Futile, ou pas

Trois bricoles : a) la Flamme Olympique va arriver, elle arrive, courez, braves gens ! Ou comment amuser le bon peuple avec des nigleries puériles et fort coûteuses. A-t-on besoin d’un trois-mâts grand luxe pour transporter une bougie ? … d’ailleurs, en a-t-on vraiment besoin, de cette bougie ? on arrête les jeux, si elle s’éteint par manque de gaz ? le ridicule ne tue pas, fort heureusement.

b) Les éboueurs marseillais se sont mis en grève, 3-4 jours avant l’arrivée du lumignon olympique dans le Vieux Port… simple hasard du calendrier, vous direz-vous ! 😉 et dans la même veine, les agents d’entretien des WC-Decaux à Paris (et ailleurs ?) menacent de faire grève à l’occasion des J.O. , avec les millions de visiteurs attendus. Citation : « Imaginez, si on ne nettoie plus les sanitaires » ! Effectivement, déjà qu’en temps normal c’est assez moyen, si ce n’est plus nettoyé… Déjà que pisser à Paris tient de la miction impossible, ça va devenir grandiose.

c) On a également vu le PDG de la SNCF, face à des menaces de « mouvements sociaux » des cheminots, leur arranger la sauce « départ en retraite » , façon de revenir sur les nouvelles dispositions déplaisantes prises l’an dernier dans la douleur… Bref, je résume : les J.O, les amis, c’est un super bras de fer – ooups, bras de levier – pour faire avancer le dialogue social : et ça marche !

Et puis, les Molière(s) il y a deux jours… cérémonie convenue, ronronnante ? pas vraiment. J’ai retenu, et pour une fois je vais manifester mon assentiment vigoureux, l’intervention de l’humoriste Sophia Aram, qui, primée, s’est exprimée… je sais, elle est assez clairement de gauche, vu qu’elle cause sur la Radio du Service Public, du même métal. C’est son droit, elle est du côté qu’elle veut, mais ladite radio a du mal à respecter le pluralisme des opinions… mais je m’égare. Bref, madame Aram a tenu des propos équilibrés, lucides, sur le conflit Hamas-Israël. Voilà :

« Nous devrions faire attention à nos silences (…) dans le brouhaha de nos indignations faciles, le silence, même relatif, après ce 7 octobre dans lequel 1 200 Israéliens ont été massacrés est assourdissant. (…) Comment être solidaire des milliers de morts civils à Gaza sans l’être des victimes israéliennes ? Comment exiger d’Israël un cessez-le-feu sans exiger la libération des otages israéliens ? Comment réclamer le départ de Netanyahou sans réclamer celui du Hamas ? ».

Les furieux bloqueurs de facultés, les Insoumis radicaux et autres adeptes du Grand-Soir-à-venir, bref tous ceux qui surfent, sincères ou hypocrites, sur la vague pro-palestinienne, pourraient utilement s’inspirer de ces propos.

Tibert

Les « Européennes » pour les cancres

( Une journaleuse franco-marocaine se distingue, ces jours-ci : elle a en effet – traitant de dispositions pour protéger la neutralité laïque dans les clubs de foot (*) – qualifié notre beau pays de « pays de racistes dégénérés » . Nous voilà donc collectivement traités de salauds déliquescents : assez ignoble, et raciste à rebours ! Une telle insulte n’a pas plu à tout le monde, ça se comprend, et il y a des réactions assez vives… mais l’article cité plus haut renverse les perspectives, l’insulteuse devient la victime : la pauvre, on l’agresse ! bon, je ne vais pas dire du bien des réseaux-poubelles, vous savez ce que j’en pense, haine, niaiseries, bêtise et fautes d’orthographe à tous les étages, mais somme toute, hein, qui c’est qu’a commencé ? )

Et puis on m’a dit, hier soir, à propos d’un spot-télé exhortant à voter aux élections européennes le 9 juin : comment ça marche, ce truc ? eh bien, les amis, je n’en avais aucune idée : « euhh… je sais pas… je vais voir... » .

Bon… si ça vous gonfle, allez sur un autre site, tant pis pour vous. Mais voilà, en détail mais je le fais court :

Un seul scrutin : en métropole, le 9 juin ; pas de second tour. Les députés européens sont 820, groupés actuellement en 7 familles politiques. La France en envoie 81.

