Indépendance / impartialité

( Je lis qu’en commission, madame Dati, ministre de la Culture, aurait gravement pris à partie une fonctionnaire de l’Assemblée Nationale, lui reprochant sa lenteur… la présidente, membre du PS, de ladite commission (qui examinait une réforme de l’audiovisuel public) est montée sur ses grands chevaux et a suspendu les travaux, allez hop ! Et se fend d’un communiqué sous X (*), le réseau-poubelle de monsieur Musk : « … le travail des fonctionnaires de l’Assemblée est un ciment de notre maison, qui ne peut et ne doit jamais être remis en cause » . Ben si, justement ! quand un salarié fait mal son boulot, c’est tout à fait légitime de lui voler dans les plumes ; a fortiori un fonctionnaire. )

Mais, mon titre ? les deux mots commencent par la lettre I, le préfixe « im » / « in » = privation de, et puis comportent dix lettres, dont une accentuée : le parallèle s’arrête là, car les sens diffèrent. Eh oui, l’indépendance de la justice (vis à vis des pouvoirs, des influences et des pressions) est nécessaire ; eh non, les juges ne sont pas forcément impartiaux. On pourra s’en convaincre aisément : tenez, cette affiche détaillant le programme du stand du Syndicat de la Magistrature (SM, pour les intimes) à la Fête de l’Huma de 2024. Par exemple, thème d’un atelier : « Justice de classe : une affaire du patriarcat » . Ils ont parfaitement le droit d’avoir des opinions politiques, les juges, par exemple de détester madame Le Pen, ou monsieur Sarkozy. Mais quelle confiance avoir, dès lors, dans leur « impartialité » , quand lesdits juges ont madame Le Pen ou monsieur Sarkozy dans leur collimateur ? Je rappelle qu’au foot, quand on joue Belgique-Danemark, on choisit soigneusement un arbitre, Espagnol, Tchèque, Islandais…

Reste que l’inégibilité (**) pour cinq ans, de madame Le Pen, si elle était confirmée en appel – cette histoire d’exécution provisoire est pour le moins curieuse, incongrue – rebattrait utilement les cartes : ça fait des décennies que la droite-dure française s’incarne dans la famille Le Pen, ça fait un peu dynastie ; de l’air frais n’y ferait pas de mal. Aux précédentes Présidentielles, nous avons eu droit à quatre candidatures, assez moyennes, de la Marine – autant que de Mélenchon, c’est dire ! et quatre, ça fait beaucoup, pour tout le monde.

Tibert

(*) Pourquoi faut-il qu’on doive aller sur ces réseaux de m… pour prendre connaissance des opinions de Pierre Paul et Jacques ? il n’y a pas d’autres canaux, plus propres ?

(**) Mon vérificateur d’orthographe intégré souligne obstinément ce terme en rouge : inégibilité, ça n’existe pas ! alors ? on fait quoi ?

Enjoindre, mode d’emploi

( Et rebelote, c’est l’heure d’été : l’heure des couche-tard et des citadins pas foutus de se lever, encore au fond de leur lit deux-trois heures après les gazouillis matutinaux (*) des oiseaux. Tant pis pour les lève-tôt, tant pis pour l’évidence physiologique et la sagesse populaire, « Morgenstund hat Gold im Mund » , les heures matinales sont les plus fertiles ; et tant pis pour moi. )

Mais il paraît qu’aux USA c’est la pénurie d’oeufs ? allez hop, les ménages français se ruent sur ces raretés, empilées sur les rayons des supermarchés ; on en prend trois boîtes au lieu d’une d’habitude, et… voilà la pénurie d’oeufs chez nous. Meuuhh non il n’y a pas réellement pénurie chez nous, c’est nous qui la créons, et et je vais vous dire : c’est une arme, nos oeufs. Donald veut nous en acheter ? paf ! on lui colle 300 % de taxes dessus. Non mais…

Reste que la dernière initiative de ce râpeux Berlusconi (**) états-unien laisse pantois. Enjoindre aux entreprises françaises, candidates à commercer avec les USA, de produire des documents prouvant qu’elles ont renié toute politique de « discrimination positive » , d’inclusion, de diversité, d’équilibre hommes-femmes… il faut le faire !

