Des honneurs

( A la mairie D’Avallon dans le 8-9, on trouve des trucs intéressants, en cherchant bien, façon XXL. Voyez : 20 lingots d’or, plus de 60 kg de cannabis, un kilo de cocaïne et 7.000 € … « Des perquisitions ont été opérées dans un domicile qui paraît être celui de la maire d’Avallon et dans lequel des quantités importantes de résine de cannabis ont été découvertes (*)  » … sept personnes ont été placées en garde à vue. Parmi elles, figure la maire avallonnaise, Jamilah H., ainsi que deux de ses frères » , nous conte La Montagne. Ah la famille, important, ça, la famille, la fratrie, et les frères, les grands frères, et les petites soeurs ! )

Transition habile, on a maintenant des éclairages sur les deux derniers évènements tragiques de tabassage, le premier avec une jeune fille meurtrie dans tous les sens du terme, le deuxième avec un mort. C’est la morale (**), l’honneur, et c’est la justice – enfin, une certaine justice – qui passe. D’abord parce que la jeune fille tabassée ne respecte pas certains codes arbitraires de comportement dictés par un groupe communautaire – donc allez hop c’est une pute -, puis, dans la seconde affaire, parce qu’il s’agit d’éloigner les mâles qui fréquentent « trop librement » une petite soeur : question d’ « honneur » – comprenons, faire en sorte qu’on ne puisse pas la qualifier de pute. Voilà l’alpha et l’oméga de l’honneur selon certaines sensibilités : qu’une jeune fille puisse passer pour une pute, ou pas ! Les féministes de par chez nous pourront s’emparer du problème – mais le feront-elles ? -, il y a du grain à moudre, et de la pente à remonter !

Mais où l’ honneur d’une famille va-t-il donc se nicher ? lisant cet article sur le crime de Viry-Chatillon, il appert que deux des agresseurs ont un casier judiciaire : ça n’altère pas l’honneur de la famille, ça ? l’honneur de la famille, avec « détention de stupéfiant, extorsion et violences commises en réunion » ? Si l’honneur de la famille fonctionne comme ça, c’est qu’il y a comme un défaut, comme aurait dit Fernand Reynaud – mais ici ce n’est pas drôle du tout. En résumé, « on n’a pas les mêmes valeurs » , et c’est extrêmement ennuyeux.

Tibert

(*) Dans l’article il est écrit « découverts » ; ce sont « des quantités importantes qui etc etc » , donc « découvertes » , eh oui. Ah la la, c’est dur l’orthographe, surtout pour les gens dont le métier est d’écrire en français.

(**) N’oublions pas, disait Léo Ferré, que la morale, c’est toujours celle des autres ! Morale d’un autre temps et d’ailleurs, et d’une arriération abominable.

Lorsque l’enfant paraît…

… ses camarades de classe lui cassent la gueule, lui font la tête au carré, histoire, a) de rigoler un bon coup ; b) de régler des comptes obscurs connus d’eux seuls ; c) de montrer leurs biscottos. De toute façon on filme l’opération, pour en faire profiter les copains sur les réseaux-poubelles. Le cas b) peut éventuellement entraîner la mort ou des séquelles irréversibles, mais bof, c’est pas grave. Tenez, cette histoire, sans cadavre heureusement mais avec nez cassé, traumatisme crânien – et vol des trucs valables, tant qu’on y est – contée par Le Monde, histoire qui précède de peu les deux récents drames, dont un mortel. Ce sont des jeunes filles, mineures. L’article ne dit pas leurs noms, ni même leurs prénoms, qui pourraient induire des présupposés quant à leurs origines ethniques – et puis elles sont mineures, donc anonymat ! Chez nous, on est pénalement mineur en dessous de 18 ans, avec peines adoucies et traitement aux petits oignons : voyez combien c’est cohérent avec l’évolution des moeurs et courbes de développement physique (*), quand un jeune de 14-15 ans est aujourd’hui bâti comme un adulte, voire plus, et considéré comme majeur sexuellement ! Mais, pas de problème pour nos Grands Chefs, il n’est aucunement question de remettre en cause nos excellentes bases juridiques en la matière, que le monde nous envie. Dix-huit ans, vous dis-je ! avant, ce ne sont que des petits n’enfants. Sauf qu’au lieu de jouer à la marelle ou aux billes, ils jouent à tuer ; des fois, ça marche. Et puis ils filment ça, c’est plus rigolo.

