RH, très compétent !

( Ah, une nouvelle encourageante : le procureur de la République de Nice relance l’affaire de l’attentat du 14 juillet 2016, attentat terriblement meurtrier ; relance qui pourrait pointer enfin (au choix) a) les négligences, le manque de sérieux, le jemenfoutisme des gens chargés de veiller à la sécurité de la Prom’ avant le feu d’artifice (*), b) des complicités possibles avec le terroriste, qui a pu repérer les lieux et y manoeuvrer avec son camion « warnings allumés » (ça excuse tout, c’est bien connu), préparant tranquillement son coup, nonobstant les interdictions de circulation et précautions théoriques mises en place. Mais je vous en ai déjà causé… à suivre, donc. )

Et puis cette histoire de nomination à Bruxelles, une fois : une Etats-unienne pressentie pour diriger les services européens de la concurrence ! une nana qui a conseillé Google, Meta, Amazon et autres monstres froids du business mondial ! Fiona Scott-Morton, c’est elle, a finalement fait marche arrière et décliné le poste, constatant les remous que sa désignation engendrait : sage décision. Tenez, voyez cet article qui traite du sujet : monsieur Quatremer parle là de naïveté de la part des Européens, c’est le moins qu’on puisse dire. L’argument-massue invoqué par la Commission Européenne pour tenter d’embaucher cette dame – parlons à l’imparfait, l’affaire est close – était confondant, soit de bêtise, soit de mauvaise foi : elle était compétente ! compétente… certes ! Voyez comme Reinhard Heydrich (RH, donc) fut compétent, en sa sinistre besogne, pour organiser les einsatzgruppen puis la « solution finale », sous le 3ème Reich ! comme Al Capone fut compétent pour faire prospérer le crime organisé… si la compétence avait une éthique, ça se saurait ; hélas ce n’est pas le cas.

Tibert

(*) Faut-il le rappeler, en juillet 2016 la menace terroriste (islamiste, essentiellement, mais monsieur Hollande évitait ce terme, ne pas stigmatiser, n’est-ce-pas…) était… menaçante, et prise très au sérieux ; le massacre du Bataclan avait eu lieu 8 mois plus tôt. Ici, pour nous rafraîchir la mémoire, cette liste fournie des attentats de 2015 et 2016 en France.

les feus de la rampe

( Le Monde, une fois n’est pas coutume, rend en partie justice à la Police dans cet article « réservé aux abonnés » mais lisible en son début : il s’agit d’un rapport qui a été bizarrement « enterré » (et pourquoi donc ?) sur un travers supposé de cette institution, abondamment brassé par les organisations de gauche, LDH, comités « Justice pour Dugenou » , LFI etc, qui en ont fait un cheval de bataille . « Police et racisme » , c’est le titre de l’article, et en l’occurrence, ce rapport enterré « récuse pourtant l’existence d’une xénophobie (*) systémique dans les rangs de la police » . Je traduis : la Police n’est pas ataviquement xénophobe. De quoi mettre des bémols, donc, dans un discours destiné à dénigrer, saper, dézinguer cette institution, vitale pour la démocratie, faut-il le rappeler. )

Mais autre chose, Jane par ci, Jane par là, nous savons tous que madame Birkin vient de passer « dans la pièce à côté » , comme disait le poète. On en profite pour sabrer dans sa biographie, qui compte tout de même au moins trois hommes, et non le seul Gainsbourg-Gainsbarre ! Mais bon… Les films estimables mais mornes et cérébraux du cinéaste Doillon – le troisième homme – ne font effectivement pas le poids face au talent éclatant du compositeur-parolier, alors va pour la simplification, on retiendra Jane et Serge… ceci étant, un décès peut en cacher un autre. Henri Tachan nous a quittés, et ma foi c’est aussi une perte. Perte artistique de longue date : ça fait un bail que Tachan a raccroché son micro et qu’on n’entend plus parler de lui ; on est sûrs aujourd’hui qu’il ne tentera pas un come-back. C’était un auteur-compositeur à la retraite, en somme, sensible, poète et « engagé » , nous dit Le Parigot. Engagé contre toutes les formes de religion, de bigoterie, de curaille, notamment. Pas un musicien du calibre de Gainsbourg, pas aussi brillant avec la langue non plus, mais c’était le dessus du panier, Tachan. Evidemment il nous laisse cette ode truculente et gérontophile « Fais une pipe à pépé / avant qu’il ne la casse / Une p’tite langue à mémé / avant qu’elle ne trépasse… » , mais moult de ses textes évoquent – manifestement ça l’inspirait ! – une forte inclination hétérosexuelle, avec talent…

« Connais-tu le chat de Mickie / aux effluves de paprika / de pin-parasol, de maquis / de goémon et de coca ? » ma foi ce doux et odorant minou (féminin, en fait) méritait d’être chanté – et plus si affinités.

