux, plus banales, qui alertent sur les dangers de l’alcool. Eh oui, Coupe du Monde de rugby, donc pintes de bière à gogo, arrosages festifs, viande saoule, etc… mais ces deux dernières campagnes en projet ont été retoquées, et l’article cité ici évoque, pour l’expliquer, les pressions des lobbies du pinard… vrai ou faux, exagéré ou pas, ce n’est pas mon propos. Nous savons tous que l’alcool est un poison – addictif, avec ça ! – , qu’il faut y aller doucement, avec modération, comme on dit.

Non, moi je vous parlerai ici de la drogue, de la dope, du chichon, de la coke, de la marie-jeanne, de l’extasy, du cannabis, du crack, du joint, des fixes, etc. Tout ça est interdit, évidemment, théoriquement réprimé, puni, DONC pas la peine d’en causer : c’est la politique apparemment en vigueur, car, vous le constatez vous aussi, on ne nous en dit RIEN. Rien ! position stupide et faux-cul à un point effarant, quand on sait que des millions de Français se droguent impunément tous les jours, tandis que la Loi regarde ailleurs (fumer un joint, la loi définit ça comme « se droguer » , même si c’est une fois par ci par là, bénin, inoffensif, pas de quoi en faire six caisses).

Donc, quid de campagnes d’information sur les méfaits de la dope ? les conséquences sur le cerveau du cannabis à haute dose – idem la coke, les amphétamines, les… ; les gangs qui prospèrent ; l’économie parallèle qui pourrit les cités (des chiffres ! les chiffres sont éloquents) ; les épaves humaines qu’on croise dans la rue… car, je l’ai écrit il y a quelque temps, et tout le monde le sait, le premier fautif, c’est le type qui veut se procurer et se procure de la dope : pas de client, pas de trafic ! Faisons un parallèle avec l’alcool : les lobbies de la dope seraient-ils influents au point de museler toute communication sur la chose ?

On nous met en garde contre le verre de trop : nous voilà prévenus. Mais, la fumette de trop ? non ? pourquoi ?

Tibert-la-morale

(*) Presque un pléonasme, l’inceste « intra-familial » . Enfin, c’est nommé comme ça…

Désobéir, avec civilité

On sait peut-être (on sait aussi que c’est la coupe du monde de Rugby, oui oui, super, mais on peut traiter d’autre chose ?) que se tient en ce moment un procès contre des militants anti-« mégabassines » , militants impliqués ou pas – le procès tranchera – dans les affrontements très violents qui ont ensanglanté une manif à Sainte-Soline, dans le 7-9 (interdite, cette manif !). Les télés leur ont tendu un micro complaisant . Je résume leurs propos, tenus sans débat, sans recul, sans contradicteurs : colère légitime, ne pas subir, agir pour la Planète en grand danger. Un mot résume cette posture : la désobéissance civile, appelons-la plus sobrement DC.

Il se trouve que, par ailleurs, le Garde des Sceaux Dumont-Poretti pousse au même moment un coup de gueule contre la DC ( il en a « ras le bol » ) : « Ras-le-bol de ceux qui pensent qu’on a le droit de ne plus obéir à la loi lorsqu’on est porteur d’une cause légitime » . Lui répondant à distance et à Niort (morne plaine !) , la cheffe de la CGT, madame Sophie Binet, l’invite à « réviser son Histoire » , et illustre son argumentation, voyez vous mêmes.

Voilà le décor planté… effectivement, c’est clair, la DC a permis des avancées sociétales significatives. On pense à Rosa Parks évidemment, cette Noire qui s’assit (sans violence) dans un bus à une place réservées aux Blancs ; chez nous, les 300++ « salopes » qui déclarèrent (sans violence) avoir avorté (c’était alors puni par la Loi)… Madame Binet nous le dit avec clarté dans son propos, et c’est fondamental : « la désobéissance civile, elle est par nature pacifique » . Voir Sainte-Soline ! Et puis elle nous sort ça, et c’est selon moi abusif et faux, « elle est à l’origine de nos principaux acquis sociaux et sociétaux » . Le Front Populaire et les congés payés, ces sont les urnes, madame Binet, pas la DC. Le Mirage pour Tous (*) de Moi-Président, les 35 heures de madame Aubry, la CSG non-déductible de monsieur Rocard (je blague, là) : des avancées sociétales décisives, votées par le parlement, etc.