Tibert

(*) Quant aux courbes de développement mental, elles partent en sens inverse. En 1935 tous les enfants sortaient de l’école primaire sachant couramment lire, écrire et compter ; voyez ce que ça donne de nos jours.

Remplir des baignoires trouées

( Prolongation de l’histoire des trois lycéennes voilées au bahut Maurice Ravel : dans un collège à Auxerre, on rejoue la scène, avec trois femmes adultes, dont deux extérieures à l’établissement, membres d’une association « L’olivier 89 » , qui y entrent voilées … ce ne sont pas des élèves, et donc, la règle de laïcité « pas de signes religieux ostentatoires » s’applique-t-elle aussi ? le directeur le pense, et leur demande d’ôter leurs voiles ; le directeur académique (niveau N+1 ?) le contredit ; le recteur (niveau N+2 ?) le soutient ! Voyez comme c’est simple… ira-t-on jusqu’à soupçonner les militant(e)s de l’islam conquérant de titiller la Loi, d’éprouver toutes ses faiblesses ? L’assoce de l’Olivier-89 déclare à propos de cet incident : « Nous croyons en l’égalité des chances et en un environnement inclusif où chacun peut s’épanouir, indépendamment de sa religion ou de sa culture » . Magnifique langue de bois, mais justement : indépendamment de = sans tenir compte de, en dehors de. Ici, ces voiles, bien visibles, y sont en plein dedans, et l’affichent : pas vraiment « indépendamment de…  » )

Et puis à Paris, à l’occasion et en prévision des J.O. 2024, on s’est avisé que les humains pissent ! eh oui, ça pisse, un humain, et la moitié de l’effectif – les humaines – doit même se déculotter et s’asseoir, ou s’accroupir, pour le faire proprement. J’ai plusieurs fois, dans ce blog, souligné comme dans nos pays latins, et chez nous tout particulièrement, le besoin de miction est nié : c’est simple, on ne pisse pas ! Hélas la dure réalité vésicale étant têtue, on doit donc se débrouiller… entre deux voitures, contre un arbre, dans un recoin… l’illégalité obligatoire, en quelque sorte. Voyez cette éloquente photo de l’article du Parigot : la queue devant une des rares sanisettes « Deux-côts » disponibles, au compte-goutte 😉 pour les Parisiens et les visiteurs…

Mais pour les J.O. on va nous arranger ça ! Il est prévu 240.000 spectateurs à la cérémonie d’ouverture : ça va bien durer quelques heures, supposons donc 1,5 miction par spectateur – compte non tenu des canettes de bière à effet diurétique – durant la séance. A 25 cl. par personne, ça fait à la louche 😉 90-100 mètres-cubes de pipi. Imaginez, si chacun doit se soulager subrepticement dans ou aux abords des tribunes…

La suite ? l’article sus-mentionné ne dit pas si les massifs moyens urinatoires mis en place pour les J.O. seront conservés plus tard : connaissant ce pays, gageons que non ! on reviendra sûrement à la maxime commode : en France, on ne pisse pas. C’est sale, ça coûte trop cher (*), et puis c’est subalterne, pas valorisant… etc.

Tibert

(*) On l’a bien compris dans les pays où l’on peut pisser : les toilettes, ça se nettoie ! fréquemment, autant que nécessaire (**) et sérieusement. Forcément, ça coûte de l’argent, eh oui… mais c’est utile ! Voyez le beau film de Wim Wenders sur le sujet, « Perfect days » : on peut faire ce métier sans déchoir.