Tibert

(*) Plus loin dans l’article, c’est le terme racisme , R qui est employé, et non xénophobie, X. Nuance… on peut être X sans être R ; on est forcément X quand on est R. Vous voyez le truc ?

Punef et fatwa

Un fait divers pas si divers que ça, et qui vient s’ajouter aux punitions que des rebelles, agitateurs, activistes… « Verts » , justiciers autoproclamés infligent à cellzéçeux qui dévient de leur vision péremptoire (totalitaire) du Monde : 7.000 arbustes arrachés nuitamment, dans une exploitation agricole du Tarn (le 8-1 pour apprendre ses départements). L’arboriculteur, qui était dans la filière « bio », avait, l’impudent, le traître, repris les modes de culture standard, manquement grave aux préceptes écolos. Pourrait-on parler d’apostasie ? on peut : on entre en écologie comme en religion, le rétropédalage y est abominable. Le maire de la commune a thouïtté ce résumé, qui ma foi pointe clairement les suspects : « Trois hectares du domaine de Fontorbe ont été, la nuit dernière, entièrement détruits par un groupe extrémiste. Il y a quinze jours, une manifestation avait réuni une cinquantaine de militants écologistes d’ extrême-gauche, exprimant leur haine contre ces vergers qui font vivre 150 familles » . La gendarmerie enquête, je suppose qu’elle sait de quel côté chercher.

Et puis monsieur Mélenchon (*) s’exprime à travers un article du Parigot (*) et lance l’anathème suprême. C’est Cassandre revue par Khomeini à gauche-gauche, c’est le lanceur de fatwa entonnant la danse rituelle de la malédiction, au son du Mot-Clé magique : extrême-droite ! l’extrême-droite, ce « ramassis rance de tous les réactionnaires » , énonce-t-il (**). Donc, en substance et selon lui, la Macronie rejoint l’Extrême-Droite : quasiment l’Enfer, la Géhenne et le Styx réunis, à l’évocation de ce mot composé. Diagnostic : seule la glorieuse, l’épaisse Nupesse peut y remédier.

Bref, je traduis : chez LFI, on est fâché, dépité, vu que la mayonnaise du Grand Soir n’a pas pris. Non seulement les émeutiers n’ont pas respecté ou pas compris les consignes – ne pas incendier les centres culturels et les écoles ( donc, le reste, pas de problème ?) – mais en plus ils ont perdu de vue le but stratégique, la Prise du Palais d’Hiver, s’égarant dans le bizness des pillages. Ah c’est dur, dur d’éduquer les masses.

Tibert

(*) Voyez la photo illustrant l’article en question : superbe exemple d’atrabilaire… vésicule défectueuse ? En tout cas ils ne l’ont pas loupé !

(**) On notera, à l’instar du célèbre « pour qui sont ces serpents qui sifflent… » la forme soigneusement construite, le « r » révulsif, répulsif, repoussant, rédhibitoire qui revient dans ra, ra, … beurk !)

Il est des noms…

… imprononçables. Des noms « en creux » , en quelque sorte : s’ils ne sont pas écrits, là, sur la page Houèbe où l’article du journaleux s’étale, ça fait sens, c’est qu’ils sont d’une certaine catégorie, à vous de deviner. Tenez, cet exemple, que je reprends de mon dernier billet. Le fleuriste à la retraite, cogné à mort par trois djeunes, vu qu’il leur avait gravement manqué de respect, genre « Oh vous trois, là, vous pourriez pas mettre une sourdine ou aller zoner plus loin ? » . L’ex-fleuriste s’appelait Philippe Mathot (paix à ses cendres), on peut doublement le nommer, vu qu’il est mort et porte un nom dicible ; mais rien pour les agresseurs… les deux mineurs (*) c’est normal – la loi, n’est-ce-pas – mais le seul majeur de la bande ? Un oubli, sans doute…

A contrario, tenez, cet article, toujours du Parigot, qui relate les suites pénales d’une altercation avec chien d’attaque interposé : « Le road trip entre amis s’est plutôt mal terminé pour Alexis et Romain. Ce dimanche 9 juillet, ils rentrent de Bruxelles… » . Ce ne sont ni Kevin ni Mathéo, certes, mais voilà, ces prénoms sont dicibles, vu de la lorgnette du Parigot, tout comme le seraient Jean-Paul ou Philippe. Certains autres, ma pauvre dame, on peut pas !