Bref, la DC, légitime ou pas ? Il se trouve qu’elle est, par nature, clairement hors-la-loi ! c’est la remise en cause d’un rapport de forces ; sa « légitimité » (illégale) repose essentiellement sur la volonté de renverser ce rapport de forces perçu comme injuste. Donc, la désobéissance ?… pourquoi pas, si la cause le mérite, est légitime… mais a) en pleine conscience et acceptation des risques encourus et des sanctions éventuelles – eh oui, on est dans l’illégalité… b) n’oublions pas l’adjectif, « civile » , c’est-à-dire avec civilité. Ce qu’on a vu à Sainte-Soline en est un parfait contre-exemple. Je vous la ressers, celle-là, c’est madame CGT qui le dit, et je suis d’accord : « la désobéissance civile, elle est par nature pacifique » .

Tibert

(*) Je sais, je l’ai fait exprès.

Veiller sur : sur-veiller

Il vous est sûrement arrivé d’entendre votre mobile (*) causer tout seul, comme ça, sans lui avoir rien demandé : c’est que madame Gougueule, avec ses grandes oreilles, vous écoute, 7/7 – 24/24 au besoin, prête à répondre à vos sollicitations ; parfois elle croit à tort qu’on l’interpelle, et hop elle intervient ! Evidemment vous en plaisantez, vous vous en fichez, ce sont des milliards de conversations qui sont ainsi captées, analysées, et les vôtres dans le tas, pfff… c’est infinitésimal. Sauf que…

… Sauf que pas du tout : on exploite vraiment vos données, on mémorise vos centres d’intérêt, on vous balance des pubs ciblées, par exemple. Pas méchant, certes, mais un peu fâcheux, non ? La fondation Mozilla – à l’origine du butineur bien connu « Firefox » , entre autres – s’est penchée sur les données échangées par les utilisateurs de voitures électriques avec les constructeurs… eh oui, tout est géré par des ordinateurs, et via le Houèbe. C’est assez affligeant, et inquiétant, si vous tenez à votre vie privée. D’abord rien des échanges n’est chiffré : tout est en clair, y a qu’à se servir. Renault et ses filiales s’en tirent un peu moins mal que les autres, mais grosso modo, vous êtes fliqués ! Ce n’était pas le cas lorsque je pilotais ma Deudeuche sur les petites départementales : rien ne transpirait de mes humeurs, de ma façon de conduire, de mes choix d’itinéraires, de mes conversations avec les passagers, de mes haltes, de la température dans l’habitacle, de mes stations de radio (je n’avais pas de radio, d’ailleurs) : 6-Troënes ne me surveillait pas.

C’est un constat assez affligeant, et je vous invite à consulter l’article cité plus haut. Un point me chagrine particulièrement, parce qu’on trouve un peu partout cette formule sournoise, vague et inquiétante, abusive pour tout dire ! Thessla, La firme de monsieur Musk, « propose certes à ses clients de désactiver la collecte [des données] sur demande, mais précise que l’opération “peut entraîner une réduction des fonctionnalités de votre véhicule, des dommages graves ou une incapacité à fonctionner” . Voilà : vous refusez qu’on analyse-traite-conserve vos données personnelles ? vous risquez la panne, grave, et les emm… les ennuis qui vont avec. Et sur votre mobile (*) c’est pareil ! si vous avez l’idée saugrenue de faire de la place, de virer des programmes pré-installés qui ne servent jamais, genre Play-Bidule, Machin-Optimizer ou autres, vous pouvez le faire… mais achtung ! on vous prévient, c’est suicidaire ! malheureux ! ne faites pas ça ! « Si vous désactivez une application intégrée, cela peut provoquer des dysfonctionnements gnagnagna… » : ça en provoque, des dysfonctionnements, ou pas ? Si vous avez des réponses, ça m’intéresse. Parce que le fournisseur du mobile, ce n’est pas lui qui va nous donner un coup de main.