(**) On peut aussi, ce n’est pas interdit, avoir de la pédagogie, sensibilisation, travaux d’intérêt général, stages… l’armée a nommé ses opérations éducatives « corvées de chiottes » ; on peut imaginer des termes plus motivants.

Menus détails

Tiens, cette phrase de la spiquerine du journal d’Arte, hier soir… On va avancer l’horloge d’une heure cette nuit, dit-elle, et comme ça « on aura une heure de soleil en plus » . Voilà bien une ânerie ! je me suis levé ce matin avant le soleil, je me coucherai après lui, et j’aurai eu exactement le même temps d’ensoleillement, à la variation journalière près, soit environ 3 minutes de plus. Ce sont raisonnements de Parisiens lève-tard, ça… (*) Regardez un peu ailleurs, les Parigots, des fois que ça vous déboucherait les écoutilles.

Et puis je suis tombé, avec Ouest-France, sur les salaires annuels bruts des Chefs des futurs J.O. 2024 en France : mazette ! ça ne se mouche pas avec les doigts. Ne tombons pas dans la démagogie, ce sont des postes exigeants, des temps de travail pas mesurés, des responsabilités. Certes. Et puis « c’est moins que les autres J.O., ils étaient mieux payés » , selon la bonne vieille justification. Sans doute… de là à s’asseoir sur la décence et la soi-disant exigence d’exemplarité… bon, enfin, d’aucuns en auront profité.

Pour la bonne bouche, la Région Ile De France, chapeautée par madame Pécresse, fixe le ticket RATP à l’unité à 4 euros pour la période des J.O. On peut dire que ça n’y va pas avec le dos de la cuiller ! Prohibitif, évidemment. Mais madame Pécresse a un argument imparable pour justifier ça : « c’est pour que personne n’en achète » ! Sauf évidemment les distraits, les dyslexiques, les pas à l’aise avec l’informatique, les étrangers peu au fait de notre langue, de nos us et coutumes, et qui se feront plumer comme des bleus. Pour que personne n’en achète, il suffirait de ne pas en proposer ! Ou, tout bonnement, de proposer des tickets à l’unité à un prix raisonnable… mais bof, tant pis pour les perdants. Les J.O. : un max de blé !

Tibert

(*) D’ailleurs ce changement d’heure annuel – qui devait, soi-disant, être supprimé – n’a plus d’autre justification que de faire plaisir aux citadins couche-tard. Merci pour eux ; les autres peuvent aller se faire cuire un oeuf.

Encore la Pomme

Allez, c’est aujourd’hui jour de morue pour les chrétiens pratiquants ; pour les musulmans, jour de jeûne. Pour les autres je ne sais pas ; chacun verra bien quoi faire ou ne pas faire. Les athées, voyez donc ce que recèle votre frigo. Mais au fait : je vais vous en citer deux bien bonnes, pêchées au fil des articles ici et là…

L’affaire du proviseur du lycée Maurice Ravel… c’est lui qui part, après avoir juste fait son boulot, courageusement. Comme quoi la provocation, ça paye ! Citation : « de concession en concession, on se retrouve au cimetière » . Mais derrière ce moche épilogue pour la république, cette perle : « l’ancien proviseur n’avait jamais rencontré d’accros lors de son parcours » . Quand les accrocs à la laïcité se télescopent avec les accros à la fumette… il aurait d’ailleurs été plus banal, anodin, rassurant, que ledit proviseur ait eu affaire à des adeptes du joint : ceux-là ne menacent nos valeurs qu’assez modérément.