Les 7 formations européennes :

– Parti populaire européen (PPE, centre-droit, où siègent Les Républicains), le plus gros.

– Sociaux et Démocrates (S & D, où siègent les socialistes)

– Renew-Europe ( libéraux, où siègent les élus macronistes).

– Les Verts, avec évidemment les Français du même métal.

– La Gauche : pour les Français, La France insoumise et le PCF

– Identité et démocratie (ID), qui héberge les membres du RN,

– Conservateurs et Réformistes (CRE) avec chez nous « Debout la France », « Reconquête » , et puis les Italiens de FDI, la formation de madame Meloni.

( ID et CRE ne fusionnent pas, bien qu’ayant des liens idéologiques forts… il leur reste des points de gros désaccord, notamment sur la Russie poutinienne.)

Mais chez nous ça se regroupe de manière nettement plus touffue : voyez ici toutes les formations politiques qui prétendent à votre voix… on y trouve moult groupuscules, qui ne sont affiliés à aucun des 7 groupes européens constitués : ce sera juste pour vous faire coucou, pour exister ! (**) . Chaque liste doit comporter 81 noms, et respecter l’équilibre femmes-hommes. On vote pour UNE liste, globalement. Ne pas rayer de noms, pas caviarder, pas mettre plusieurs listes dans l’enveloppe.

Comment c’est décompté ensuite ?

Le décompte est global sur toute la France ; il faut avoir recueilli 5 % des suffrages pour pouvoir aller au parlement européen. Et puis ensuite c’est au prorata des voix ; plus on en a eu, plus on envoie de députés, avec au total 81. Je vous fais grâce des arrondis : on ne coupe pas les députés en rondelles, sinon il y aurait moins de candidats.

Tibert

(*) On peut voir en détail ce sujet ici. Certes on peut rouspéter, critiquer telle ou telle disposition ; certes les musulmanes cramponnées à une tenue supposément « pudique » sur les terrains de foot peuvent se sentir visées… mais c’est, une fois de plus, la seule religion qui pose problème. Je n’ai pas souvenance de récriminations spécifiquement chrétiennes, juives, boudhistes… encore moins athées, concernant les tenues de foot.

(**) Par exemple une liste « Esperanto langue commune » , qui a toute ma sympathie, vu son attachement à une langue véhiculaire universelle autre que le rosbif, et qui récoltera au moins 45 voix… et puis les inévitables chapelles trotskistes, et d’autres, plus exotiques. Tous ces braves gens, ou révolutionnaires grimés en démocrates, se feront recaler par la règle des 5% minimum, sauf grosse surprise.

Trop, la haine

Monsieur Mélenchon encensait, il y 4-5 jours, les « étudiants »- ou réputés tels – qui occupaient manu militari les locaux de Sciences-Po-Paris, cette ancienne gloire de l’enseignement supérieur, en empêchant le fonctionnement, prenant les autres étudiants en otages : ils étaient, selon lui, « l’honneur de notre pays face au génocide » (à Gaza). Mais en ce Premier Mai du muguet et des défilés, on a vu monsieur Glucksmann, qui voulait participer au cortège traditionnel à Saint-Etienne, se faire éjecter violemment, « casse-toi » etc, jets de projectiles et autres gracieusetés. On sait bigrement bien d’où ça vient, ça : des mêmes furieux qui sévissent à Sciences-Po. Il a fallu l’exfiltrer pour préserver son intégrité physique… Mais là, monsieur Mélenchon réprouve cette violence… c’est pas bien ! pas correct ! En démocratie, on doit pouvoir librement s’exprimer, y compris les affreux qui sont pas à LFI, même Glucksmann, tiens ! Si vous voyez comment ça fonctionne, là sous le crâne mélenchonien, un coup je glorifie la violence sectaire, un coup je la condamne… comprenne qui pourra.

