Faites ce que je dis, pas ce que je fais

On sait que le super-PDG, TheBigBoss, le SuperDupont du management, monsieur Proglio, cumule des fonctions chez Veolia et à l’EDF. Il vient d’ailleurs, cédant à l’amicale pression de ses proches, de renoncer au double salaire – mais à mon avis il devrait arriver quand même à boucler ses fins de mois.

Et voilà que plein de « politiques » se récrient, continuent à harceler ce pauvre (façon de parler) monsieur Proglio ! Par exemple monsieur Noël Mamère – et non pas madame Monpère – député de la Gironde ET maire de Bègles, engueule monsieur Proglio sur ce sujet : ouais, cumul de fonctions, conflit d’intérêts, tout ça… et plein d’autres, qui député-maire, qui sénateur-maire, etc.

Vous voyez ce que je veux dire là ? non ? bon. Reprenons depuis le début…

Tibert

Vrooooom vroooom hiiiiiiiii, vrooom brrrrr

Un blog qui a pignon sur Le-Monde-Sur-Toile, glosant sur le dramatique dénouement d’une course-poursuite en banlieue de Metz (scooter volé, trois gars dessus, rodéo, pas de casques, feux éteints… 1 mort, 2 blessés graves, nombreux véhicules incendiés)  pose gravement cette question : « La police peut-elle se lancer dans une course-poursuite ? » (lisez ce billet, ça va loin !)

Justement, où va-t-on  comme ça ? qu’est-ce qu’on va pouvoir regarder à la télé ou au cinoche s’il n’y a plus de courses-poursuites ? c’est essentiel, les courses-poursuites, pour la réussite d’une bonne fiction ! les bagnoles qui traversent les marchés en emportant les chapelets de saucisses, les motos qui décollent, la poussière… c’est l’ingrédient de base ! indispensable. Les pneus qui hurlent, les fusillades, les gyrophares, tout ça…

Suivant les recommandations du blog sus-cité, il faudra sans doute se faire une raison : la vie des jeunes adeptes de rodéos nocturnes sur véhicules volés doit être protégée à tout prix ! il serait ainsi souhaitable de baliser ces parcours, et, tiens, pourquoi pas structurer ça, instituer des « rodéos-nocturnes » (rodeos-fest-noz, en Breton) avec parcours balisés et éclairés (ça se passe généralement de nuit, et les phares des véhicules ne sont pas toujours allumés), population locale – gosses et vieux, surtout – claquemurée chez elle pour ne pas risquer un accident. S’inspirant des grands-prix de formule 1, on pourrait aussi mettre en place un véhicule d’ouverture, créer un championnat… trouver des sponsors… tout ça serait bien moins dangereux que d’essayer bêtement d’appréhender ces « jeunes » imprudents.

Une solution encore plus simple et moins coûteuse, serait que la Police n’intervienne plus du tout : plus de « jeunes » risquant de se blesser ! tenez, dans le quartier de la Cayolle – Marseille (9ème), sur la route de la superbe calanque de Sormiou : le commissariat a été incendié, il y a un bail… eh bien, sagement, on a renoncé à le reconstruire ! si les « jeunes » se cassent la gueule en faisant du rodéo, on ne peut plus incriminer la Police. Tant pis pour les habitants du quartier ? ah oui, les habitants du quartier…

« La police peut-elle se lancer dans une course-poursuite ?  »  : ça va loin.

Tibert

Le barbier de Séville, suite

Un rosbif canard-on-the-Toile nous l’annonce : la musique d’ambiance, en Espagne, dans les boutiques de coiffure, se facture de 6 à 12 euros par mois. C’est la SACEM locale, vraisemblablement, qu prélève sa dîme sur le sirop musical supposé agrémenter l’ambiance chez le coiffeur, comme dans les ascenseurs, les galeries commerciales etc.  Et c’est la rébellion : de l’arnaque, non mais, ça va pas se passer comme ça… et les coiffeurs de recommander à leurs chers clientes et clients d’apporter leur propre machine à musique ! qui son Ipod (prononcez Aïe-pode, ça fait plus espagnol, aïe aïe aïepode !), qui son baladeur MP3, qui, pourquoi pas, sa guitare ou son bandonéon – quoiqu’il y ait de moins en moins de néons, ça grésille.