Et puis cet autre extrait juteux, du Figaro, à propos de madame Rolland, maire de Nantes, qui fanfaronne… elle cite les innombrables réussites de ses mandats de maire, cocorico, mais avec un bémol, toutefois :  » la réhabilitation ratée de la place du Commerce – un havre d’insécurité au cœur de Nantes » . On appréciera ce havre d’insécurité, niché en plein centre, bien à l’abri des éventuelles tentatives de sécuriser cette ville.

Et pour la bonne bouche, une initiative heureuse, morale, énergique, de l’état de l’Oregon, aux USA, qui met fin – localement, du moins – à une scandaleuse anomalie, voulue par la maison Apple, la pomme mordue : figurez-vous que les pièces détachées pour les réparations doivent être, en principe, appairées avec l’appareil d’origine ! sinon ça ne va pas correctement fonctionner… l’article cité plus haut donne un exemple : « Remplacer un écran d’iPhone 13 ou d’iPhone 14 en dehors du SAV officiel d’Apple a dans bien des cas pour effet de bloquer le capteur Face ID (indispensable à la reconnaissance faciale) « . C’est une excellente nouvelle, ce coup de pied au cul à une des très nombreuses boîtes – celle-là est emblématique de ces pratiques détestables – qui tentent d’empêcher qu’on répare ailleurs que chez eux (le fric, le fric !). Gageons que l’Oregon en inspirera d’autres. J’ai horreur des parcours absurdement obligés, et des vis goupillées pour qu’on ne puisse pas les dévisser.

Tibert

Du claquos

( Un parallèle intéressant sur le journalisme, comme on le conçoit… monsieur Achilli, qui bosse pour FranceInfo, est suspendu à titre conservatoire par sa direction ; il a eu le tort de rencontrer monsieur Bardella, du RN, et de s’entretenir avec lui d’un livre projeté par ce dernier. Tenez, Le Monde en traite… faute terrible, qui justifie le pilori. Tandis que d’autres, bossant ailleurs, ne comprennent pas la rudesse de la Justice : deux journaleuses militantes (de quel bord, on peut le deviner) ont été jugées et condamnées pour être allées en Irak « exfiltrer » des familles de djihadistes pour les rapatrier en France, en graissant des pattes ici et là… voyez cet article de Libération. Les deux femmes en question, Edith B. et Céline M. (*), ont admis être «sorties du cadre» de leur métier, mais ont maintenu avoir agi par «humanité», pour «sauver des vies». Voilà : des deux côtés, on est plus ou moins « sorti du cadre » , cadre réglementaire ou cadre du métier… ramener des djihadistes en France « par humanité » , ou rencontrer le Diable.

Mais le titre ? ah… en d’autres termes, le calendos. Claquos, calendos… le camembert, quoi ! Proverbe : « Les vieux, c’est comme les camemberts : il y a ceux qui sèchent, et ceux qui coulent. Pépé sèche, et mémé coule » . Le camembert est encore sur la sellette, des manoeuvres judiciaires sont en cours, et les industriels, auteurs de fromages plus ou moins approchants, viennent de gagner un délai : ils peuvent continuer à utiliser les termes « fabriqué en Normandie » , quand leurs techniques de fabrication tournent le dos aux canons de l’appellation – le lait cru, nom de nom ! et le terroir, les vaches, le moulage manuel, l’affinage.

Lecteurs estimés, le camembert authentique reste un des vrais fromages les plus abordables : même poussé à 5 euros la bête (les supermarchés sérieux en proposent autour de 3 euros ou un peu plus, et du labellisé), ça donne du 20 euros le kilo : comparez avec des concurrents de même qualité, du comté suffisamment âgé, du beaufort, du reblochon, de l’époisses, du maroilles… sans parler d’autres trucs encore plus ruineux. Il est d’autant plus lamentable de devoir se taper invariablement, désolation des plateaux-repas, sur nos lignes aériennes long-courrier, des portions de simili-plâtre étiqueté « camembert » d’une marque du groupe Lactalis (autre offre fréquente : un parallélépipède rectangle de soi-disant cheddar sous plastique, totalement insipide). Pour la bonne bouche, si je puis dire, voyez ce rude pamphlet de Marianne contre l’archétype du « camembert » industriel abusif, celui qui fait le plus de pub : le journaleux ne cogne pas avec le dos de la cuiller – de la louche, si vous voulez.