(un peu de grammaire : enjoindre attend un complément d’objet indirect : « il enjoint à sa belle-mère de la mettre en veilleuse » . Je dis ça, parce que Le Monde, par exemple (idem Le Parigot, qui doit avoir les mêmes sources) écrivait – erreur rectifiée depuis – «  … enjoint les entreprises françaises destinataires de respecter les règles édictées » )

Mais passons… il y a deux lectures à ce document : de une, c’est d’une grossièreté pas possible ; chez nous on fait ce qu’on veut, et donc, occupe-toi de tes oignons ! mind your own business. De deux, ça pointe tout de même chez nous des travers patents. Nous sommes de pieuses autruches, à interdire de compter nos différentes origines ethniques, et casser le thermomètre n’a jamais endigué la fièvre. Nous avons la Bonne-Pensée, qui rend obligatoire – vous pouvez vérifier – la diversité de couleur de peau dans la moindre page de pub à la télé… les embauches bienveillantes aux collègues membres de minorités (des mêmes minorités). Les quotas, officiels ou pas. Donald T. piétine nos plate-bandes, mais ce faisant (ce faisan), il met à nu les travers outranciers de nos politiques inclusives.

Tibert

(*) J’ai vainement cherché l’adjectif correspondant au substantif aube, aurore : albal ? je donne ma langue au chat.

(**) Il m’étonne qu’aucun parallèle ne soit fait entre Donald T. et Feu Silvio B. : tous deux bronzés au fond de teint, toujours tirés à quatre épingles, coiffés au cordeau, grands sachems du « yaka » simplet, populistes jusqu’à l’os… mais reconnaissons à Donald une outrance supérieure, un côté « brut de décoffrage » agressif, très américain, pas dans le vernis latin.

Zut aux Foutaises Ecolos ?

( Une encourageante surprise : des manifs anti-Hamas à Gaza. On sait que ce parti « religieux » et fanatique avait – avant que l’armée israélienne fasse de ce confetti territorial un enfer – pris le contrôle total et totalitaire de sa population, étouffant toute contestation. Eh bien les lignes bougent quelque peu : si les Israéliens arrivent à se défaire de leurs dirigeants va-t-en-guerre et jusqu’au-boutistes, et symétriquement du côté de Gaza – sans oublier la Cisjordanie occupée – on pourrait peut-être causer plus calmement ? non ? )

Mais autre chose : en commission, des députés de divers bords, gauche, droite, extrême-centre, etc… ont fait la peau aux ZFE. C’est du bon sens ! les « Zones à Faible Emission » ne sont, pour ce qu’on en a vu à Paris et Lyon, que des fictions pieuses. Soi-disant en fonction, interdisant donc à tout véhicule Crit’air 3, 4, 5… de circuler aux heures diurnes, elles ne s’appuient que sur une improbable et hypothétique répression humaine : pas de radars pour verbaliser. Autant dire : du vent. Pourquoi ? parce que ce sont des zones iniques, au sens littéral : la sélection par le fric.

Supprimer ces très sélectives ZFE , c’est donc du bon sens, c’est moral, ça répare une injustice criante. Ce qui est cocasse, c’est qu’à lire les réactions des lecteurs du Monde, on a droit à trois sons de cloches : d’abord, plein d’automobilistes urbains, possesseurs de tacots plus ou moins obsolètes, sont ravis, et c’est logique. Mais chez les « contre » on a deux discours parfaitement contradictoires : l’un pour dénoncer les lobbies des gros SUV (les richards, donc), qui ont gagné et vont pouvoir polluer ad libitum ; l’autre pour estimer que c’est de la démagogie la plus vile, des gâteries à visée électorale envers les populations modestes et politiquement frustes, la populace, qui rechigne à changer de voiture, nonobstant les aides diverses et variées…

Personnellement, j’accuse le coup : j’ai récemment acheté une voiture neuve, l’ancienne menaçait ruine ; l’électrique, très peu pour moi, tant que les stations de recharge seront rares, le Kwh à la tête du client, et puis c’est de l’écologie de bobo égoïste : la pollution, c’est chez les autres, Chine, Chili, aux antipodes si possible ! Donc j’ai pris un truc qui fonctionne à l’essence : Crit’Air 1, comme ça je suis tranquille avec le développement de ces infectes ZFE. Tout faux ! le diesel aurait été un meilleur choix, ça consomme nettement moins, moteur plus robuste, et avec un filtre à particules, ça pollue très peu. Je suis furieux : ils aurait pu me prévenir, tout de même !

