Tout est là

Vous auriez, vous, une Astonne-Martine dans votre garage sans avoir l’envie légitime de faire un p’tit tour avec ? évidemment, ou une Borsche, une Masareti, une Verrari, que sais-je ? une invitation à faire rugir le V8, à faire crier les pneus sur l’asphalte… quel homme y résisterait ? eh oui, on est des hommes, sauf les femmes, bien entendu.

Eh bien, un dentiste de l’Iowa, aux USA, donc, a viré son assistante dentaire après 9 années de bonne et loyale assistance dentaire car elle était là – c’est lui qui l’a dit – comme une Lamporghini dans son garage sans qu’il puisse en prendre le volant, et que décidément cette femelle lubrique se vêtait de manière trop aguichante, lui provoquant des bosses grossières sur le devant de son pantalon, et le déconcentrant dans son boulot. Il l’avait bien mise en garde, lui avait demandé instamment de mettre une blouse grise par dessus son opulent décolleté, un sac à patates autour de ses voluptueuses courbes croupières… rien à faire, il a dû se résoudre à la virer, question d’éthique dentaire. Elle a bien été se plaindre aux prud’hommes du coin, mais rien du tout, c’était légitime, ce licenciement, dixit la Cour Suprême, tout à fait justifié. Chez nous on aurait dit « motif réel et sérieux », allez hop, virée, va donc t’inscrire chez Popaul-Emploi, saaalope.

Tout est là… tout est là. Je vous rappelle, mesdames, que c’est VOUS, enfin votre aïeule, là, qui a incité Adam à bouffer un morceau de pomme, que c’était pourtant strengt verboten, absolument défendu, et elle le savait ! et avec les désastreuses conséquences que l’on sait, enfanter dans la douleur, et, attendez, bien pire, obligation de bosser ! obligation de bosser… vous rendez compte ? tout vient de là.

C’est leur faute, quoi, la faute à leurs formes, à leur nature, indécrottable. Faut les voiler, tchadoriser, planquer, brider, mater, séquestrer, soumettre, les descendantes d’Eve, sinon elles nous font faire que des conneries, on n’y peut rien, on est comme ça, nous, les héritiers d’Adam, la bosse sur le devant du pantalon qui nous mène par le bout du nez, comme des cons, c’est comme ça qu’on fonctionne, nous, c’est bien normâle.

Un primate

Salmigondis blasphématoire

Un cheval, une alouette : la recette du pâté d’alouette.

Henri Bauchau est mort… avant-hier. A Louveciennes, banlieue parigote. Ecrivain Belge, comme Amélie Nous-tombe, mais sans chapeaux destinés à relever la fadasse et maigre soupe littéraire. A tenter de trouver des échos de cette mort dans les canards, on perdrait son temps : Bauchau ? connaît pas. Tant pis pour eux.

L’Assemblée des Départements tenait congrès… « Les départements cherchent un sens à leur existence« , titre L’Hibernation. Quel sens ? le sens de la sortie, on l’espère ! pouvoir aller à cheval en un jour, pas plus, à la Préfecture… allez, du balai les départements, si l’on passait au 21ème siècle ? la Région fera farpaitement l’affaire, ça amincira les structures de gouvernement, leur donnera plus de réactivité. Amincir ça fait du bien – voyez Normal Premier, comme il est plus alerte depuis qu’il a minci.

Le blasphème est partout. Maintenant on veut traîner en justice (civile,laïque, hein, justice laïque !) ceux qui « blasphèment » une religion, les accusant de mettre en danger la vie d’autrui. En somme, plutôt que de s’opposer aux enragés et aux excités, on s’attaque à ceux qui risquent de contrarier les enragés. Chuuut ! faut pas les réveiller, ça les rend désagréables.