Tibert

(*) Du moins sur Androïde… chez Appeul je ne sais pas, je n’en ai jamais eu et ça ne me manque pas : j’ai horreur des produits fermés à la concurrence.

En panne

C’est dur d’échapper à l’abaya, ces temps-ci. Quelque support d’information qu’on consulte, c’est abaya à tous les étages. Que faire ? en rajouter une couche ? allez hop, on en cause, vite fait, pour évacuer le sujet. Tenez, en guise d’introduction, cet extrait utile d’une tribune de la ministre Agnès Pannier-Runacher dans le Fig’ragots : « Le débat qui a suivi l‘interdiction courageuse de l’abaya à l’école par mon collègue, Gabriel Attal, a permis de lever le voile (*). Une grande partie des responsables de gauche, à l’exception notable du Parti communiste et de certains membres du Parti socialiste, ont définitivement abandonné les combats qui…  » . Elle pointe là, madame APR, une flagrante contradiction : d’un côté on argumente « ben quoi c’est juste une robe longue, c’est pas religieux, enfin quoi… » , cependant que sur les Tique-Toque musulmans on crie à l’islamophobie, on cherche à contourner l’interdiction, on abonde en encouragements, « allez-y les soeurs, ils veulent nous stigmatiser, courage, Allah vous le rendra » . Détail affreux, les Insoumis de chez LFI, désormais engagés à tirer profit du communautarisme jusqu’à l’os, et tournant le dos à toute l’histoire de la gauche laïque, sont les fervents défenseurs de ladite robe, malgré son évidente connotation confessionnelle.

Mais, plus sérieusement : c’est vraiment une obsession, cette persistante volonté d’invisibiliser les femmes, poussée à l’infâme chez les Taliban afghans ; il y a là, derrière un déni de la moitié de l’Humanité, quelque chose de profondément pervers… comment peut-on, dans toute femme non bâchée, ne voir qu’un objet de convoitise sexuelle ? et la grâce ? et le naturel ? et la liberté ? le mâle, de son côté, ne serait-il que cette caricature d’un chibre ambulant, en chasse, habilité à sauter sur toute paire de chromosomes XX non camouflée, empaquetée ?

Mais je change de sujet, marre de l’abaya. Nous avons vécu fin juin-début juillet des jours d’émeutes ; fort heureusement la Loi reste, et les poursuites contre les casseurs-pilleurs-incendiaires suivent leur cours, ceux qu’on peut identifier ne dormiront pas tous impunis. Cependant les séquelles restent aussi, et quelque part « la rue » , comme on dit chez LFI, a changé les choses, a gagné !… tenez, cet article d’il y a quelques jours, du Parigot : « maintenant on évite les conflits » , disent les flics. C’était déjà souvent le cas auparavant ; désormais c’est clairement la peur de la bavure et de ses conséquences, des émeutes, de l’embrasement qui va décider des conduites à tenir : c’est navrant, c’est moche, mais c’est comme ça.

Tibert

(*) C’est moi qui souligne : c’est pas mal trouvé !

De l’égalité des seins

( Trop-plein de thèmes, ce jour… je retiens cet article : un entretien du Figaro avec madame Lydia Guirous, qui va travailler en Gironde (le 3-3), nommée là-bas Préfète à l’Egalité des Chances. Cette femme a des convictions républicaines fermes et les défend, la laïcité, le rejet du communautarisme, des obscurantismes (et de l’écriture inclusive !)… bref une femme moderne, lucide, dont les propos détonnent dans les médias : ce n’est pas du discours « de gauche » ! Donc elle est de droite, forcément ! et donc elle n’est pas légitime à ce poste, elle doit partir, aux dires du député LFI du coin ! (*) Et le journaleux du Figaro de questionner madame Guirous : « Votre nouvelle fonction implique un devoir de neutralité. Comment allez-vous le mettre en œuvre? » . Voilà : qui poserait à un fonctionnaire marqué à gauche cette même question ? hein ? eh oui, elle est « de droite » , c’est évidemment suspect. )