Tibert, vexé

Valorisation de la valeur

( Monsieur Musk, le grand élagueur de fonctionnaires états-uniens superflus, va s’intéresser urgemment à l’Agence Américaine de Sécurité Routière, qui avait échappé jusqu’ici à sa tronçonneuse : cette inutile NHTSA s’en est prise à son bébé chéri, l’impensable Cybertruck : ce pick-up galactique est assemblé avec des colles qui se dégradent au fil du temps ! il va falloir recoller, voire, mieux, souder, riveter, que sais-je ? les quelque 46.000 exemplaires vendus aux USA. Dans le show-bizness, on appelle ça un four. Tiens, c’est une idée : recycler les Cybertrucks en fours à pizza : la silhouette devrait plaire.

Et puis monsieur Retailleau, « Ministre des Cultes » , n’est pas allé, malgré l’invitation, « rompre le jeûne » à la Grande Mosquée de Paris, vexant ainsi les initiateurs de la chose. Une gaffe ? un camouflet ? un conflit d’agenda ? de la mauvaise volonté ? Disons qu’être « ministre des cultes » n’implique pas qu’on s’y adonne : on a la charge d’organiser et maintenir la bonne tenue des diverses institutions religieuses au sein de la République, c’est tout. L’ « iftar » , le repas de rupture du jeûne, a un caractère convivial, c’est certain, mais aussi clairement religieux, et que des mécréants s’y rendent, ayant bouffé et bu – voire forniqué – au cours de la journée, n’a guère de sens. Mais on est en France : une invitation à une bonne bouffe, laïque, pourquoi pas ? on peut même discuter. )

Je termine sur un calcul : 66 % de 4 % ? = 2,67 % , et je suis généreux. C’est le nombre de Parigots – on a rameuté les 16-18 ans pour faire du volume – qui ont plébiscité la nouvelle initiative de votation de leur mairie, dans la veine « Voulez-vous être : a) – Riche et bien portant ; b) – Pauvre et malade ? » . Il s’agissait, hier de dire oui, bien entendu, à la végétalisation de 500 nouvelles rues (*), qui y perdront ainsi, évidemment, de l’accessibilité et des places de garage, vu que la voirie n’est pas extensible. Ce serait franc du collier si les rues ciblées par ce charcutage étaient nommées : eh bien non. C’est la bouteille à l’encre. Tremblez, Parisiens, dans l’attente des volontaires désignés. Travaux au long cours, trous béants, bacs bétonnés, pavés et nuisances vous attendent, « sans préjuger des dépenses afférentes au projet » , comme on dit pour faire passer l’inévitable hausse des impôts locaux.

Je vous ai gardé au chaud le commentaire victorieux de madame Hidalgo : elle sait causer ! « A partir du moment où des gens se déplacent et que des institutions leur permettent de se déplacer, ça donne de la valeur à ce vote. Et cette valeur ne doit pas être dévalorisée » .

Tibert

(*) On pourra apprécier un prototype convaincant de végétalisation à la sauce Hidalgo : la place de la Contrescarpe, ornée désormais de 2-3 plumeaux rabougris au milieu d’un terre-plein entièrement minéral. Il y avait des arbres, autrefois, à la Contrescarpe.

Pour le saucisson

( Monsieur Donald T. fait son marché : tiens, vous là, vous avez de l’eau… je la veux !