Et puis j’ai pu lire que le jeune Afghan qui a « planté » mortellement Matisse, à Châteauroux, pour une histoire de coqs et d’insultes éventuelles – histoire qui aurait dû se solder au pire par quelques gnons – avait déclaré dans un post sur Poubelle-Réseau : « J’ai trop la haine » . Trop, c’est le cas de le dire ! Cet adverbe connement devenu l’équivalent de « très » permet de gommer les limites, limites que « trop » implique : « j’ai trop bouffé » , « tu en as trop mis » etc. Le langage a du sens…

Dans la même veine si je puis dire, on voit des maniaques de la menace de mort – encore des haineux – et anonymes bien entendu, s’en prendre sur les mêmes néfastes réseaux-égoûts à une magistrate, soi-disant responsable d’avoir laissé l’adolescent agresseur en liberté, alors qu’il est (tout de même !) sous le coup de deux inculpations pour vol avec violence. Le parquet de Bourges proteste, à juste titre : et de une, ladite magistrate n’est pour rien dans cette embrouille ; et de deux, les magistrats ne font que leur boulot, ces vociférations menaçantes sont inacceptables… ils s’indignent, ces magistrats, je cite, « contre le fait (…) de critiquer violemment l’action légitime de magistrats qui, etc etc… » . Là je tique : « violemment » , certes, mais quel « violemment » ? Il est en effet indispensable, en démocratie, que la Justice soit susceptible de se faire « botter le cul » – au figuré, évidemment (*) – quand elle commet des fautes. Elle a des comptes à rendre, la justice. Dans cette affaire, eh oui, un juge a commis une faute, flagrante, le surineur n’aurait pas pu suriner s’il avait été sous les verrous ; sa dangerosité a été largement sous-estimée. Ce n’est pas « la faute à pas de chance » ; c’est la faute d’un magistrat. Ce qui, bien entendu, ne justifie absolument pas de lui promettre la mort, encore moins anonymement.

Tibert

(*) On en est loin. Ces messieurs-dames sont pratiquement inaccessibles. Saluons, au passage, ironiquement, l’entêtement de notre Justice dans une gestion des mineurs totalement déconnectée de la sinistre réalité… chers petits anges !

Vanités

( Un titre rigolo de Ouest-France, ce matin : « Que se passe-t-il si la flamme olympique s’éteint ? On vous répond » . Je vais vous le dire, moi : on la rallume ! discrètement si possible, le porteur ou la porteuse fait par exemple semblant d’avoir envie de faire pipi, se trouve un petit coin. Avec une dotation comprenant de base un briquet, du papier journal, une boîte d’allumettes, un chalumeau de poche, un kit bâtonnet de bois durci- brindilles sèches-2 silex, alors avec ça si la flamme ne redémarre pas, c’est à pleurer. A ce propos, tout ce cirque autour d’une bougie, ces cérémonies, le retour vers la France en 3-mâts grand luxe, les chorégraphies de pom-pom girls athéniennes, c’est assez navrant ; le ridicule ne tue pas, décidément. Ces mascarades sont affligeantes, vivement qu’on passe à autre chose : il y a bien longtemps que le sport « olympique » est sorti de l’amateurisme naïf de Pierre de Coubertin. )

Et puis d’aucuns dissertent gravement sur la pertinence ou pas d’autoriser la pub pour les livres à la télé. Là aussi on en est à débattre du sexe des anges : ça existe déjà, la pub pour les livres, à la télé. Pas des spots « Soyez le trois-millionnième lecteur de Fantômas chez les Wisigoths, on se l’arrache » ou « Madame Michu, si je vous propose d’échanger ces 3 polars très moyens contre votre magnifique Du raisiné dans la choucroute ? – ah non non, pas question, je le garde » . Mais de la brosse à reluire, quand on reçoit l’écrivain MachinTruc à propos de son dernier opus, ça se fait, ça, et souvent. C’est d’ailleurs du même tonneau que lorsqu’une paire d’acteurs connus vient causer de la sortie de leur dernier film… si ce n’est pas de la pub, ça y ressemble bigrement. Mais bref… il s’agit de se demander si ladite pub pour les livres va inciter à lire plus, et plus éclectique, ou au contraire rétrécir le champ à quelques grosses pointures rentables, qui gagnent déjà très bien leur vie, et leur éditeur avec.

Eh bien, tout ça est assez vain. Chez Carrouf’ ou autres hypermégastores, on ne trouve déjà que la grosse cavalerie des best-sellers ; chez les libraires dignes de ce nom, seuls les lecteurs invétérés s’obstineront à fourrager dans les rayons : les grosses promotions, ils s’en fichent, voire les fuient, alors la pub… Cependant que le gros de la troupe ne modifiera en rien ses choix : on ne lit plus ! Chacun concourt à l’abrutissement collectif, les yeux rivés sur l’écran lumineux 6 pouces-2/5 niché au creux de la paume, à la recherche compulsive des derniers gags rigolos ou des récentes préconisations commerciales d’une influençeuse spécialiste du recalibrage des sourcils ou des piercings du nombril. Tout un symbole de notre époque, le piercing du nombril.