Notez bien, le blasphème c’est l’injure envers son Dieu – le sien, ou à la rigueur ses représentants patentés. Bien entendu, dans un état qui se réclame et s’inspire d’une religion obligatoire, le blasphème est un délit… tenez, en France, en 1766, le Chevalier de la Barre, qui avait omis de saluer une procession (catholique, what else ? ), eut le poing droit coupé, la langue arrachée, et fut décapité avant qu’on brûle son corps (insigne clémence obtenue en appel, car « normalement » le programme des réjouissances prévoyait le bûcher sans décapitation). Qui c’est qui veut pas saluer la procession, maintenant ? hein ? non mais…

Personnellement je doute fort que les gars qui caricaturent Machin ou Truc y croient, à Machin ou Truc : il ne s’agit donc pas, en ce qui les concerne, de blasphème : ce sont des entités abstraites qui ne leur sont rien, on ne blasphème pas rien. Et dans un état laïc, le blasphème ne dérange que les religions concernées ; la Justice n’a pas à en connaître. Que les grands Mamamouchis offensés les excommunient donc, ou équivalent, ça leur fera les pieds, aux caricaturistes.

Tibert

Histoires de rondelles

On va bientôt être débarrassés du foot, même ceux qui, amateurs avertis, regardent les matches où l’Equipe de France Lymphatique ne figure pas, juste pour vérifier que des footeux talentueux, motivés et combatifs, ça existe.

Bon. Sans rapport avec le foot, je voulais saluer la décision d’un tribunal allemand stipulant que « la circoncision d’un enfant pour des motifs religieux était une blessure corporelle passible d’une condamnation« . Le problème lui avait été soumis pour un gosse musulman de 4 ans mal circoncis, d’où recours aux urgences médicales, puis poursuites judiciaires.

je pose encore une fois la question : pourquoi cet acharnement des Juifs et des Musulmans – et des hygiénistes à tout crin d’outre-Atlantique et d’ailleurs – contre cette rondelle de peau ? qu’est-ce qu’elle leur a fait ? en quoi ça les défrise ? c’est de l’acharnement anti-prépuce, rien de moins. Que Hiawe ou Allah se passionne pour l’ablation des prépuces, vous en pensez quoi, vous ? ce niveau de détail ? ce pinaillage sur le coulissement du gland ? il y a des centres d’intérêt plus intéressants, il me semble.

Et, bien évidemment, on nous ressort l’argument stupide des statistiques sur le Sida et la circoncision. Argument pas idiot du tout, d’ailleurs : si, messieurs, vous ne vous lavez pas, et notamment pas le zizi, si vous trempez votre biscuit dans n’importe quelle tasse, et si vous ne mettez pas de capote, alors oui, le fait d’être circoncis – peau du gland plus épaisse et donc moins sensible , entre autres moins sensible aux écorchures – a un effet protecteur. En d’autres termes : sales, lubriques, irresponsables ? faites-vous circoncire – et pas besoin de motif religieux.

Sinon, la nature étant relativement bien foutue, gardez-la donc, votre rondelle ! ça peut servir, ça sert tous les jours. C’est juste des jaloux, ceux à qui on l’a fait, et qui voudraient qu’on vous fasse pareil : la religion a bon dos !

Tibert

Jazz réac'

On le sait ou pas, mais moi je vais vous l’apprendre si vous ne le saviez pas : le futur ex-Premier Ministre actuel, monsieur Fillon, est membre d’une fratrie de 4 garçons, dont le pianiste de jazz : Dominique, 44 ans – 14 ans de moins que son illustre aîné, donc. Je suppose que cela ne changera rien à vos intentions de vote pour les Présidentielles, donc je suis d’autant plus à l’aise pour vous en parler.

Ce type est talentueux, j’ai malheureusement raté jusqu’ici toutes les occasions de l’entendre en concert, mais allez donc voir et écouter du côté de Youyout’entube ou Délits-mocheun, il est très bon. Sans aller le comparer à Tatum, il ne détonnerait pas face à Petrucciani, Pieranunzi ou Gulda – on peut dire que son piano swingue de façon convaincante et musicale.

Bref, le Monde-sur-Toile  nous en parlait, hier, de ce type. Pour nous confier qu’il en avait, qu’il en a ras la patate d’être le frérot du Ministre en Chef – et qu’il est bien content que ça s’arrête prochainement. Non seulement ça ne l’aidait pas dans sa carrière de musicien, mais ça lui causait des soucis. Figurez-vous que pas mal de ses concerts étaient annulés dès que les mairies – roses, les mairies, ou rouges, ou rose-rouge, bref de Gauche, donc – étaient mises au courant de qui c’est ce gus qui va venir jouer du piano. Fillon ? vous avez dit Fillon ? ça serait pas au moins de la famille à… si ? ah c’est son frère ? ah mais non alors pas question, qu’est-ce qu’y viennent nous emmerder ceux-là, non mais. Qu’il aille jouer dans les municipalités UMP.