Question : avec un casque stéréo sur la tête, et votre petit MP3 autour du cou, comment peut-on obtenir une coupe correcte ? en contournant le casque, par exemple, ça peut donner quelque chose d’assez sympa, façon punk catalan. Ou bien, sous le cuiseur à permanente, les bigoudis bien chauds enroulés autour des mèches mauve argenté, ces dames ne vont-elles pas « cuire » leurs écouteurs ?

Le plus positif dans cette affaire, c’est qu’avec les écouteurs bien enfoncés au creux des oreilles, et un tant soit peu de zizique pour monopoliser l’ouïe, les clients des salons de coiffure ibériques vont pouvoir débrancher, s’isoler, échapper aux pépiements incessants, insipides et lancinants de leur coiffeur – ou de leur coiffeuse… enfin échapper au temps qu’il a fait, qu’il fait, et qu’il fera.

Tibert

Lideur chippe

Et que je vous remets un petit sondage sur le métier, histoire de… là c’est le Figarôt du jour :

« Haïti : estimez vous normal que Washington exerce son leadership sur les secours ? »

Je me contrefous de la proportion de lecteurs du Figarôt qui estimeront normal, ou pas, ou qui ne sauront pas. Mon propos n’est pas là.

Non : premio on a confirmation que leadership est un mâle : son leadermachin, pas sa leadertruc. C’est logique, quelque part, n’est-ce-pas, il s’agit de pouvoir…

Deuxio, on apprend également que Washington (traduisez les USA) ont le leaderchose ! ils l’ont déjà (… exerce son leardership…), mais doivent-ils l’exercer, s’en servir ? hein, à votre avis ? vous avez une opinion, connaissant les Etats-Unis ?

Troisio, on découvre que les journaleux du Figarôt ne prennent pas quinze secondes pour bâtir une phrase claire dans leur langue (mais est-ce leur langue ?) ; par exemple : « Estimez-vous normal que les USA prennent la tête (la direction, le commandement…) des secours ?  » . Non ; ils vous faut, cher lecteur du canard dont auquel je vous cause, du « leadership », ça sonne engliche, et pour les USA, avec un petit accent ch’wingum dans la bouche, ça le fait, pas vrai ?

Au fait, vous trouvez normal, vous, que l’énorme voisin suréquipé ne laisse pas la direction des secours au petit maigrichon agité et nerveux avec son béret et sa baguette sous le bras ?

Tibert

ça eût Peillé, mais en fait non

Encore une histoire de sondage, on n’a rien d’autre à se mettre sous la plume ; à part Haïti, mais Haïti, hein, c’est le pays maudit de l’Ile maudite, on regarde ça de loin, catastrophés, on se demande ce qu’ils ont fait pour mériter ça.

Bref : encore le Monde, grand spécialiste en sondages qui fâchent :  monsieur Peillon, huile Socialiste, invité d’une émission de débat sur « l’Identité nationale » en compagnie de la fille de monsieur Le Pen et du ministre Besson, se défile au dernier moment, informant mâame Chabot que finalement, non, il ne viendra pas. Et on apprend le lendemain que c’était prévu, arrangé, goupillé comme ça depuis le début. Question : Vous, lecteur du Monde, vous…

– approuvez, c’est une façon spectaculaire de s’opposer à ce type de débats et courageux d’assumer la méthode. (34,7 %)

– désapprouvez, c’est cavalier vis-à-vis des autres débatteurs et a pour seul but d’attirer l’attention sur lui. (60,4 %)

– le reste (QSP 100 %)  ne sait pas.

Bon : il y a un énorme courrier des lecteurs là-dessus. Du pour et du contre. Mais ce qui est encourageant – à mes yeux, hein, mon opinion personnelle à moi, et je suis d’accord avec –  c’est que grosso-modo les 2 /3 des sondés trouvent que monsieur Peillon aurait dû débattre, comme il s’y était engagé. Ce qui peut se traduire ainsi :

– il n’est pas vraiment fiable, ce monsieur Peillon,

– madame Le Pen ? quoi madame Le Pen ?  elle porte la poisse ? elle postillonne ? si ses thèses sont horribles, alors ça vaut la peine d’être dit, au lieu de se défiler,

– les absents ont toujours tort. Tort de laisser le champ libre, tort de ne pas être foutu d’argumenter ses idées, tort de se draper dans une posture pure et dure que le PS est peu fondé à revendiquer. Et surtout, ils n’ont rien à dire.