Tibert

Gâchis

( Nestlé Waters – en français : les eaux de Nestlé, mais Waters ça le fait tellement mieux, on croit entendre la chasse d’eau – « détruit » 2 millions de bouteilles d’eau de Perrier de qualité douteuse, germes fécaux par ci par là etc. C’est fou ! Un rapide calcul… disons qu’entre les 0,25, les 0,5, les 0,75… la moyenne de volume soit de 0,4 litre par bouteille. Ce qui représente 800 mètres-cubes d’eau qui fait pschiiit : deux piscines ! Et on « détruit » ça ? quand le Roussillon manque cruellement de flotte ? quel gâchis. Quel dommage… ça aurait eu de la gueule, arroser ses petits pois, ses salades avec de l’eau à ressort. Tant pis.

Et encore du gâchis, chez la Pomme-Mordue, Appeul donc, on concasse des tonnes de téléphones. Des appareils pas récents-récents, pas forcément opérationnels, mais bien entendu réparables ! encore du gâchis. La raison ? comme le fait finement observer un observateur lucide, « Apple ne peut pas vendre un tout nouveau téléphone à 1 000 dollars s’il y a encore sur le marché des téléphones vieux de deux ans » . Et à moins de la moitié du prix, et qui font le même boulot ! Même moi j’aurais pu faire ce triste constat. Si l’obsolescence programmée ne suffit pas, on passe les appareils à la choucrouteuse, ça relève de la même exigence de renouvellement allegro-prestissimo, avec le jingle, l’antienne « achetez, achetez » .

Gâchis enfin, humain celui-là… le Parigot se lamente, usant de l’abusif « les » au lieu de « des » ; le titre : « La France n’a pas voulu de nous » : les musulmans diplômés, victimes de discriminations, s’expatrient. Eh non, ils ne s’expatrient pas tous, et heureusement, ce serait un affreux constat d’échec. On a là un article clairement alarmiste, comme c’est triste ma brave dame, mon bon monsieur. Mais c’est vrai, il y a du racisme, des amalgames injustes, des rancoeurs, et le bilan de la guerre d’Algérie n’a, je pense, jamais pu être tiré sereinement – la posture constamment hostile depuis 60 ans, agressive, du gouvernement algérien n’arrange rien. Le communautarisme sévit avec ardeur, les banlieues sont toujours aussi moches et désespérantes, et la religion par dessus le marché ! Avec des constats hélas clairs : le terrorisme, le frérisme, les atteintes à la laïcité, les femmes traitées en individus inférieurs, la police des moeurs (musulmanes) dans l’espace public, les pourcentages ethniques dans nos prisons… c’est toujours du même côté. Mais c’est vrai, il y a aussi des racistes, c’est très con le racisme, les torts sont quelque peu répartis.

Ceci étant, à titre personnel, je déplore que ce pays reste largement coincé sur l’identification d’une ethnie à une religion. Voyez, l’obscurantisme sévit encore un peu partout, le Papam s’obstine absurdement à refuser aux femmes le droit de dire la messe ; ailleurs il faut absolument qu’elles soient bâchées, sous prétexte que les mâles sont « par construction » infoutus de se tenir correctement… je ne vais pas plus loin, je n’irai pas évoquer les bûchers, lapidations et autres horreurs issues de coutumes hors d’âge. Puisque l’intelligence et le bon sens sont également répartis parmi les diverses populations de la Planète, on devrait pourtant y arriver : vivement que l’agnosticisme, le doute raisonné, la logique, l’humain… viennent renvoyer les contes à dormir debout, les croyances naïves, aux archives.

