Ping-pong dissymétrique

Avant de parler des choses qui fâchent, un peu de légèreté, si l’on peut dire… On sait que l’UE, là haut à Bruxelles, une fois, fait comme si elle avait déclaré la guerre à nos constructeurs automobiles, les asphyxiant soigneusement de normes, de plus en plus contraignantes, leur serrant le kiki… décrétant la mort du moteur thermique en 2035 « ex cathedra » , et bientôt, donc, notre industrie de la bagnole sera un champ de ruines, pour le profit des Chinois, qui ont compris le film : ils subventionnent leurs industriels, et ils font dans l’électrique !

C’est tendance, c’est merveilleux, l’électrique, 400-500 kilos de plus par voiture, des terres rares extraites à grands frais et en polluant sans vergogne, des batteries qui crament sans prévenir, un recyclage balbutiant, un horizon « on sait pas où on va mais on y va » . Le cocasse de la chose, c’est que la Chine, qui roule massivement à l’électrique, produit 60 % de son électricité avec des centrales à charbon. Je vous aide à conclure : les Chinois roulent massivement au charbon. Mais ils sont à faire la peau à nos industriels, avec l’aide active de la Commission Européenne.

Et puis un petite avancée de plus pour le woke et les très actives assoces LGBT++: Le site SNCF d’achat des billets ne pourra plus demander si c’est « Madame » ou « Monsieur » qui achète. La Cour de Justice européenne l’interdit désormais : c’est intrusif, grôôssier, de demander de quel côté du genre on se situe. Moi j’ai un autre point de vue : de une, ça ne me gêne pas du tout qu’on me dise « monsieur », on m’a construit comme ça, c’est du domaine public. De deux, la SNCF n’a pas à savoir si c’est moi, ma fille, un copain, le concierge, qui achète les billets, qui voyage : c’est ça qui est intrusif. Auparavant, c’était anonyme, et ça fonctionnait très bien ! avec les justificatifs nécessaires au besoin. Quand j’achète un paquet de biscuits, je ne suis pas tenu de décliner mon blaze, non ? c’est pareil pour les voyages, aux exigences de sécurité près, et jusqu’à présent on ne passe pas les bagages SNCF aux rayons X et les passagers, déchaussés, sans ceinture, sacs grand ouverts, à la fouille au corps. Mais ça viendra.

Enfin, pour la bonne bouche, si je puis dire… un « influenceur » Toc-Toc algérien, coupable d’appels à la violence (à la torture !) contre ses compatriotes, opposants sur notre sol au régime d’Alger, a été manu militari expulsé hier jeudi vers son pays. Ahhhh… une réaction saine, claire, énergique. Sauf que, sur le tarmac algérois, on a tout aussi énergiquement refusé de le laisser rentrer chez lui : retour à l’envoyeur. Il est donc revenu en France. La balle est dans notre camp, derechef.

Questions : comment un état peut-il empêcher l’un de ses citoyens de rentrer au pays ? comment a-t-on pu accepter qu’il remonte dans l’avion ? ou bien il n’en est jamais descendu ? comment se fait-ce qu’un aussi vigoureux supporter du président Tebboune et du régime algérien en place soit persona non grata sur son propre sol ? il devrait être accueilli en héros, au contraire… bref, on comprend mal la réaction des autorités, outre-Méditerranée. Sauf si c’était pour nous embêter un maximum ? Car revoilà le ver dans NOTRE fruit. Il fera profil bas dans un premier temps, sans doute : son avocat énonce qu’il « reconnaît un écart de langage, qu’il regrette amèrement » : on s’est donc trompé, c’est un brave homme !

Sombre et abrupt, un mot convient à décrire cette affaire : humiliation.

Tibert

Les pieds dans le fish & chips

( Un « influenceur » algérien, ex-militaire de carrière en Algérie, en France (le pays de ses amours ?) depuis la fin 2021 car il souhaitait « vivre une autre vie » . Le visa ? simple formalité. Mais le voilà sous OQTF depuis 2022, on ignore pour quels motifs désagréables, l’article ne le dit pas. Sous OQTF ? pas de problème, il reste chez nous, et se marie ensuite, à la mairie, son OQTF sous le bras, avec une Française ! Sous OQTF, il vit sans anicroche à Echirolles, riante banlieue de Grenoble ; il a des milliers de « suiveurs » sur Toc-Toc, et y profère des propos sanglants, du moins c’est ce qu’il appert très clairement au vu de la diatribe – visible hier encore sur le Houèbe – qui lui vaut d’être en taule présentement, en attendant son procès. Question : à partir de combien d’OQTFs (*) envisage-t-on d’en mettre au moins une à exécution ?