Ah oui, pourquoi ce titre ? La Montagne, a propos des évènements d’Aurillac – festival de théâtre de rue, femme verbalisée car déambulant seins nus, manifs, vandalisme et dégradations… je cite cet article (vous pourrez noter la mise en page, faite à la truelle) : « plus d’un millier de personnes ont ainsi défilé, en soutien à la jeune femme, lançant le débat de l’égalité entre les seins masculins et féminins dans l’espace public » . Au mètre de couturière, autant qu’à la simple observation, ça paraît pourtant facile à différencier. En revanche, si l’on traitait de parité, ça aurait du sens.

Mais le même article lève un lièvre de taille ! Le maire de la ville, soucieux d’apaiser le conflit des seins, a semble-t-il, dans un premier élan, affirmé clairement que ses services arrangeraient l’affaire : la fautive dépoitraillée « …s’était vue (**) promettre par la Ville l’abandon des poursuites » . Ah la la ! c’est simplement oublier que la Justice n’est pas aux ordres des édiles, et qu’elle agit en toute indépendance, du moins en principe, et nonobstant des écarts ici et là, mais n’insistons pas. Le maire, rappelé à ce b-a-ba républicain, a dû rétropédaler. Rectification : il souhaite ardemment que… il plaidera pour… il insistera dans le sens de… mais bien évidemment cette affaire judiciaire n’est pas de son ressort ! Sinon, où va-t-on, je vous le demande.

Tibert

(*) Elle tiendrait, disent-ils chez LFI, un discours xénophobe, raciste et islamophobe ! allez hop, vous m’en mettrez une tonne. Il manque facho, mais on peut le lire en filigrane.

(**) S’était vu promettre, en bonne orthographe. Autrement, elle se serait vue, seins nus. Autre exemple : « elle se sont faites belles ; elle se sont fait des couettes ». Merci maître Capello.

Ah bah y a un problème ?

Eh oui y a un problème, d’abord celui-ci : 1 (une) médaille (d’argent) pour les Français aux Championnats du Monde d’Athlétisme. Pas deux, une ! et encore, le dernier jour. Le relais 4×400 m hommes. Bravo les gars, superbe course, ça nous consolerait presque. Ceci dit, « C’est peut-être un détail pour vous / Mais pour moi ça veut dire beaucoup » (air connu). En gros, nous sommes de plus en plus une nation de cossards, de virtuoses du smartphone, de la glandouille, du « bof je m’en fous » . L’athlétisme c’est la discipline de base, sauter, courir, lancer : eh bien on n’a plus envie de courir, sauter, lancer. Tant pis pour nous.

Et puis je vois cette histoire d’ « abaya » désormais interdite dans les écoles de la République – du moins si les recours plus que probables contre cette interdiction sont rejetés. Le Monde, ô surprise, nous informe qu’à droite on approuve, qu’à gauche on est plus critique ! on en est sur le cul… Et les hautes instances musulmanes de rouspéter : « meuh non ce n’est pas un vêtement religieux !  » , sauf qu’étrangement, curieuse coïncidence, les jeunes filles qui la portent portent aussi le voile ! Voile qu’elles enlèvent, nolens volens, à la porte du lycée, du collège, vu que c’est la Loi.

C’est là que je veux en venir, mes amis : la loi de 2004 dite « contre le voile à l’école » est mal nommée : elle interdit en fait TOUS les signes ostentatoires religieux : les grosses croix, les kippas, les voiles islamiques… mais voilà, les musulmans se disent seuls visés, ce qui est inexact. Eh bien, il devrait en être de même pour les « abayas » et toutes les autres tenues « traditionnelles » à connotation religieuse : les soutanes, les chasubles, les costumes rabbiniques, de clergyman, les châles de prière, les tenues de pasteur ou de pasteure… j’en oublie. Il est vrai qu’on ne voit que très rarement de jeunes lycéens aux abords des bahuts, en soutane ou en froc de franciscain ; des collégiennes en tenue de carmélite, ou arborant la longue robe bleue et la cornette des soeurs de St Vincent de Paul. Certes, mais c’est une éventualité à envisager, et qu’il faut parer dès à présent, au même titre que cette « abaya » . Vous me direz, « abaya » contre soutane, y a pas photo, d’un côté c’est assez massif, on en voit partout, de l’autre… c’est rarissime ! même pas l’épaisseur du trait. Certes, mais quand même…

Tibert

De la douceur…

… dans ce monde de brutes.