(Amen) – Tibert

Barbouille en solde

( Le maire de Villeneuve-Saint-Georges fait ses excuses, après une séance houleuse de son conseil municipal… attaqué de façon sans doute importune, peut-être excessive, par des élus d’opposition, lui reprochant d’adopter les thèses de l’extrême-droite (*), il s’est fendu d’un « Heil » accompagné d’un salut nazi. Humour décalé, pour ne pas dire déplacé, d’où sa reculade. On ne rit plus de rien, maintenant, ça craint ! Coluche, Le Luron, Desproges et tutti quanti seraient inscrits à Popaul-Emploi, à quémander le RSA. Ce qui me fait souvenir de mon regretté beau-père, qui levait le bras droit, main tendue, hilare, dans la posture du sinistre salut hitlérien, s’exclamant : « Y en a haut comme ça » . Il ne claquait toutefois pas les talons, et ne s’en est jamais excusé : c’était de l’humour. Mais c’était une autre époque. )

Et puis la mairie de Nantes fera payer par les Nantais, si ça se passe comme prévu au tribunal, les dégâts causés par les activistes fêlés de « Dernière Rénovation » à la façade de la Préfecture : largement peinte en rouge vif lors d’une manifestation, il a fallu tout nettoyer, repeindre, remettre en état… ça ne coûte pas les deux bras, mais tout de même… dans un premier temps il était question de réclamer autour de 8.000 euros aux coupables, somme destinée à juste couvrir les frais de l’opération.

Mais aux dernières nouvelles, « cédant à l’amicale pression de ses amis » , la mairie demande maintenant UN euro « symbolique » , histoire, tout de même, de ne pas cautionner ouvertement les dégradations des artistes-peintres rénovateurs : on vous comprend, vous menez le bon combat, on est de tout coeur avec vous, nous aussi on aurait bien aspergé la façade, mais y a des choses… on peut pas faire ça, ça irrite, ça fait pas propre ! » .

Nantais pas trop branchés « écologie furieuse » , à vos porte-monnaie !

Tibert

(*) antienne connue, ficelle usée mais toujours en vogue. « Au loup, au loup » .

Légalité de la pensée

Vous connaissez l’aérodromophobie ? non ? la peur des avions… c’est le cas pour plein de gens, qui peuvent suivre des stages pour pouvoir ensuite prendre l’air sans tomber en pâmoison. On leur montre que l’air est un fluide résistant à partir d’une certaine vitesse, fiable, que les statistiques d’accidents aériens sont plus rassurantes que celles des chutes de pots de fleurs sur le trottoir, etc… On peut donc soigner ça, ou pas, si ça ne prête pas à conséquence – par exemple si l’on ne prend jamais l’avion. Il ne viendrait à personne l’idée saugrenue de sanctionner les aérodromophobes ; pas plus que les agoraphobes, qui appréhendent la foule, les arachnophobes, que la proximité des araignées émeut, etc… ce sont des sentiments, n’est-ce-pas, rien de plus. Parfois d’ailleurs ce sont des peurs, des préventions, des sentiments parfaitement fondés. Qu’on craigne le bruit excessif – la zizique à fond la caisse et qui fait vibrer la peau du ventre, outre qu’elle rend sourd -, la manipulation des tronçonneuses, etc… ça se comprend tout seul !

Et puis, si je n’aime pas les rollmops ou les loukoums, c’est personnel, n’est-ce-pas, c’est moi, et basta. Je n’empêche personne d’y toucher.

Mais il y aurait des « phobies » non seulement dommageables, critiquables, mais illégales ! si si ! délictueuses, carrément. Comment un sentiment peut-il être illégal ? Tenez, ça existe. A la mairie de Paris, on a franchi le pas. Des affiches dans les rues vantaient un bouquin polémique sur ce qu’on peut appeler le phénomène Trans : livre présenté, je cite, comme une « enquête sur les dérives de l’identité transgenre » qui « s’infiltre dans toutes les sphères de la société ». Bon, ce livre est peut-être excessif, partial, voire passible de poursuites, s’il est avéré qu’il incite à la violence ou à la haine… Les affiches, je ne sais pas, mais leur contenu ne me paraît pas tomber sous le coup d’accusations de ce type. Mais, bref, la mairie de Paris a demandé à l’afficheur, JC Deux-Côts, de retirer les affiches. Voyez l’argumentaire des protestataires ; je cite ici Le Monde.

  • Une drag-queen (…) a dénoncé mardi soir une « publicité ouvertement transphobe ».
  • « La transphobie est un délit. La haine de l’autre n’a pas sa place dans notre ville », a acquiescé Emmanuel Grégoire, important adjoint au Maire.