Au fait, le chien n’est pas nommé, ça veut sûrement dire quelque chose ?

Tibert

(*) Il est un curseur qui est coincé, sans doute la rouille… mais il faut dare-dare le débloquer vers le bas ! c’est celui de la majorité pénale. Séquence nostalgie, dans les années 50, l’épicier avait, trônant sur le comptoir, sa balance à grand plateau avec un cadran jaune et une aiguille noire ; il y jetait habilement vos tranches de jambon pour lire le prix à la volée… dans les années 50, les gamins de 11 ans en culotte courte préparaient le certif’ ; on les croisait suçant un roudoudou, ou absorbés dans la lecture de Zpirou. De nos jours, on peut rencontrer le gamin de 11 ans à zoner en jeans, baskets et sweat à capuche, le soir tard dans les rues, pour y saccager, piller et brûler des boutiques.

Même pas poli

Amusant titre dans Ouest-France, qui traque l’exotisme chez nous, nous les bouffeurs de grenouilles, baguette sous le bras, béret sur le crâne, Gauloise Bleue au bout du bec. Ce canard a déniché un bled du Berry, dans le 1-8, qui nous transporte quasiment à Edimbourg… kilts, cornemuses et jupes plissées pour les mâles. Effectivement, il est des France Profonde où l’on se croirait ailleurs ! où l’on trouve plus facilement du kebab, du fish & chips ou du hamburger que du petit salé aux lentilles ou du chou farci, des m’semen (*) que des galettes au sarrasin. Tenez, Montreuil, qui jouxte Paris à l’Est, n’a-t-il pas des airs de petit Mali ? et certains quartiers de Roubaix n’évoquent-ils pas l’Afrique du Nord ? On attend avec curiosité et impatience la suite des chroniques de Ouest-France, ces promesses de voyages immobiles, d’ailleurs exotiques, qui – merci pour la Planète – préservent la couche d’ozone, le bilan carbone et les oreilles des riverains d’aéroports.

Mais autre chose… à une heure de route de Roubaix, à un jet de pierre (sic) de la Belgique, un fleuriste à la retraite, importuné par trois djeunes qui zonaient devant chez lui, a eu l’idée saugrenue, irresponsable, de leur demander d’aller un peu plus loin – ou de mettre une sourdine, on ne sait. Bref, d’être plus discrets. Passé à tabac, transporté sanglant à l’hôpital, en état de mort cérébrale, il en est mort ! Je ne puis m’empêcher de faire un parallèle, ça s’impose, entre deux morts, ce vieux qui a droit à un article, tout de même, dans Le Parigot (**) – et sans doute d’autres canards, ce n’est pas juste un « chien écrasé » – et ce djeune du 9-3 qui se payait un rodéo en ville et sans permis au volant d’une Merco polonaise louée par un type arrangeant : 650 millions de dégâts, des centaines de blessés, et un pays meurtri (***).

Comme dit l’autre, il est des morts qui pèsent le poids d’une plume, et d’autres qui qui ont le poids de l’histoire, de l’histoire qui se fait, là, sous nos yeux, tous les jours.

Tibert

(*) Crêpes au froment, rectangulaires et feuilletées, spécialité du Maghreb.

(**) Notez les tournures cocasses du Parigot pour désigner les meurtriers présumés : au lieu de citer Kevin, Mathéo ou Jean-Paul, on a droit au « jeune homme de 17 ans » , « jeune homme de 16 ans » , « jeune homme de 18 ans » . Des jeunes, effectivement.

(***) Meurtri ? où ça ? nos Chefs, là-haut, ayant brièvement vu passer l’orage, n’ont en fait pas vu grand-chose. Allons, ce n’est rien, nous assurent-ils, simple péripétie. Pas grave, allez, on continue.