Chez nous, au Château et dans ses salles de garde, ses douves… ça tangue : des sous-chefs et sous-cheffes mettraient bien un gros bémol à la laïcité dans le sport : « le voile, pourquoi pas ? c’est pas grave » , les entend-on se déballonner. C’est un joli coup de main aux « fréristes » de l’Islam conquérant, via un point de vue partiel. Car, en fait, TOUS les signes extérieurs ostentatoires sont à proscrire, dans le sport collectif. Pas que le voile ! La religion, quelle qu’elle soit, c’est privé. Visiblement, les catholiques, les Juifs… n’en font pas un fromage ; en revanche, les tenants dudit voile (la femme comme entité subalterne, soumise) profitent de ces approximations, se plaignent et hurlent au racisme – comme si l’Islam était une ethnie. Tiens, même monsieur Mélenchon s’y est joint : ça pourrait lui apporter des votes. )

Mais autre chose : un livre sort, sur le drame de Crépol – cette histoire d’une fête de village, non loin de Romans-sur-Isère ; des « visiteurs » des « quartiers » et les jeunes fêtards locaux s’étaient affrontés, et ça s’était terminé par un mort, poignardé : un Caucasien. On n’a pas encore éclairci totalement la chose… eh bien, de une, apparemment ON sait qui tenait le couteau fatal ; de deux, en fait ils en avaient tous, des couteaux ! les visiteurs, pas les locaux. Je cite le bouquin : « Les jeunes de la Monnaie seraient venus pour s’amuser et rien n’indique, à ce stade de l’enquête, qu’ils avaient l’intention de faire usage de leurs couteaux, qu’ils ont, d’ailleurs, l’habitude d’avoir toujours sur eux ».

Voilà : il fut un temps où se balader avec son Laguiole, son Thiers, son Opinel… ne prêtait pas à soupçon : ça servait à suppléer les lamentables couteaux de cuisine pas affûtés, à déboucher le pinard, à couper les rondelles de saucisson. Je me souviens même avoir voyagé sans encombre avec mon Laguiole sur Air-Inter, à une époque où les terroristes islamistes étaient encore en culottes courtes ; le jus de tomate en boîte y était proposé, tenez-vous bien, avec des rondelles de saucisson ! (*) De nos jours c’est une autre musique : le couteau est une arme, un outil à trucider ; on en a des exemples tous les jours. Le rigolo de l’histoire, si je puis dire, c’est la suite : « … autrement dit, ils ne seraient pas venus à Crépol avec des couteaux dans le but d’agresser des gens » . C’était pour découper le saucisson, forcément.

Tibert

(*) Essayez de trouver du porc sur les menus ou les amuse-gueules volants des lignes aériennes européennes : mission impossible ! la laïcité a baissé les bras, là aussi : on s’est soumis, on est hallal, qu’on le veuille ou non.

Eloge du boulon

( Donald T., encore lui, cherche un point de chute pour y caser les 2 millions de Gazaouis « à reloger » : vu que les Tatars de Crimée, déplacés à partir de 1941, ont déjà occupé les terres que Staline leur a trouvées en Ouzbékhistan et au Kazakhstan, les Etats-Uniens lorgnent vers le Soudan, le Somaliland, la Somalie, toutes contrées paisibles 😉 et opulentes. Puis-je me permettre une suggestion raisonnée ? il suffirait d’annexer le Groënland, ou qu’il devienne le 51ème état amerloque (devançant ainsi d’une courte tête le Canada, 52ème) ; de déménager les Inuits et autres Groënlandais récalcitrants, disons en Jordanie – ils pourront revendre leurs radiateurs ! D’amicales pressions devraient convaincre les autorités locales d’accepter ce deal juteux, comme par exemple de taxer les bières jordaniennes à 300 %.

Ensuite ? eh bien, c’est limpide . On ne va évidemment pas installer les Gazaouis au Nouveau-Mexique ou au Nevada, les gens n’en voudraient pas… on va les mettre au Groënland ! ils pourront revendre leurs frigos et leurs climatiseurs mobiles sur TheGoodCorner. Il y a plein de place au Groënland, surtout au Nord. Et pour les faire patienter pendant qu’on se démènera à les reloger, on organisera des reality-shows à TV-Nuuk : par exemple un grand concours de construction d’igloos, avec des pom-pom girls et une fanfare : c’est très ludique, ils vont bien se marrer. Tiens, un super gag : un food-igloo avec four à pizza !

Toutes ces savantes manoeuvres, c’est pour créer la nouvelle riviera israélo-palestinienne : des palmiers, des chaises longues, des golfs, des resorts… tiens, des noms : « Marre-à-la gogos » , par exemple.)