La première partie de cette dernière citation est effarante. Si je comprends bien, une crainte, une appréhension, une prévention contre, serait un délit ! Curieuse lecture de la Loi… vous n’appréciez pas (ne kiffez pas) les drag-queens ? l’évocation des chirurgies de réassignation de genre vous incommode ? en taule, infect délinquant transphobe !

Tibert

Prose élitisme

( Je découvre que tout plein de Français améliorent le remplissage de leur frigo – à partir du 15 du mois, ça sonne creux, paraît-il – avec des petites combines. Voyez : les fumeurs invétérés cherchent à échapper aux 10-11 balles le paquet chez le buraliste ? (*) Pas de problème, ils trouvent aisément une voisine, un confrère, un épicier, un facteur… qui leur revend en douce leurs deux cartouches de Marle-Beau-Rôt avec une belle économie, genre 4 balles de moins le paquet de 20 tiges. Ils sont ravis, et puis c’est de la vraie bonne camelote : pensez, « ça vient du Luxembourg », dit une vendeuse à la sauvette. Curieux, j’ai été voir les prix officiels des mêmes cigarettes « Au Cow-Boy » au Luxembourg : c’est aux alentours de 5,50 euros le paquet. Le gars, dans l’article que j’ai cité, qui débourse 50 euros pour sa cartouche, est sûr d’avoir fait une bonne affaire : au Luxembourg c’est 55 euros ; avec la marge du transporteur, du vendeur, les risques encourus… cédée 50 euros, au noir, dans l’Essonne ? c’est de la bienfaisance, c’est oblatif en diable. Ou bien « y a un truc » ? )

Et puis cette tribune d’un « professeur émérite » (**) de philosophie politique (***), dans Le Monde, qui pourfend la laïcité à la française, telle qu’on la met en oeuvre à l’école… le titre :  » Assez de mensonges sur la laïcité » . Cet « émérite » philosophe détaille les erreurs et méfaits de nos lois, telles qu’appliquées dans la mouture de 2004 dite « des signes ostentatoires » … cette tribune hors-sol, jamais appuyée sur le réel et ses menaces, et qui prétend redresser les bonnes perspectives, nous pond des perles. « Il faut rappeler trois vérités. La première est que le prosélytisme est une composante légitime de la croyance religieuse. Tenter de convertir autrui aux croyances que l’on suppose posséder un caractère salvateur fait partie de la liberté de conscience » .

Tu l’as dit, bouffi ! quand un ado se fait tabasser à mort par les « prosélytes » qui veillent sur l’ honneur de la famille (la réputation de la petite soeur, en fait) ; quand une intérimaire livre en pâture aux réseaux-poubelles, avec une cible plantée dans le dos – ayant soigneusement préparé son coup et filmé la scène – le patron d’une boutique qui n’accepte pas les tenues confessionnelles ostentatoires ; quand on envoie à l’hôpital une gamine qui s’habille « trop » à l’occidentale ; quand on veut imposer l’observance du Ramadan dans tout un quartier… c’est de la liberté de conscience ! du simple prosélytisme, voilà tout… De Louis XIV face aux Protestants des Cévennes, aux fatwas iraniennes, ce n’est que du prosélytisme, bien légitime, mes amis ! Notre « émérite » professeur pourrait conforter ses convictions par un stage de « liberté de conscience » dans les écoles de filles afghanes, par exemple. Ou les écoles coraniques du Pakistan, ou chez les Mollahs… il y a du choix pour le prosélytisme musclé.

Tibert

(*) Ils n’échapperont pas aussi facilement au cancer du fumeur, mais c’est du futur, ça, alors, bof…

(**) J’ignore ce que sous-tend ce qualificatif ronflant. Emérite… mazette !

(***) La philosophie politique est à la philosophie ce que la musique militaire est à la musique.

Très compliqué, les cadenas !

Le Pont-des-Arts, à Paris – une passerelle pour piétons, en fait – relie deux arrondissements : c’est très compliqué ! Cette passerelle a été, pour cause d’envahissement dangereux, délivrée (*) des dizaines de tonnes de cadenas stupides accrochés aux grilles garde-fous : on a (**) enlevé les grilles et mis des rambardes vitrées lisses… bien… mais les cons persistent, veulent ab-so-lu-ment accrocher un cadenas « d’amûûr » sur la passerelle des Arts… les vendeurs de merdouilles à la sauvette ont trouvé le truc : ils ceinturent les poteaux latéraux d’antivols-vélos à 3 balles, ce qui en fait des supports… pour cadenas d’amour ! cadenas qu’ils vendent fort cher aux gogos et aux touristes naïfs. Un conseil : touristes en mal de cadenas de pacotille, apportez-les dans vos bagages.