( Mon blog est resté inaccessible 2-3 jours, je vous prie de m’en excuser. Il semble qu’une passerelle était mauvaise : bad gateway ! Bon, c’est réparé, on a rabouté la passerelle. )

L’affaire du baiser sur la bouche : quel pataquès pour ce truc ! les footeuses espagnoles ont gagné la Coupe du Monde, c’est la fête, la liesse, l’allégresse générale, on est sur un petit nuage, le Grand Chef de la Fédération Footeuse embrasse la capitaine sur les lèvres… houlala ! gravissime ! intolérable ! agression sexuelle ! démission ! Voilà… elle n’était pas consentante, il n’avait pas soumis une demande de dérogation en trois exemplaires. Evidemment, c’est un geste déplacé, abusif, inapproprié, impertinent – pas pertinent à cet endroit-là, à ce moment-là. Bon… mais c’est le drame qu’on nous raconte ? je trouve que c’est vraiment pousser le bouchon, là. Vu le contexte… on pourrait prendre ça un peu plus légèrement, non ? C’est la guerre des sexes ?

Et puis chez les Nupesse, ça gigote aussi, et aussi méchamment. C’est l’époque des universités d’été, les Insoumis font la leur, comme tout le monde, mais les invités d’autres formations y sont invités… non à discuter, débattre, argumenter, mais à dire tout bien comme il faut, à la sauce LFI. Les deux écolos pressenties, Sandrine Rousseau et Marie Toussaint, ont dû affronter les huées : c’est d’abord malpoli, on les invite, alors, hein… un peu de civilité, quoi. Et puis si c’est pour qu’elles chantent pile-poil l’hymne LFI, à quoi bon débattre ? c’est ça la démocratie, les amis, on ne pense pas tous pareil. Madame Toussaint a entonné, c’était incongru chez les violents de l’insoumission, une ode à la douceur : « Je vous invite à considérer la douceur comme une force politique (…) on ne deviendra jamais majoritaire sans la douceur » : je vais vous dire, je suis bien d’accord avec elle – sur ce point, du moins.

Tibert

Kafka-Ubu

La mort d’un gamin de 10 ans, dans une cité, à Nîmes… une balle (perdue ? va savoir) lui a ôté toute perspective d’avenir. Les habitants du voisinage ont vu – ils le disent, choqués – le lendemain de cette fusillade, les dealers, les guetteurs, les clients furtifs, reprendre leur petit manège quotidien comme d’hab, comme si la veille il ne s’était rien passé : une péripétie, un petit accrochage, rien, quoi… on attend la CRS 8, l’unité de choc qui remet les choses en place, vous allez voir ce que vous allez voir ! Possible que ça calme le jeu quelques jours, mais dès qu’ils auront levé le camp, les CRS 8, ça reprendra de plus belle. En water-escrime, on appelle ça un coup d’épée dans l’eau.