Fison buté, DIY et des clous

Trois miettes…

a) 9 émeutiers chopés ces derniers jours à Mons-en-Baroeul dans le 5-9, et devant être jugés pour l’incendie de la mairie, ont été relâchés dans la nature : il manquait une signature à un papier de l’instruction. Vice de forme, donc… état de droit, respect des lois, gnagnagna… d’abord, cette signature (vague coup de stylo-bille, sans doute illisible) était donc si indispensable ? pas moyen de simplifier un chouïa les procédures ? de gribouiller un paraphe vite fait avant que l’avocat des prévenus saute sur la faille ? et puis QUI a merdoyé à oublier de signer ou faire signer ? hein ? personne. Silence abyssal. Dans une entreprise normale, le fautif se ferait remonter les bretelles, et comment ! mais c’est la Justice, on peut faire plein de bêtises, voire ramer à contre-courant, bof, ça ne prête pas à conséquence.

b) Je lis ce truc à propos du contreplaqué, cet étonnant matériau d’agrément : on peut, paraît-il, faire plein de jolies choses avec… « Certains fabricants en proposent à la vente, mais il est aussi très facile d’en créer en DIY, tout comme… » . En DIY ? je vous traduis : soi-même. C’est du rosbif, forcément, car nous pauvres Français n’avons rien pour exprimer qu’on peut le faire soi-même, par exemple « … très facile d’en créer soi-même » . Mais comment prononcer ce truc imprononçable, à se tordre la langue ? di-haï-wouhaï, c’est facile, et si plaisant à entendre.

c) La fille de Feu son papa Higelin, qui fait le métier de chanter, comme son papa, a développé complaisamment, lors d’un concert dans le 0-6, devant un public partagé – certains protestaient visiblement, il reste encore des êtres humains -, à haute et intelligible voix, un fantasme horrible et détaillé sur le lynchage de Macronious. Fantasme de torture, sanglant, abominable à quiconque a un chouïa d’humanité. Elle y fait référence à Orange Mécanique, ce film insoutenable de violence sadique de Stanley Kubrick. Une enquête judiciaire est en cours, c’est bien normal : les faits sont patents et filmés en détail, et ça ressemble bigrement à une incitation au meurtre avec actes de barbarie. Son avocat, si la procédure aboutit, s’il ne déniche pas un opportun vice de forme, une signature manquante… plaidera probablement la création libre et « artistique » , le côté gratuit, purement onirique donc inoffensif de la chose : putassier mais prudent !

Tibert

Des mots, des mots

Il est ces jours-ci beaucoup question d’Alain Delon, notre doyen des monstres sacrés : on a, pour l’occasion, pu entendre sa voix dans « Paroles, paroles » (*) où il donnait la réplique à Dalida. On pourra facilement rapprocher cette chansonnette avec les incantations lénifiantes de madame Borne, succédant aux violences dont nous sortons péniblement. Tenez, elle s’adresse aux maires, du côté de Lisieux, dans le 1-4 : « On est bien conscients de la nécessité de mieux vous protéger. Plus que jamais, nous avons besoin d’unité nationale. » De la langue de bois massif ! En gros, il y a eu un tremblement de terre : on s’époussète, on remet le vase de fleurs d’aplomb, et l’on reprend son tricot ! Mais madame Borne ne fait là, selon moi, que refléter l’irrésolution, l’aveuglement et les convictions béates de Manu-les-Rouflaquettes en matière d’immigration et d’intégration.

Eh non ça ne s’intègre pas, ou plus. Bien au contraire, ça déborde, ça gonfle, ça enfle « à part » , et dans un sentiment croissant de rejet du pays d’accueil, alimenté par de bons propagandistes. Tenez, Le Parigot cite ces deux boucles Telegram (**) : « Emeute Brest chat » , un message d’inspiration islamiste : « « Les gars priorité l’Happy Café on brûle les PD qu’ils crèvent en enfer le Coran » ; et cette autre exhortation, plus politique, genre octobre 1917, Grand-Soir, NPA… : « Écrasons la police, détruisons les infrastructures de l’État et les possessions de la bourgeoisie… » .

Bref, sombre constat, et peu d’espoir que nos Chefs, là-haut, prennent enfin la mesure de la gravité du problème et se décident à « changer de logiciel » , selon la formule bien connue. On minimise ! on édulcore ! et l’on biaise : « il n’y a pas tant que ça de musulmans parmi les émeutiers interpellés ; ce sont surtout des Français » ! ( preuve invoquée : pas mal de de Kevin, de Matheo…). Les musulmans français, ça existe, non ? et en quelle proportion ? chuuut ! il est interdit de se renseigner, les « statistiques ethniques » (***), c’est immoral et moche. C’est d’ailleurs ce que je présume ; à les lire on les trouverait très moches.