Mais autre chose : on peut s’informer ici sur les modèles de bagnoles les plus volées, en France. Plus de 120.000 l’an dernier, une paille ! A ce sujet, on nous explique gravement comment éviter la désagréable surprise de ne plus retrouver sa tire à l’endroit où on l’a laissée. Avec les nouvelles « clés » électroniques, qu’il suffit d’avoir dans la poche pour pouvoir accéder au volant, c’est simple : les empêcher d’émettre ! dans un boîtier blindé. Vous me direz : c’est con, avec une bonne vieille clé sérieuse, ça fonctionnait pareil, sans blindage, et pas de mouse-jacking !

Certes ! Mais le progrès : tenez, le coffre, au lieu de l’ouvrir en soulevant bêtement le panneau (*), vous appuyez sur un bouton… ou bien, vous énoncez distinctement, près du micro du tableau de bord : Alexandrine, ouvrez le coffre, je vous prie ! Et paf, il s’ouvre – sauf problème matériel ou logiciel, évidemment.

Le rigolo dans cette histoire, c’est que la conclusion des articles sur le sujet, c’est assez unanimement : payez-vous donc une « canne-bloque-volant » : entre 20 et 70 euros, entre 15 secondes et 6 minutes avant qu’un malfrat compétent s’en débarrasse. C’est très ingénieux, et j’ai ouï dire que chez Haudi, Mercô et Aston’Martine, on va proposer ce dispositif optionnel – la dotation de base restant le boîtier « mains-libres » – pour les clients exigeants.

Tibert

PS – Ah zut, je lis qu’Emilie Dequenne – l’actrice mémorable, entre autres, de Rosetta et Pas son genre – a succombé, malgré son courage et sa vitalité, à un cancer rare et très agressif, à un âge où l’on a juste atteint la mi-temps. Voilà : ça me fait triste.

(*) Vachement dur : ça fait 100 ans qu’on le faisait sans y penser, mais on se trompait, apparemment.

Tripes advisors

Ce ne sont pas les sujets ni les (dé)fèque-niouzes (en anglais, ça fait nettement plus « bobard » ) qui manquent, ces temps-ci. D’abord, je suis tombé de ma chaise en apprenant que monsieur Wauquiez, des LR, songe à se présenter aux prochaines Présidentielles : qui l’eût cru, hein ? 😉

Mais autre chose : un court extrait d’un autre truc renversant – vraiment, celui-là : Donald T. cause du Groënland, dans l’Ovale Bureau, avec le Chef-en-Chef de l’OTAN, Mark Rutte – un Néerlandais. Casque-d’Or constate un manque de navires brise-glace chez lui, et annonce que son pays en a commandé 48… je traduis la suite : « La Russie en a 40 ; nous devons nous protéger. Nous devons avoir un accord là-dessus. Et le Danemark (*) n’est pas capable de le faire. Le Danemark est très loin, n’a réellement rien à voir là-dedans… Ils ont débarqué là il y a 200 ans, un truc comme ça, et ils disent qu’ils ont des droits dessus. Je ne sais pas si c’est vrai ; en fait je pense que non » . Et d’affirmer, parlant de l’annexion du Groënland, que « cela va arriver » . Moi, si j’avais été Mark Rutte, je serais parti fâché ; mais apparemment le constat de la mise à mort de l’OTAN ne pose aucun problème existentiel à son Secrétaire Général.

Allez, une dernière : si vous en avez la patience, la lecture des commentaires des lecteurs du Fig’ragots sur cet article vaut son pesant de moutarde. En gros, un universitaire états-unien, mister Mearsheimer, clame avoir raison depuis le début – ça remonte à 2015 (**) – ayant annoncé que c’est la faute à l’Occident si la Russie a envahi l’Ukraine. Argumentation : la Russie, elle – mais inversement, pas ses voisins immédiats, Pologne, Pays Baltes, Géorgie, Chine, Mongolie etc : elle est si paisible ! – aurait besoin d’un « matelas » de pays neutres tout autour, sinon elle se sent menacée, la pauvre… alors, que l’Ukraine veuille adhérer à l’OTAN, c’est le chiffon rouge !… il se trouve que la Norvège, voisine immédiate de la Russie, est membre de l’OTAN depuis 1949, je ne sache pas qu’elle ait été « préventivement » envahie. Mais bon… si vous voulez vous documenter sur les hordes de trolls pro-russes qui abreuvent les courriers des lecteurs, au Monde et au Figaro notamment, vous en aurez plein les mirettes. Le Kremlin à la manoeuvre ! Un extrait : « Merci pour cet article. Cette analyse est simplement du bon sens. Imaginez les Russes ou les Chinois aux frontières Mexicaines ou Canadiennes, que se passerait-t’il ?  » . Je vous laisse imaginer.