Vous le voyez, rien ne change sous le soleil frisquet de ce bas monde. Connerie contre connerie, « La religieuse » de Rivette censurée, l’ « art dégénéré » mis au pilori par les Nationaux-Socialistes, la musique soviétique comme arme révolutionnaire – Prokofief, Chostakovitch etc. Le jazz, d’accord, mais de Gauche !

Et vive les lendemains qui déchantent.

Tibert

Le contenant et le con tenu

HDTV, 3D, 52 pouces et des p’tits doigts, son d’Olby Surrounde 8.4, caisson de basses graves, écran plat comme mon compte en banque après le passage du percepteur, home-cinema (ciné- chez-soi, « sinéchésoi », quoi, comme les chaussettes de l’archichusèche), nos écrans de télé se collent même au mur, il n’y a plus qu’à engager une ouvreuse avec une lampe de poche et des Kimcônes dans un panier sur l’estomac. Et bientôt 6 nouvelles chaînes sur la TNT, vous vous rendez compte, 25 chaînes environ  et au total pour tuer le temps le soir après le boulot devant notre écran. Tenez, c’est le Figues-haro qui vous le dit.

Sauf que, sauf que… sur le satellite y a 492 chaînes, 1.724 sur mon ordi, et que toutes diffusent la même soupe, les Feux de l’amûr, Les Cordier juge et poulet (on l’a même aperçu en zappant un soir de Noël sur TF1, on  a cru à une blague), le commissaire Moulo ou Navarrin ou Julie Lèscon ou… et une nounou d’enfer, des jeux débiles, des infos réchauffées pour finir, vu que sur la Toile on les a déjà depuis des heures, à la limite avant que ça se passe.

Bref je crois que l’on se trompe d’objectif, là en haut lieu. A quoi bon de nouvelles chaînes – des chaînes il y en a des tonnes et on est bien incapables de les répertorier toutes – si les programmes sont aussi nuls ? il nous les faut nouveaux, moins cons, voire intelligents, plus soignés, moins vulgaires, pas bourrés de pub’, moins racoleurs. C’est possible, ça ?

Bébert

Coquetel républicain et anti-calotte

Deux-tiers Fillon, deux-tiers Cohn-Bendit, un trait d’esprit (de sel, ou de répartie), poivrez et servez frais, pour éviter la prolifération des bactéries calottines.

C’est heureux et agréable d’entendre deux personnes raisonnables et pas trop langue de bois  – quoique, Fillon… – dire ce qui est évident, et que beaucoup de gens pensent, mais qui ne doit surtout pas être dit. La religion c’est (l’opium du peuple, irrationnel, obscurantiste… mais ça c’est mon opinion personnelle, et je la partage) de l’ordre de la  sphère privée. Chacun croit à ce qu’il veut, pourvu qu’il ne fasse pas ch… la République et ses concitoyens avec ça. Dans cette logique, qu’il y ait des abattoirs confessionnels, pourquoi pas, pourvu que ça n’oblige pas les citoyens athées à absorber de la viande bénie par David ou Abdel. Et que les compagnies aériennes ne nous privent pas de saucisson sous prétexte que Ahmed et Moshé n’en consomment pas, interdiction d’un Prophète il y a déjà un certain temps.

Mais messieurs Fillon et Cohn-Bendit vont plus loin, et sont d’accord – et moi avec – pour dire qu’au 21ème siècle, les religions pourraient enfin tenir compte de la progression technique de la chaine du froid, des progrès de la science etc… (ce qui implique, notamment, que le porc est une viande aussi saine que celle des copains, aussi contrôlée, et exempte de vices cachés). Ils ont bien raison, mais voilà que monsieur Fillon se fait sévèrement engueuler parce que les religions, c’est du privé, ça ne le regarde pas, et surtout qu’il est Premier Ministre, donc la loi de 1905 etc etc.