Tibert

(*) « Parole, parole » , c’était d’abord un titre italien sorti en 1972, traduction exacte : « Des mots, des mots » : le titre français n’a pas cette force. Dalida prononce d’ailleurs « paroléé, paroléé » , comme en italien, en rrroulant les R.

(**) Messagerie cryptée, d’origine russe, réunissant des groupes d’abonnés ou « boucles » . A propos de russe, on peut facilement imaginer que Poutine se réjouit tout particulièrement de ce qui nous arrive, de même que les Chefs en Iran, Algérie, Turquie…

(***) Il est assez approximatif de lier origines ethniques et religions, c’est « à la louche » , mais toujours plus précis que de faire l’autruche, ou de planquer les résultats.

Dire l’ire

On sait combien les Français – du moins ceux que les médias veulent bien nous montrer – disent assez unanimement « comprendre la colère (mais…) » des djeunes qui cassent, incendient, agressent et pillent ces derniers jours. Eh oui, ils sont « en colère » , voyons ! et donc il semblerait que ça justifie pleinement toute violence : c’est la colère !

De l’autre bord de la Grande Bleue, en Tunisie, se déroulent aussi des actions très dures : les habitants de Sfax manifestent, violemment donc, contre la présence mal perçue, mal supportée – insupportable – des migrants sub-sahariens, fort nombreux. Eh oui, Sfax, tel Calais pour les migrants candidats à l’Angleterre, est un un bon point de départ (un « spot » diraient les surfeurs) pour tenter de naviguer dangereusement et illégalement vers l’Eldorado, l’Italie en l’occurrence. Le Monde titre là-dessus : « Déferlement de haine à Sfax contre les Subsahariens » .

Il se trouve en effet qu’à Sfax un Tunisien a été poignardé à mort par des migrants : de graves heurts s’en sont ensuivis. Je vous invite à lire ce qu’en dit Le Monde : ça ne rigole pas, là-bas. Mais imaginons que je reprenne le chapeau de l’article, que je change quelques détails, et je vous annonce : « Déferlement de haine à Nanterre contre la Police, les commerces et les institutions de la République. Après la mort d’un jeune Français d’origine maghrébine, tué par un policier... » . Haine contre colère, n’est-ce pas ? Le Monde-de-la-Bonne-Pensée écrit « haine » , pas « colère » , et ce n’est pas anodin. La haine, c’est vilain, pas beau, et nous devons comprendre que les Tunisiens de Sfax sont coupables de racisme, de s’en prendre à de braves et malheureux migrants ; à Nanterre en revanche c’est de la (juste) « colère » , qui autorise la casse et le pillage. Un mort (de trop) partout, la balle au centre, mais pas avec les mêmes mots. C’est ça le journalisme, coco !

Quand on brûle des mairies, des écoles, des médiathèques, des bureaux de postes, quand on cherche à tuer des flics, j’incline malgré tout à penser qu’il y a comme de la haine là derrière, ou là dessous, voire carrément à ciel ouvert ; la haine de notre pays, de sa culture, de son histoire, et de son mode de fonctionnement. En tout cas, ça y ressemble bigrement.

Tibert

Quousque tandem ?

J’explicite : « Quousque tandem…  » (voir ce lien wiki) : c’est Cicéron qui engueulait Catilina. Je traduis : « Jusqu’à quand, Catilina, vas-tu abuser de notre patience ? » Eh oui, ça commence à bien faire. Exactement 61 ans que les accords d’Evian ont entériné la fin de la guerre d’Algérie, mais apparemment elle n’est toujours pas finie : de l’autre côté de la Grande Bleue on veut que ça continue, on tire sur le chewing-gum, on s’est trouvé un ennemi inexpiable, et donc on tire sur nous à boulets rouges, tant qu’on peut. Tenez, cet article du Monde… Je suis allé voir sur le site TSA, cité dans cet article (le journal en langue française El Watan n’est, ce matin, pas accessible). Eh bien, c’est selon TSA, la faute à l’extrême-droite, qui dominerait largement notre paysage médiatique ! Nous n’avons pas la même perception, ici…

Et la presse d’Algérie de réclamer que ses ressortissants (Nahel avait donc sans doute la double nationalité) soient protégés chez nous : que fait la police ? on ne les protège pas, c’est scandaleux… de même que les réfugiés Kurdes, qui il y a quelques mois se plaignaient du même abandon. Je vais vous dire, moi aussi, je ne me sens pas en sécurité, et ça ne va pas en s’arrangeant.