On en est là… c’est interdit de poser des cadenas sur le Pont-des-Arts, bien entendu ; bien entendu, les vendeurs à la sauvette s’en moquent, comme ils se moquent des interventions policières, contraventions etc : ils sont « insolvables » , sauf le fric des cadenas, évidemment ; ils reviennent encore et encore, comme la marée. L’article du Parigot qui traite de la chose met en vedette de modestes citoyens qui s’activent, nuitamment – les marchands de cadenas sont violents, ils n’aiment pas qu’on casse leur bizness – à enlever ces tas de ferraille illégaux , inutiles – l’amour ne sera pas plus grand, ni plus faible, vous pouvez me croire – et moches. Ces citoyens font tout bonnement le boulot de la Ville ! mais vous comprenez, c’est compliqué, pour deux arrondissements, de se concerter… on a farpaitement identifié le caïd-en-chef des marchands illégaux de cadenas parasites, mais « on peut rien faire, il revient …  » . C’est encourageant… si ce genre de minuscule problème de maintien de l’ordre et de respect des lois n’est pas gérable, vous imaginez l’efficacité de l’Administration Française !

Tibert

(*) délivrée : c’est français, quand ce n’est pas un anglicisme pour une livraison. Délivrée = libérée de ses cadenas, la passerelle.

(**) Donc, pour remplacer les rambardes grillagées par des panneaux vitrés, les deux arrondissements ont réussi un jour à se concerter : ce serait possible, alors ?

Et encore les « les »

je protestais contre l’emploi par les journaleux du « les » inclusif (allez hop, tout le monde !) au lieu du « des » partitif : en voilà, derechef, un superbe exemple. IL s’agit de Samara, cette écolière salement molestée (coma, hôpital…) à la sortie de son collège (*), à Montpellier, dans le riant quartier de la Mosson-Paillade. Titre : « Dans les quartiers de Montpellier, « la réputation » des filles ou la vie sous surveillance » . Il existe pourtant des quartiers peinards, à Montpellier, Boutonnet, la Pompignane, la Chamberte, etc… mais « les quartiers » posent problème ! Comprenne qui peut…

On comprend, hélas, assez bien ce qu’est ce « les » : ce sont les quartiers… qui posent problème, justement. Où, depuis deux semaines – en gros un peu avant la fin du Ramadan – on constate qu’une Police des Moeurs existe et s’active, police privée, totalement non-déclarée en préfecture, qui prescrit et punit. Qui veille sur le respect du jeûne, de l’abstinence d’alcool, de la longueur des tenues vestimentaires… de la réputation des jeunes filles, sujet très sensible. C’est, paraît-il, une question d’honneur… contrairement à ce que professe madame Sandrine Rousseau, le patriarcat – particulièrement gratiné dans ce cas – est loin d’être mort ! Mais chuut, pas d’amalgame, ne comptez pas sur elle pour stigmatiser.

Dernière émanation de la Police des Moeurs – réplique en mode mineur des Gardiens de la Révolution iraniens : à Bordeaux, un demandeur d’asile afghan (?) peu au courant du principe de liberté individuelle et de la libre circulation des boissons alcoolisées, s’est fâché (deux morts, dont lui, et un blessé grave) car de supposés musulmans – à ses yeux du moins ils devaient l’être – buvaient du rosé dans l’espace public, ce qui est pourtant parfaitement licite et légal, sauf atteinte à l’ordre public. Et donc, il a fait sa propre police-justice, assez expéditive. Par hasard, il avait sur lui un couteau de chasse…

Cerise sur le loukoum, les journaux se sont voulus rassurants : meuuuh non, ce n’était pas du terrorisme, car l’assaillant n’a pas crié « Allahou akbar » ! On sait donc assez bien distinguer, chez nous, un acte terroriste d’un fait divers : à la longue, et depuis le temps, on « connaît la musique » , comme on dit.

Tibert

(*) Le collège est peut-être un sanctuaire, comme le clame la ministre « en charge de » , madame Belloubet : alors on attend, pour leur casser la gueule, que les « coupables » désignés soient sortis du bahut : c’est aussi simple que ça.