Tibert

(*) Vous n’aurez pas leurs noms, contrairement à monsieur Achilli : eh oui, elles sont du bon bord.

Le blé, et les lois du marché

( La Montagne, ce canard des puys et du rugbyfoot, déplore la débandade des agences immobilières, qui ferment les unes après les autres… c’est triste, mais c’est bien fait ! ce pays oscille entre déserts ruraux et hyper-lunaparks, ces lieux trop touristiques où l’on a du mal à trouver une boulangerie, mais où 15 agences immobilières (*) dans la même rue proposent leurs services hors de prix, entre 4 et 6 % généralement – tout ça pour des prestations fort congrues, voire squelettiques. C’est bien fait ! ça assainira le marché. Les futurs ex-agents immobiliers pourront utilement se reconvertir, peut-être pas en traversant la rue, mais plus sûrement dans la boucherie, la boulange, la plomberie : là, il y a de l’embauche, pérenne… et utile ! )

Et puis on apprend, atterrés, que l’UE importe, importe encore tout plein de céréales russes et sans droits de douane ! gracieusement pourrait-on dire, et au détriment de nos paysans. Ce, malgré la guerre d’agression contre l’Ukraine, les bombardements poutinesques, depuis deux ans, contre une population civile … on roulait les mécaniques, on punissait la Russie soi-disant, mesures de rétorsion, gnagnagna… sauf que non.

On va corriger le tir, paraît-il… on va les taxer désormais, oui madame ! Cette histoire serait risible, en temps de paix ; là, c’est proprement scandaleux. Qu’est-ce qu’ils foutent, à Bruxelles, nom d’une pipe ?

Tibert

(*) … et puis des fringues, et des godasses, et des coiffeurs. Pour manger ? il y a les gargotes à hambourgeois, à kebabs-pizzas-frites-paninis et autres nourritures approximatives. Ou bien on prend sa voiture direction un Hyper-Karrouf’ à 15 bornes, pour y remplir des caddies. C’est pas le bonheur, ça ?

Et Bering ?

( C’est aujourd’hui le printemps calendaire, youpee, réjouissons-nous. Ceci étant, à lire Ouest-France, je me demande si Macronibus ne ferait pas plus fort que Hollande, le virtuose des après-attentats et des médailles épinglées sur les cercueils ? Jamais, nous dit-on, jamais depuis 2017 nous n’avons eu droit à autant de commémorations, cérémonies, anniversaires… tenez, le fils De Gaulle, Philippe, va y avoir droit aujourd’hui 20 mars : un de plus ! l‘ inauguration des chrysanthèmes, comme disait le Grand Charles, c’est tout un art, et Manu-les-rouflaquettes s’y emploie avec ardeur : faute de renflouer les caisses qui sonnent bien creux, ça occupe le bon peuple. )

Mais autre chose : Donald « 18 trous » Trump rétropédale sur l’OTAN. A vrai dire, il n’est pas impossible que ses propos initiaux aient eu mauvais écho dans sa base électorale, pourtant de bonne composition ; et puis, ayant déclaré que lui, élu, laisserait les mauvais payeurs de l’OTAN se démerder sans parapluie – donc à la merci de Vladimir – l’effet immédiat a été d’inciter les Européens à s’organiser tout seuls, à renforcer leurs moyens militaires… et ça, c’est très mauvais pour la Russie conquérante ! Donc Donald rétropédale, arguant que ses propos décoiffants (sic !) c’était juste pour faire pression ! pas de souci, l’OTAN ça marche, « rendormez-vous braves gens, tout est calme » . Ahhh… nous voilà en effet rassurés ; s’il est élu, l’OTAN continuera donc, clopin-clopant…