Ce pays marche sur la tête, en matière de stupéfiants. On en a un, officiel, qui marche très bien : l’alcool, le vin, la bière, le… c’est peu cher, libre de circulation « avec modération » ; pour le reste, tout le monde sait, les chiffres sont quasi officiels, que des millions de Français fument le pétard ou similaire, c’est une posture ou une habitude, c’est presque un mode de vie, mais bizarrement c’est interdit ! que la coke, l’héroïne, le crack, le… est-ce que je sais, moi, circulent sans trop de difficultés. Les prix sont affichés dans les halls d’immeubles… Des gangs de plus en plus puissants ont mis ce bizness dans leurs poches, les guetteurs se prélassent dans leurs rocking-chairs, les revendeurs attendent le chaland, le chaland vient sans angoisse s’approvisionner, les habitants rasent les murs et subissent ; et tout ce qu’on sait faire, c’est d’un côté des « coups » par-ci par-là – faire des moulinets menaçants, sévir quelques jours, déployer temporairement la CRS 8 ; de l’autre, compatir, plaindre et « accompagner » les épaves toxicomanes, comme ces zombies qui peuplent le quartier de la Chapelle, à Paris, et que la mairie de madame Hidalgo balade au gré des protestations des habitants du quartier.

Le consommateur est responsable ! les centaines de zozos qui achètent « à ciel ouvert » leur dope au quartier Pissevin à Nîmes sont responsables de la mort de Fayed. Pas de client ? pas de commerce, pas de fric, pas de gang, pas de violence. Deux politiques sont effet possibles, toutes deux cohérentes : a) le modèle de Singapour : prison systématique pour détention de stupéfiant, la mort au dessus de 500 grammes – là c’est pour le coup hors de nos principes, 10 ans « garantis » au trou peuvent suffire ; ça fonctionne très bien, on ne connaît là-bas aucun point de deal ; ce ne sont pas les habitants qui rasent les murs, ce sont les rares et furtifs toxicos ! b) le modèle libéral : déclarer licite le chanvre indien et ses dérivés, en organiser le circuit sous contrôle de l’état, qui se remplit même les poches – c’est pour moi la bonne formule – et pour le reste, voir le a) ci-dessus.

Mais entre ces deux approches, il faut choisir, et puis se donner les moyens que ça fonctionne. En persistant à faire semblant de s’en tenir à la rigueur quand d’innombrables « fumeurs » enfreignent la loi gaillardement et sans aucun problème, en se contentant de donner de temps en temps quelques coups à droite-à gauche aux trafics florissants, on perd partout.

Tibert

Les rognons de l’espoir

Je lis ici qu’on s’efforce, chez les chirurgiens inventifs, de faire « tenir » des greffes improbables – voire carrément impures, religieusement parlant : ici, c’est le rein d’un porc génétiquement modifié (pauvre bête !) qui est resté plus d’un mois en place sur un cobaye humain – en état de mort cérébrale, pas un intrépide volontaire ou un cas désespéré en quête de survie. Quand on écrit rein, je pense, moi, rognon : eh oui, cet abat méconnu, bon marché et malheureusement rare dont je me régale, l’occasion se présentant (*). L’histoire ne dit pas si ce porc était une truie… il se trouve que les reins sont unisexe, si je puis dire : c’est en aval que les choses se différencient, de par la longueur de l’urètre et l’allure de l’embouchure… qui sait, un jour on saura greffer des utérus porcins, des… mais je m’égare, là.

C’est en fait un deuxième thème qui me trotte en tête : savez-vous que les tournois d’échecs sont soit mixtes (ouverts aux deux sexes et à leurs variantes), soit exclusivement féminins ? injustice criante qui exclut les mâles de certaines compétitions, quand ces dames ont porte ouverte partout (**). Mais attendez, c’est pire que ça : les femmes transgenre (les ex-mâles opérés, exemple : Robert devenant Vanessa) devront dès demain 21 août obtenir une autorisation explicite pour participer aux tournois féminins « de haut niveau ». On attend une véhémente réaction de la part des assoces Helgébété++ face à cet ostracisme. De fait, qu’est-ce qui différencie le jeu d’un homme et d’une femme, aux échecs ? les bonnets 95-C, les burnes, le poil au menton, la mise-en-plis ? ça influe sur la réflexion ? sur la suite à donner à une Sicilienne variante Boleslavski ? Idem, s’agissant de celles-et-ceux qui ont choisi de changer de genre ?