Tibert

Où se tient la lucidité

Oui, où se tient la lucidité ?

« Dans mon froc« , chantait le regretté Léo Ferré… « la lucidité se tient dans mon froc« . Paraphrasant ce cher Léo, je dirai que la lucidité des Français se tient dans leur porte-monnaie, leur feuille d’impôt, leur estomac, leur amertume.

Je lis en effet ce sondage du Monde :

« La victoire massive du « Non » en Martinique et en Guyane au référendum proposant une autonomie accrue vous paraît-elle traduire avant tout…

L’attachement à la France et le refus de tout ce qui pourrait constituer une étape vers l’indépendance … 14,1 %

– Ou la crainte de perdre les minima sociaux … 81,7 %

Sans opinion… 4,1 %

Pour relier cyniquement ce sondage au résultat clair et massif, à l’ineffable débat sur l’Identité Nationale : être Français, aujourd’hui, ça peut se définir de deux manières :

– il y a ceux qui bossent et payent leurs impôts, de leur plein gré – c’est rare, vachement rare – ou en renaclant, râlant, rouscaillant,

– et ceux qui ont droit : droit… au RSA, à la CMU, au logement opposable, à la Sécu, aux aides diverses et variées, aux HLM, aux alloc’s, bref : ceux qui vivent – ou vivotent, mais vivoter, c’est vivre, quelque part – sur le dos de ceux qui bossent.

Le trait est gros, certes ! caricatural, soit. Mais que dit ce sondage ?

Tibert

Syndiquez vous, qu'y disaient

Dane le Monde-sur-Toile, je lis ça… « A Marseille, un salarié du port roué de coups pour avoir refusé d’adhérer à la CGT« .

Sympa, non ? on croyait savoir que les dockers, la Réparation Navale, tout ça, bref le secteur du port de Marseille, c’était CGT +++, CGT for ever, c’est-à-dire monopole de syndicat, monoculture, fief et chasse gardée : c’est confirmé. On se dit d’ailleurs, au vu de l’implantation syndicale en France, qu’il y aura encore beaucoup de gnons à distribuer pour persuader gentiment les très nombreux indécis d’adhérer à la grande Centrale des Travailleurs.

Il fut un temps où une terminologie ad hoc permettait d’euphémiser ces fermes et rugueux « rapports de classe » : le récalcitrant était un « jaune« , bien évidemment, un « ennemi de classe« , un « larbin du Grand Capital » ; de même que pour oser critiquer le glorieux Parti qui guidait victorieusement la Classe Ouvrière, il fallait vraiment être fou – donc à enfermer, allez hop au trou.

De nos jours, tous ces termes ont bien pâli, ont pris un coup de vieux, ne renvoyant guère qu’à de mornes, gris et piteux lendemains qui ont bien déchanté, couac couac rheu rheu, notamment  du côté des frontières de l’Est. Restent par ci par là de solides structures, des bastions, des citadelles – prolétariennes, très certainement, n’en doutons point.

Tibert

Gel de blog

Blog gelé : vous connaissez ? voilà… il n’existe pas de vaccin contre le gel de blog, et de toutes façons c’est trop tard, on pourra revendre les vaccins s’il en existe, le froid est arrivé comme ça, paf. On peut essayer le grog – le grogdeblog – ou frictionner le blog dans le sens du poêle, ça peut aider. Tiens, justement, voilà qu’il remue.

la France gregrelolotte, et il neige en Hiver, si si, incroyable. Derechef les trains Eurostar coincent, habitués qu’ils sont à ne circuler que sous les bananiers, les palmiers dattiers et les lagons à l’eau turquoise. Les préfets, qui n’ont jamais entendu parler de saleuse, de sableuse, de chasse-neige, et à qui personne n’a expliqué l’utilité des bulletins météo – en revanche on les a largement chapitrés sur la manoeuvre des escadrons de Gardes Mobiles – interdisent à tour de bras la circulation, des poids lourds, des cars scolaires… les écoles sont fermées, les administrations recommandent à leurs ouailles de rester au chaud…  c’est la retraite de Russie, on est foutus.