Remarquez, l’OTAN, ce n’est pas lui, Trump, qui en aura besoin, et de son parapluie nucléaire états-unien : la géographie a gâté les USA (*), et Donald s’y connaît en géographie. Ainsi, dit-il « N’oubliez pas que tout ça est plus important pour eux que pour nous. Nous, on a un océan qui nous sépare de certains problèmes  ; un grand et bel océan ». Effectivement… l’Atlantique est bien large, il faudra ramer ! Sauf que… sauf que la distance minimale (par la mer) n’est que de 83 km entre la Russie à l’Est, et les USA à l’Ouest. Deux fois la distance Douvres-Calais, qui a fait calais 😉 Hitler, mais pas tant que ça tout de même. Il s’agit du détroit de Béring, avec un h si vous y tenez : c’est le même. Par l’Est, la Russie est un jet de pierre !

Tibert

(*) C’est loin d’être parfait, tout de même : grosse épine au pied du Trump, aucun océan ne sépare les USA du Mexique ; juste un fleuve, bien trop étroit, selon lui.

Brout brout, pas cher

( Il est de plus en plus question de couteaux, dans les faits divers. On avance que – les statistiques sur le sujet n’existent pas trop, c’est sans doute le coup du thermomètre cassé – qu’il y a plus de 120 agressions au couteau chaque jour. Tenez, c’est ici, un article du Sénat, et encore ce sont des chiffres d’il y a cinq ans : « le nombre de victimes d’agressions à l’arme blanche monte à 44 000 entre 2015 et 2017, soit plus de 120 victimes par jour en moyenne » . Fort heureusement ce ne sont pas toujours des agressions létales, ça poserait problème… mais enfin, qui n’a pas son surin dans la poche, aujourd’hui ? pour se curer les ongles, écosser les petits pois… )

Et puis je suis resté sur le cul à lire cet article du Parigot, qui traite d’un procès où l’on jugeait une bande de « brouteurs » , spécialistes des fausses convocations à la Gendarmerie pour soi-disant pédophilie avérée. Ces brouteurs-là ne travaillent pas en Afrique Noire, comme tant de leurs confrères arnaqueurs à l’affection, à l’héritage ou au mariage, mais en sont originaires, faisant leurs petites affaires en France. Je cite : « Parmi les prévenus, tous nés dans les années 1990 en Côte d’Ivoire, sans casier, un facteur, un gardien d’immeuble, un conseiller bancaire… vivant en Île-de-France, au Raincy, à Mantes-la-Jolie, en province, au Mans, à Orléans… » . Il s’agit d’une arnaque assez aberrante : comment peut-on croire qu’en payant une « amende » – comme une prune de stationnement – sur un compte de crypto-monnaie on va effacer une inculpation de pédophilie ! il y a des gens assez crédules pour ça… mais c’est aussi une arnaque dégueulasse (*), qui salit, avilit ses cibles ; un truc ignoble en plus d’être crapuleux.

Eh bien, ces gentils brouteurs s’en tirent tous avec des sanctions d’au maximum 3 ans, avec aménagement de la contrainte du genre « bracelet à la maison » , pour ne pas trop leur faire de peine ; pas de qualification de « bande organisée » (s’est-on donné la peine de creuser ce point ?) ; le fric ? évaporé ; les amendes ? moindres que requises par le parquet. Par ailleurs, certains prévenus étant étrangers, « aucune interdiction de territoire français n’a été prononcée, le parquet en avait réclamé trois » . Voilà : ce ne sont pas de vraies crapules, voyez-vous, mais assurément des victimes de la société, des « qu’ont pas eu de chance dans la vie » , et qui vont sûrement prendre le droit chemin, après s’être fait tirer l’oreille.