La FIDE, la fédération internationale des échecs, aura beau jeu d’expliquer que, s’agissant des femmes transgenre, se faire appareiller d’une néo-chatte ne modifie en rien les neurones d’un cerveau, immuablement et chromosomiquement mâle, XY ! Certes… mais les échecs relèvent-ils des disciplines sportives, musculaires, ou mentales ? la réponse de bon sens, évidente, c’est que c’est tout sauf une affaire de biscottos ! Alors – si l’on excepte l’incapacité à lire les cartes routières 😉 – les cerveaux de ces dames seraient-ils de qualité inférieure ?

Tibert

(*) Surtout pas de cette lourdingue et prétentieuse sauce madère ! c’est à déguster simplement grillé, comme des côtes d’agneau ; et pas trop cuit.

(**) La raison invoquée : les tournois « ouverts à tous » sont en fait (trop) massivement fréquentés par les mâles ; les compétitions réservées aux femmes sont censées y remédier.

Nommer sans nommer

( Les journaux n’ont guère que des faits divers à nous donner en pâture, ces jours-ci : c’est la quinzaine la plus estivale de l’été, la crème de la crème du « Je bronze, je randonne, je bulle » . Il se passe pourtant bien des choses… monsieur Sarkozy va sortir, sort un bouquin pour se raconter. J’ai pu glaner ici et là quelques sons de cloches (*), et il appert que jamais l’opération désastreuse en Lybie, sous l’inspiration mal inspirée et calamiteuse de monsieur BHL, n’y est évoquée : c’est pourtant un ratage de première bourre, une gaffe d’anthologie, non ? ou comment un pays en paix – sous la houlette d’un dictateur foutraque, certes – est devenu un tas de ruines, livré à un chaos politique sanglant et indémerdable… mais chuut, on ne parle pas des sujets qui fâchent. )

Des faits divers ? un qui dit bien des choses, l’alcool, la violence débridée, allez hop je te tue, l’obsolescence criante de nos lois sur les Mineurs délinquants, la faiblesse mortifère de la Justice – pauvre petit, il a eu une enfance difficile – et l’hypocrisie qui règne quand il s’agit de nommer, dire qui a fait quoi. Je me souviens qu’il fut un temps où les noms s’étalaient, bien lisibles ; le meurtrier de la vieille dame (le suspect, dirait-on aujourd’hui) c’était Marcel Dugenou, le voleur pris sur le fait s’appelait Roger Macheprot (**)…

On ne fait plus ça, c’est malvenu. C’est que la consonance d’un prénom dit bien des choses, n’est-ce-pas, l’Intérieur Darmanin nous l’a démontré : les émeutiers, les pilleurs et les incendiaires de fin juin avaient des prénoms bien de chez nous (un anglais, un italien). C’est que le prénom, de nos jours, est assez ethnique ; Julien n’est pas Hocine et le communautarisme finira par gagner, mais on se persuade naïvement du contraire. Tenez, cet horrible fait divers conté dans le Fig’Ragots… un djeune très alcoolisé (bourré à 16 ans, mais c’est un enfant…) veut s’inviter indûment à une fête privée et ne supporte pas qu’on l’éconduise : il va chercher un couteau, revient avec deux copains et poignarde à mort l’homme qui l’a viré. Seize ans, pas de casier judiciaire, mais défavorablement connu, comme on dit… des incivilités (« violences volontaires aggravées » , ce sont des incivilités). Voilà un condensé de nos errements judiciaires et sociétaux. Il est mineur, l’assassin (la victime est décédée, donc assassinat), et l’anonymat est la règle – d’ailleurs même majeur, on aurait pris des pincettes ; mais voyez comment Le Figaro nous glisse, mine de rien, que ce n’est ni un Maghrébin, ni un Noir, ni… : c’est Quentin ! avec cette délicieuse note : « Le prénom du suspect a été modifié tout en restant fidèle à son vrai prénom » . Quand un Quentin sonne comme un Jean-Paul ou un Christian (un Kevin, un Mattéo…)

Tibert

(*) Glaner des sons de cloches : pas mal, non ?

(**) Si l’un de mes lecteurs porte l’un de ces blazes, qu’il m’en excuse, ce n’est que pure coïncidence.