Justement ! justement ! si les religions sont de l’ordre du privé, pourquoi nous (les athées) nous pourrir la vie avec des exigences de repas confessionnels, de piscines réservées aux femmes, de port du voile dans les espaces publics etc ?

Et monsieur Cohn-Bendit abondait, lors d’un débat fort utile et pas du tout emmerdant, dans le sens de monsieur Fillon. En y ajoutant une remarque fort pertinente – et à laquelle je souscris derechef – sur l’aggiornamento souhaitable de l’Eglise Catholique – le mariage des prêtres, eh oui, ça aussi ça serait une idée qu’elle est bonne, la chaîne du froid a fait des progrès – et en balançant une pierre dans le jardin sarthois de monsieur Fillon à propos du côté ringard (« pas très moderne« , disait-il) qu’il y aurait à s’opposer au mariage homosexuel. (*) Bref, ce dernier point mis à  part, voilà enfin deux hommes de bords différents qui raisonnent clair et sensé, et ça fait du bien. Et, corollaire, ça fait hurler les dévôts.

Tibert

(*) Sur ce dernier point je retire mes billes. « Moderne » ne justifie rien, et si la modernité consiste à prôner et faire  l’apologie des piercings aux têtons et des tatouages sur les fesses sous prétexte que certains s’y adonnent, je suis ringard et j’y tiens. C’est du même ordre pour le mariage homo ; en fait c’est le mariage lui-même qui est en voie de ringardisation ! pas la cellule familiale traditionnelle, qui a fait ses preuves, et qu’il faut défendre contre les dérives « modernes ».

Zéro de logique

Pour une fois lâchons-nous, et tapons-nous sur le dos en nous esclaffant, faisons comme les tas de gogos qui se congratulent – cocorico – à propos du triomphe de monsieur Dujardin, Jean, acteur, et du film où il joue à la vedette hollywoodienne perturbée par la survenue du cinoche parlant. Le film est titré ainsi, en Rosbif, mais on comprend, c’est simple. The artist, l’artiste.

Cocorico, donc. Et le Figues-à-rôts de cocoricoter lui aussi, hélas en oubliant un peu sa syntaxe au passage, excusez-les, ils ont bossé tard hier soir. Je cite : « … la statuette du meilleur film, remis pour la première fois de l’histoire à un film non anglo-saxon « . RemisE, zut quoi, relisez-vous, les gars. Mais, faute ou pas, on en déduit que « The artist », malgré son titre, n’est pas un film anglo-saxon. Bon. Ensuite…

… ensuite… suite du palmarès… ah ! meilleur film étranger : « Une séparation » (*) film  iranien blahblahblah. Notez bien, ça se passe à Hollywood, Los Angeles, en terre anglo-saxonne. Le film iranien est donc bien un (remarquable) film  étranger, OK.

Vous voyez la faille ? la logique qui part en vrille ? non ? je vous aide ? allez, vous faites pas plus nuls que vous êtes. C’est gros comme un camion. C’est bidon, les Oscars.

Tibert

(*) Je n’ai pas encore vu « The artist ». Mais « Une séparation », courez-y, et si possible en V.O., même si ce n’est pas un film anglo-saxon. Nobody’s perfect !

Nicht inhauslehnen / E pericoloso sporgersi !

Un sujet léger pour récupérer de toutes ces émotions – le verglis ça glasse et ça fait mal, le Président est candidat, quelle surprise, vraiment, et son siège de campagne est à Paris, le croiriez-vous ? quel jacobinisme obtus, alors que Fécamp, Dreux, Aire-sur-Adour ont de si beaux sites. Mais bon…

Sujet léger, sujet léger… tiens, les Lettons se sont fendus d’un référendum, hier. En voilà qui l’utilisent, la consultation populaire, pas comme chez nous où l’on propose d’en ressortir une de la naphtaline tous les 25 ans à la veille d’élections. La Lettonie, un peu moins de 65.000 km2, langue  d’alphabet latin, 37 % de russophones, donc 63 % de lettonophones si vous me permettez ce néologisme hardi.

On leur posait la question suivante : Voulez-vous (Oui /Non) qu’on fasse du russe notre deuxième langue officielle ?