Encore faudrait-il, pour que la police protège les djeunes, bi-nationaux ou étrangers, et les considère plus positivement, que la grande majorité d’entre eux se comportent correctement et cessent de se considérer en marge, « à côté » , hors la République – tout en sachant que la jeunesse est impulsive et déborde d’énergie. Nos lois concernent tous les citoyens ; les contrôles sur ces lois sont très insuffisants, voire inexistants – sauf en matière fiscale, là on est vraiment très bons, ça devrait servir de modèle aux autres domaines – mais ça ne dispense pas de les respecter. Enfin… en principe : c’est là du B-A-BA d’instruction civique.

Tibert

PS – Je lis ça dans Le Monde, une entrevue avec un sociologue… intéressante, bien que tronquée au bout de quelques lignes : « Ce n’est pas parce que les jeunes fuient et qu’ils refusent d’obtempérer qu’ils ont pour autant quelque chose à se reprocher » . Eh bien si, justement ! le refus d’obtempérer lui-même est délictueux ! Quand les flics font signe de s’arrêter, on s’arrête ! Après, on a pu faire une conn… bêtise, ou pas, c’est selon.

(*) Le jeune Nahel avait été chopé au moins une première fois pour la même raison en janvier 2022, il avait alors 16 ans ; ça ne mérite pas la mort (**), évidemment. Cette infraction et le jugement subséquent figurent bien à son casier judiciaire, contrairement aux allégations de la presse algérienne. Voir ce lien sur Libé.

(**) Un refus d’obtempérer en voiture : pourquoi ne pas tirer systématiquement dans les pneus ? ça ne tue personne, ça immobilise la bagnole… sauf peut-être si l’interpellé s’entête et part dans le décor. Evidemment, ça exige de bien viser les pneus.

Du calme, allons, du calme !

( Madame S. Rousseau, députée et pétroleuse, estime que les pillages de ces dernières nuits interrogent sur la pauvreté ! eh oui, voler une douzaine de polos Lakoste, des pompes à 300 balles la paire, quelques brassées de mobiles à 600 euros pièce, c’est qu’on en a besoin ! pour le bizness… et pas les moyens de se les payer en temps normal. En temps « pas normal », comprenons cette situation insurrectionnelle et favorable, on peut faire ses courses de « pauvre » , rentrer à la maison sur une moto toute neuve et gratuite, avec par exemple, au gré des magasins visités, 12 Haïphones et autres menus achats. Ce sont donc de pauvres djeunes dans le besoin, des mâles à 95 % (les filles sont consignées à la maison, leur précieux hymen, leur réputation et donc l’honneur des proches étant en cause), mais ça n’interpelle pas madame Rousseau, qui tire pourtant plus vite que son ombre quand elle aperçoit un mâle à l’horizon. Un élu local thouïttait à son endroit : « Mais ferme ta putain de gueule et viens voir dans nos mairies comment ça se passe. Pauvre fille ». Je m’associerais volontiers à cette sobre réaction. )

Mais, autre chose, deux gros syndicats de police se sont fendus d’un manifeste sur les émeutes de ces dernières nuits ; il ne s’est trouvé, à ma connaissance, que Le Monde pour en causer ; ailleurs, c’est silence de plomb. Il y aurait donc eu un premier jet du tract, plutôt véhément, édulcoré ensuite au vu des réactions indignées ici et là. Les mots employés reflètent pourtant, à mon humble avis, la réalité des choses : émeute est bien propret quand des émeutiers tirent au fusil de chasse sur les flics, quand des milliers de mortiers d’artifice sont lancés dans l’intention de blesser, voire plus. Le tract énonce : « C’est donc contre une guerre urbaine que nos collègues luttent pour gagner » ; ma foi ça y ressemble, non ? Mais la gauche politique, notamment les Insoumis, qui boivent ces jours-ci du petit lait – des fois que la mayonnaise du Grand Soir prendrait ! – a tonné contre cet appel à la sédition ! Sédition ? « soulèvement concerté et préparé contre l’autorité établie » ; ou, plus modestement, « mouvement insurrectionnel » . En somme, la sédition des djeunes, on minimise, eh oui que voulez vous ils n’aiment pas les flics, ils sont « en colère » , voyez-vous, et puis ils ont envie de changer de smartphone. Meuuuh oui ça va se calmer, allez ça suffit maintenant ; en face, c’est clairement l’appel à la sédation : halte aux violences policières ! les flics, de la mesure, de la retenue. Du sang- froid, quoi, allez-y mollo…

Tibert