Tibert

PS – Au fait, et le titre ? eh bien… c’est venu comme ça. A propos des advisors poutinolâtres, en force…

(*) Le Danemark fait partie de l’OTAN, c’est le côté rigolo de la chose.

(**) L’annexion de la Crimée par Poutine date de 2014 : c’est la faute de l’OTAN ? Voir plus de détails sur cette page Wiki.

Cauchemar états-unien

( La Montagne, canard arverne et référence rugbystique castraise, pose gravement la question : « Les infirmières pourront-elles prescrire du Paracétamol ? » Diable ! on sait qu’est en cours d’examen une réforme assez urgente du métier d’infirmier : nos chefs, dans leurs bunkers des beaux quartiers de Paris, se sont enfin aperçus de la pénurie de médecins à l’extérieur, et se sont dit que, peut-être, des infirmiers, dûment formés et habilités, pourraient faire le job… une partie du boulot, du moins. C’est bien pensé ! au passage, notez le sexisme révoltant de La Montagne : les infirmiers, mâles, ça existe aussi. Ceci étant, j’ai, et vous aussi, pu constater que le Paracétamol (qui, surdosé, peut ruiner votre foie) est « prescrit » par n’importe qui, pour des tas de raisons, valables ou pas, et en toute liberté ! « Mémé, j’ai mal à la tête… t’aurais pas un médoc ? tiens mon petit, prends donc un Dolibrâme » . Je précise que mémé n’est pas infirmière, encore moins infirmier : elle n’est pas habilitée !

Mais plus grave : les avions de chasse états-uniens, F16, F35… achetés à prix d’or par moult pays européens, seraient (au conditionnel) incapables de voler sans l’aval des « Américains » , comme on dit. Vous imaginez le truc : Trump ordonne l’invasion du Groënland ; les Danois sonnent l’alarme, veulent lancer leurs F35 à la rescousse de leurs concitoyens de là-bas, mais sont infoutus de les faire démarrer ! il y a un code… un mot de passe !

Vérification faite (le sujet est sensible, donc les réponses mal établies), il y a du vrai : les mises à jour logicielles viendraient exclusivement d’une base texane… plus prosaïquement et au ras du sol, on sait que monsieur Musk peut, mu par le manque de sommeil, la prise excessive de café fort, et à distance, modifier les paramètres des voitures Tesla : ça s’est déjà vu. Autre exemple : MicroFost peut vous coller une mise à jour furtive de VOTRE PC et de son Houine-Dose, et vous voilà coincé ! Un écran bleu qui ricane, et vous à la recherche frénétique d’un CD européen d’installation de Linuxxe. Je prolonge ces cauchemardesques visions : si mes canettes de Caco-Calo refusaient de s’ouvrir, mon Ketcheuppe de couler ? et mes gommes à mâcher ?… ce serait terrible.

Tibert

Simplifier, c’est compliqué

… c’est compliqué, notamment quand ce sont de besogneux fonctionnaires, soucieux de justifier leurs postes, qui sont chargés de « simplifier » . Voyez cette brillante idée de nouvelle taxe (mais on n’augmente pas les impôts 😉 ) parée des vertus de l’écologie : la pochette, le carton, l’emballage, le petit sac-papier… qui accompagne très souvent un achat (*), tout ça c’est taxé désormais. Pas pour l’acheteur, mais pour le commerçant. Qui va évidemment répercuter ce coût supplémentaire sur ses étiquettes !