La réponse est NON, à environ 81 %. Et je gage que  là-bas la volonté populaire fait force de loi. Exit donc le russe en deuxième langue officielle. Je ne sais pas si vous réalisez, mais la Lettonie, c’est 3,7 % de la superficie de la Russie, c’est peanuts face à la Russie, quasiment Monaco face à la France – le fric mis à part. Ce n’est pas un bras d’honneur au russe et aux Russes, mais c’est encore, à n’en pas douter, une de ces réactions frileuses, xénophobes – pour ne pas dire racistes – face aux gentils Russes qui ne veulent que du bien à leurs voisins, pas du tout hégémoniques, et j’ai Monique au téléphone, excusez-moi un moment.

Bon, où en étais-je ? reste que 37 % des Lettons parlent russe, mais officieusement : ce qui veut dire que la liste des ingrédients sur les paquets de biscuits lettons ne figurera pas en russe, et toc ! et que les notices de montage des meubles Ikea en agglo de peau de lapin resteront, impavides, à base de schémas, dessins et pictogrammes, démerdez-vous, vous les avez voulus.

Pourquoi je vous raconte tout ça, hein ? on s’en fout, des Lettons (le cuivre, en revanche, avec les prix qui grimpent…).

Parce que le russe a failli devenir la 419 ème langue officielle de l’Union Européenne ! eh oui. Les lettons sont dans l’Europe, et TOUTES les langues officielles des pays membres sont valables. Donc si les Lettons avaient dit OUI au russe, nous aussi, et paf, on se serait retrouvés avec 2.627 traducteurs à Bruxelles, une fois, au lieu de 857. On l’a échappé belle, je vous le dis. Déjà qu’on se cogne l’alphabet grec, il aurait fallu assimiler itou le cyrillique, vous voyez le tableau ?

Encore heureux que les Chinois soient encore assez loin. Quoique…

Tibert

Fouzitout du lundi

C’est dingue, je découvre de jour en jour de nouveaux talents en matière de chanson. Après Amy Winehouse, dont j’ignorais totalement l’existence avant qu’elle parte en voyage sur les rives du Styx, c’est au tour de Whitney Houston de me révéler et son ex-existence et son défunt talent à l’occasion de sa mort tragique dans une chambrette de l’hôtel « Formule 1 » de Beverly Hills, à la Garenne-Bezons. J’ai eu longuement l’occasion de rattraper mon retard culturel hier devant ma télé, les chaînes d’information – sauf Al Jazeera en arabe – rivalisant d’hyperboles dans l’hagiographie Houstonienne.

J’ai eu bien évidemment droit à la « scène culte » (‘est comme ça qu’il faut dire, paraît-il) d’un vieux « Sacré soirée » d’archives, avec Michel Drucker, la défunte Houston et monsieur Gainsbourg, chanteur-compositeur ; « culte » car ce monsieur s’y montre d’une goujaterie rare, marmonnant assez clairement à l’adresse du présentateur « I want to fuck her« , et ce devant madame Houston, qui comprend l’anglais, et la France qui digérait – y compris les mouflets, et sans carré blanc. Il y a des claques qui se sont perdues ce jour-là.

Mais bon… continuons notre revue du week-end : l’annulation, 5 minutes avant l’heure,  du match de rugby prévu samedi soir à St-Denis (93) vers 21 h,  pour cause de pelouse gelée. On va siffler le début du match, et… putain, good Lord ! la pelouse elle est gelée ! quelle surprise ! quelle  cruelle déception inattendue, par ce froid polaire et à la nuit noire ! Il paraît que les annonceurs n’auraient pas admis, eux qui avaient déjà réservé, payé  et préparé pour cette tranche horaire leurs pub’s connes, débiles et inutiles – mais coûteuses – que l’on avançât à l’après-midi les hostilités sportives ; pourtant vers 14-15 heures ce samedi, ou le lendemain à la rigueur, on aurait eu de bonnes chances 1°) de trouver une pelouse accueillante et souple 2°) de rassembler le public qui de toutes façons avait payé et réservé sa demi-journée pour l’occasion – notamment tous ceux qui avaient fait le déplacement depuis l’Irlande.