– 7° C à Bordeaux !!! c’est le Pôle Nord, le super tramway du coin, la merveille technique qui se passe de caténaire aérienne est resté coincé, car son système électrique est très très chatouilleux… un rien le perturbe. Les services de l’équipement du département ont voulu ressortir leur chasse-neige modèle 1912 modifié 1934, c’est tout à leur honneur, mais le temps de le dégager, gonfler les pneus recharger la batterie, mettre du fioul, tout ça, il était coincé par la neige, pas de bol, on fera mieux une autre fois. Faut dire, de la neige à Bordeaux… de mémoire d’homme on n’a jamais vu ça. Normalement il fait doux… si encore on les avait prévenus…

Chouette pays. Si d’aventure  un pays ennemi veut nous envahir, il a l’embarras du choix :

– entre le 1er et le 15 Août : du billard, on est tous à la plage. On ne se bat pas en maillot de bain.

– entre le 25 et le 31 décembre : super fastoche, tout le monde cuve ou s’amuse avec son nouveau train électrique.

– quand il neige : la France est arrêtée, il n’y a plus qu’à l’encercler.

Tibert

Et les tags, pour faire jouli

Le Monde nous le proclame : en une décennie, le phénomène des voitures brûlées – 40.000 cette année, pas mal pas mal, ça explique aussi les records de commandes de voitures neuves –  s’est banalisé. Et de se demander gravement : pourquoi, mais pourquoi, grands dieux ? on est les seuls en Europe à faire ça…

Premio, ce n’est ni banal ni normal, c’est dégueulasse. Et que le pays en vienne à trouver ça « normal » en dit long sur le niveau de résignation qui est le nôtre, sur le degré d’indifférence de la police, sur le degré d’impuissance de la justice, ou vice-versa. Quant à l’Etat français, il a baissé les bras : voyez avec votre assureur ! Monsieur Hortefeux trouve d’ailleurs super et très gratifiant qu’on ait cramé 10 voitures de moins que l’an dernier : gros succès personnel !!

Deuxièmo, remontons le temps, avant que les incendies de voitures deviennent aussi banaux que de cracher par terre : rappelle-toi, Barbara, le paysage a bigrement changé depuis bien plus d’une décennie, justement. Outre qu’il fut un temps où ça ne se faisait pas de cracher par terre, il me souvient des tunnels de métro où se lisait sur la grisaille des murs, au passage des rames : « Dubo… Dubon… Dubonnet » ; ne cherchez plus Dubonnet maintenant : ce ne sont que tags, tags partout, sur les voitures, dans les voitures, sur les vitres, les sièges, sur les murs des stations, dans les tunnels : des tags. Il y a même eu un ministre socialiste pour trouver ça très bien – à condition que ça ne se fasse pas sur les murs de son immeuble, mon mais sans blague.

Le tag fait partie du paysage urbain, dorénavant ; comme dit l’autre, il s’est banalisé, tout délictueux qu’il soit. Pour les surfaces vitrées, c’est plus pérenne de « tagger » avec des  stylets du genre diamant de vitrier, en labourant profondément : ça laisse des traces irréparables  ; la RATP ou le propriétaire des vitres n’a plus qu’à les changer…  ou faire avec. D’ailleurs la RATP a jeté l’éponge, elle laisse maintenant les vitres comme elles sont, rayées un peu, rayées à mort, tant pis. Le tag est ainsi devenu banal, quasi besogneux, limite ennuyeux…  alors comment se remotiver, retrouver du plaisir à salir et détruire ? pardi, en brûlant des voitures !

Le tag : on a laissé faire. Les voitures brûlées : on laisse faire. Le prochain truc, c’est quoi ?

Tibert

Badaboum

L’IB du jour nous annonce que « Le secrétaire du Pape a rencontré la jeune femme qui a fait tomber Benoît XVI« .

Il fut un temps où une « chèvre » permettait de faire tomber un malfrat, genre Al Capone ; où une fausse et candide jeune Bretonne permettait de faire tomber un proxo… ici et maintenant, Susana Maiolo a permis de faire tomber Benoît, le « Capo », ainsi qu’un de ses lieutenants, un Basque, je crois.

Comme quoi, il y a une justice ! Ils finissent tous par tomber.

Tibert