Ce n’est pas une nouvelle taxe, puisqu’on vous le dit : je cite ici le Ministère de la Transition Ecologique. « Il ne s’agit pas d’une nouvelle taxe (mise en place par l’État) mais d’une contribution pour un service rendu entre des entreprises privées, pour financer la fin de vie de leurs emballages » (la fin de vie : sujet très tendance, ces temps-ci). Pour un cordonnier, bon, ça ne va pas chercher trop loin, mais un boulanger ? 800 baguettes de pain par jour ?

On apprend, au fil de l’article cité, que « le calcul envisagé initialement devait dépendre du nombre et du poids de chaque emballage distribué. La nouvelle déclaration, qui se veut plus simple…  » . Merveilleux pays, où des hordes de petits hommes gris élaborent des formules mathématiques appliquées aux sachets des baguettes de pain ! 0,075 € par pochette, multiplié par … compte tenu du ratio… avec le coefficient de pondération… considérant le plafonnement des abattements… Mais un espoir se lève : on s’est avisé que ce genre de dispositif mériterait une phase d’essai ! Je re-cite le canard : « Le projet de loi simplification qui doit être discuté début avril à l’Assemblée nationale prévoit justement un dispositif permettant aux PME de tester l’impact de nouvelles normes avant leur application » . Le projet de loi Simplification ! qui se verra bombardé d’amendements, complexes, de préférence.

Tibert

(*) Quand je pars acheter mon pain, j’y vais avec un sac-à-pain en tissu : une merveilleuse invention. De forme rectangulaire, fermé sur trois côtés, de coloris gais, léger et tenant peu de place quand il est vide – on peut le rouler en boule -, muni d’un lien coulissant au col, ce dispositif permet… a) d’économiser un sac-papier chez le boulanger ; b) de trimballer son achat commodément ; c) de conserver le pain à l’abri des salissures et sans qu’il se dessèche trop. Cerise sur le flan aux pruneaux, il n’est, pour le moment, grevé d’aucune taxe. Mais on va s’aviser, en haut lieu, que c’est un manque à gagner pour les Finances Publiques ! donc, redevance… contribution… recyclage… gnagnagna…

Raideurs de jugeote

( Oh Donald, comme vous avez de grandes dents – blanches ! et quel hâle superbe ! – C’est pour mieux vous bouffer, chers Groënlandais ! Bienvenue en Amérique aux USA ! nous apprécions grandement vos ressources naturelles, votre position stratégique, votre très faible population, qui se fera avaler sans problème : même pas besoin de rejouer la conquête de l’Ouest. Juste à m’assurer que mon ami Vladimir regarde ailleurs ; pour ce faire je lui prodigue quelques gâteries.)

Après cette parenthèse de politique-fiction : on constate des raideurs de la jugeote, chez tout plein de monde, et des deux côtés… la bande de monsieur Praud, sur C-Niouzes, se contorsionne pour ne pas critiquer Donald T. : « il est pas si mal, cet homme, anti-woke, anti-immigration, nationaliste, tout ça » … ils sont bien gentils avec lui ! de l’autre côté, si je puis dire, au PCF et LFI, on rechigne à prendre clairement parti pour l’Ukraine : « à quoi bon ? » demande LFI, quand chez les Communistes on préfèrerait voir Macronibus négocier directement avec Moscou. Les vieux réflexes « soviétiques » ont la peau dure, dites-donc. La Patrie du Socialisme, le PoutineLand ? ça ne donne pas envie.

On en a une autre illustration ici, voyez : sur cette « résolution appelant à la libération de Boualem Sansal » , adoptée en commission des Affaires étrangères, la gauche s’abstient. Elle aime bien la liberté d’expression, la Gauche, mais la sienne ! les autres, c’est selon… il faut si possible que ça vienne d’elle. Et quand le régime militaro-pétrolier algérien met en taule un écrivain jugé trop critique – ça fait aussi un excellent otage, pour peser sur la France – on est de gauche mais on s’abstient !

Tartuffes, et minables.

Tibert

PS – Une annonce toute fraîche et qui fait plaisir : des femmes, catholiques, appellent à faire grève (des activités liturgiques, pieuseries…) vu que dans leur religion elles sont mal traitées (et non maltraitées, du moins je l’espère). Elles ont raison ! leurs Chefs, à Rome, sont de (vieux) machos têtus, sur une doctrine ossifiée.