Tibert

(*) Autre dégueulasserie ignoble (c’est redondant) et du même tonneau, cet anglophone narquois, titulaire d’un compte de crypto-monnaie, et qui me réclame avec humour l’équivalent de 1.400 euros, faute de quoi il va balancer mes vidéos personnelles et cochonnes, prises à partir de ma webcam, à tous mes contacts de messagerie… Mais, faites donc ! vous prétendez avoir la main sur mon ordi, mes fichiers, ma messagerie, et ma précieuse webcam… ? il n’y a pas de webcam.

Fromages et pluralisme

Voilà : d’abord j’ai appris ce matin que le camembert – ça devient difficile d’en trouver du vrai – se vend chez nous, toutes versions confondues, les plâtreux, les lamentables, les superbes ou les quelconques, à raison de 500.000 boîtes, ou 500 millions de boîtes par an, au choix. C’est Ouest-France qui avance ces deux chiffres, à vous de voir ! en fait c’est vite vu, 500.000 c’est ridiculement bas ; c’est évidemment 500 millions, genre 7-8 boîtes par ménage et par an. Mais ce canard du soleil couchant nous explique aussi que la souche de ferment « penicillium candidum » utilisée exclusivement pour la production de ce fromage devient incapable de faire son boulot… la faute à l’exclusivité, justement. C’est en somme le même problème que les unions consanguines, les gènes s’appauvrissent. Il est donc vaguement question de diversifier les souches de ferments, comme ça se pratiquait avant la Grande Guerre. On avait des camemberts bleutés, orangés… et pourquoi pas ? si c’était goûteux… bref : vive la diversité, à bas la monoculture.

Question diversité, voyez aussi comme la Voix de la France (dixit Pompidou), conçoit le pluralisme. Il s’agit en l’occurrence de France-Info. Un journaleux de la chaîne, monsieur Achilli, a été sanctionné (suspendu à titre conservatoire) pour manquement aux règles. La Loi est dure mais c’est la Loi, donc : en principe ces messieurs-dames bossent pour leur boîte, mais nombreux sont ceux qui améliorent l’ordinaire en travaillant ailleurs, ici ou là, du rewriting, des écrits sous-traités… on appelle ça des « ménages » : en termes châtiés, des contributions extérieures. Le règlement veut que toute contribution extérieure soit déclarée et acceptée par la Direction, « afin de bannir tout soupçon de conflit d’intérêts » .

Or le journaleux sanctionné aurait, sans en référer à sa direction – c’est plein de conditionnels – travaillé avec monsieur Bardella, du RN ! Il l’aurait, lui est-il reproché, assisté dans la rédaction d’un livre qui devrait sortir incessamment sous peu. Monsieur Bardella étant très occupé et n’ayant pas forcément la plume allègre, il serait susceptible d’en sous-traiter la rédaction : c’est banal et courant, on appelle ça faire appel à un « nègre » (*). Moult journaleux font ainsi des « ménages » ; les déclarent-ils toujours auprès de leur direction ? (**) En tout cas, monsieur Achilli nie clairement ce qu’on lui reproche, arguant « qu’il avait refusé de coécrire le livre, et que ses discussions avec Jordan Bardella relevaient des contacts qu’il noue avec les politiques de tous bords dans le cadre de l’exercice de son métier » . Des « politiques de tous bords » ? ça va de soi, c’est le pluralisme cher à nos antennes nationales. Mais pas les mauvais bords.

Tibert

(*) Désolé, c’est comme ça qu’on dit en français. J’y mets plein de guillemets ; ça vient du latin « niger » : noir, la couleur noire. Enfin, la couleur… au Portugal en tout cas c’est une couleur.

(**) Sur cet article, un commentaire de lecteur du Monde : « Curieusement, quand Cécile Amar écrit un livre avec Mélenchon, ce n’est pas un problème pour le service public. » . Deux poids deux mesures, alors ? ce serait possible, ça ?