Mais les impératifs des écrans publicitaires sont  impitoyables. Ce samedi après-midi, il y avait à la téloche un autre match de rugby, entre Soustons et La 1ère réserve de La Réole. Il eût été impensable de diffuser simultanément DEUX matchs de rugby, on aurait confondu les pub’s, vous pensez… il y a des pub’s pour l’après-midi (la bière, les biscuits pour l’apéro, les perçeuses à percussion…) et les pub’s pour le soir (fuites urinaires, mari qui ronfle…) : ça ne se mélange pas ! le désordre et l’à-peu-près  dans la réclame ou, pire, le rien du tout – pas de pub’, grands dieux ! ) , quelle  insoutenable perspective. Tiens, rien que d’y penser, le sang me caille.

Mais on le jouera, ce match, si si. Les spectateurs irlandais n’auront qu’à reprendre des billets d’avion, et les Français itou par le train. Quand on aime on ne compte pas, c’est bien connu.

Tibert

Tristes zones tempérées

Une polémique de chez Paul-et-Micque est née des propos – de bon sens selon messieurs Sarkozy, Arno Klarsfeld et nombre d’autres ; imprégnés de l’idéologie nazie selon un député apparenté P.S. – des propos, donc, de monsieur Guéant , qui estime que « toutes les civilisations ne se valent pas« . Remarquons que si l’on superpose absurdement ces divers points de vue, on en conclut que l’idéologie nazie est toute de bon sens !

On lit  de tout et du n’importe quoi…. ça délire fermement ! certains ont ainsi traduit cette citation : [selon monsieur Guéant], la civilisation occidentale est de loin la meilleure, et de toutes façons bien préférable à la civilisation arabe. Vous lisez ça, vous, dans la phrase que je vous ai citée ? vous non plus ? Je vous l’avais pourtant bien dit : si ledit ministre avait déclaré  « passe-moi le sel« , on aurait aussitôt protesté chez les Fervents Gardiens de la Pensée Correcte contre cet ignoble appel du pied aux électeurs du Front National.

Polémique bien venue, donc, qui nous permet de lire toute la passionnante prose qui se rédige et s’édite sur le sujet. Notamment un article de monsieur Laurent Gervereau dans le Monde. « Pas de civilisation pure, pas de civilisation supérieure« . Notons tout de suite ce paradoxe : si la civilisation à l’état cristallin, « pure », n’existe pas, alors de quoi traitons-nous ? et si malgré tout nous nous obstinons à gloser sur un concept boîteux, qu’il n’y ait pas de civilisation supérieure (à quelle aune ? quelle échelle de valeur ?) implique qu’il n’y en a pas d’inférieure, donc que toutes les civilisations sont égales, se valent.

A quoi bon, dès lors, nous fatiguer à changer ? restons comme on est, puisque notre civilisation vaut les autres, et lycée de Versailles. Cramponnons-nous à notre modèle, puisqu’au moins nous y sommes habitués, confortables, comme dans des charentaises bien rodées.

Et justement, ce monsieur Gervereau apporte de l’eau au moulin du ministre, qui souhaitait aussi défendre notre civilisation. Et de nous citer l’incontournable Lévi-Strauss : « J’ai pu observer en tournant des films au Laos, au Mali, chez les Inuit ou les Wayana, combien nous détruisions à vitesse de quelques années des civilisations et des traditions séculaires. Ce que Claude Lévi-Strauss constatait dans Tristes Tropiques avec désolation se réalise en un ou deux ans par les effets conjugués du commerce et du tourisme« .

Justement ! vous avez bien raison monsieur Gervereau ! notre modèle occidental européen est menacé dans ses traditions séculaires. Il nous faut défendre notre saucisson sec, notre béret, notre baguette de pain contre le hamburger et le kebab envahissants. Défendons idem pied à pied le petit salé dans les cantines face au blanc de dinde ou au tofu ; boutons les locuteurs anglomanes hors de France ; résistons au rap et au R’n’B ; entêtons-nous à nommer les vacances de Noël « vacances de Noël », et pas « vacances de fin d’année ». Notre mode de vivre – notre civilisation, « pas pure », certes, mais il n’en est point – est menacé de jour en jour. Défendons nos valeurs, qui valent celles des autres, vous en êtes bien d’accord ?

Tibert-Egalité