Mais autre chose… monsieur Musk, le milliardaire « X-Tesla » et Trump-compatible, s’en prend véhémentement au Premier Ministre britannique Keir Starmer, un travailliste. Il se mêle de politique étrangère, monsieur Musk, en intrus ; il s’invite grossièrement chez les Rosbifs, ce Sud-Africain-Etats-Unien malotru… et ça interpelle. Car il y dénonce – c’est assez violent – le « pas de vagues » supposé, voulu par les autorités policières et judiciaires au temps où M. Starmer bossait en chef à la Justice.

Il s’agit d’affaires gravissimes, des gangs de quasi exclusivement Pakistanais, qui ont maltraité et violé des milliers de fillettes, blanches de préférence, de milieux modestes et défavorisés, dans les années 2004-2011 : assez longtemps, donc ! Mais ce site Wiki vous en dit plus, si vous entendez l’anglais, sous le titre « Le cercle des viols de Huddersfield » . En gros, ce que dit monsieur Musk, c’est qu’il y aurait eu une « censure d’état » , pour minimiser les faits, suivant le mécanisme délétère, qui fonctionne très bien chez nous aussi : ne pas stigmatiser, ne pas attiser le racisme, pieuses intentions, Bonne-Pensée, donc : « ben quoi, y a rien, ou presque » .

Soyons juste : on en parlé à l’époque, pas beaucoup, mais un peu : l’Angleterre, c’est loin. Le Monde en a causé, en son temps. J’ai retrouvé UN article, cet article, assez précis. Bref : monsieur Musk est clairement ingérable ; c’est un provocateur, très intelligent, un poil à gratter intrusif et grattant, et si j’étais Premier Ministre britannique je le mettrais sous OQT-UK ! Mais il relance là un dossier mal ficelé, dérangeant, et que les Britanniques pourraient utilement revoir.

Tibert

(*) Ce qui m’évoque – c’est daté, grâce aux miraculeuses « mitraillettes à prunes » , pourvoyeuses de « cash » dans les caisses municipales – l’empilement de contraventions sur le pare-brise des voitures en déshérence : au bout de 7-8 prunes sous l’essuie-glace, on finissait par appeler la fourrière. Pareil pour les OQTF ?

Fringues, barbiers, ongleries

La Fnac des Champs-Elysées – donc sur la « plus belle avenue du monde » , cocorico ! pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds hors de Paris – ferme ses portes, comme avant elle le magasin de la Place d’Italie, toujours à Paris. Les patrons avaient prévu de maintenir l’ouverture pour écouler-brader les stocks, mais face aux meutes d’acheteurs agglutinés devant les grilles, ils ont renoncé… bousculades, piétinements, poussées, entassements, il y aurait eu des morts pour obtenir de haute lutte les superbes écouteurs Dent-Bleue intra-auriculaires à réduction de bruit de chez Sam’Soung à moins 30 %, ou autre équipement absolument indispensable.

Les raisons sont simples, et navrantes : la Fnac des Champ’s perdait du fric. Loyer insupportable, frais fixes affreux, et puis ça vendait mal : l’avenue vire irrésistiblement au négoce exclusif de godasses, fringues, sacs à main, parfums, colifichets, affiche tout en anglais, et les chalands sont désormais majoritairement des touristes, plus intéressés à se payer des sacs Air’Mess hors de prix et des croque-monsieur-feuille de salade-soda que des aspirateurs sans fil, qu’on commandera évidemment sur le Houèbe, sans les avoir jamais vus auparavant. Cherchez-y donc une épicerie raisonnable, vendant des denrées du quotidien à des prix à peu près décents : mission impossible. Une crèmerie, boucherie, droguerie ? vous plaisantez.

C’est la vie moderne. Déambulant au long des avenues dans les bourgs de notre beau pays, on peut s’y dégoter des « barbiers » à la pelle ( « barber » , on est mieux tondu), des coiffeurs pour des hordes de dames, des ongleries pour plus d’ongles qu’on n’en aura jamais, des salons de beauté, de remise en forme, de massage, des flopées de vêtements, de grolles, de… mais quant à se cultiver, se nourrir…

Se nourrir : cuisiner, c’est exclu. Mais, voulez-vous du libanais ? du chinois ? du grec ? du halal ? du végan ? une pizza ? des empanadas ? un kebab ? des tacos ? un burger ? des sushis ? des satés ? des nuggets ? un bento ? des wraps ? un burrito ? empoignez votre cellulaire, lancez l’appli « Foude-Bidule-Chouette » : dans 20 minutes montre en main, on sonnera pour vous « délivrer » (vous livrer, donc) le mol et tiède ersatz de bouffe indifférenciée, correspondant grosso-modo au descriptif et à la superbe photo de l’appli. Avec des sachets-plastique de ketchup, de mayonnaise, de vinaigrette, de sel, de… alors, bon appétit ! Et un soda bien sucré, pour roter. Sans oublier le pourboire du coursier.

Tibert

Un pas en avant, trois pas en arrière

Je ne vous ai pas formulé mes meilleurs voeux ? désolé, je vais réparer cette erreur protocolaire. Donc, chers lecteurs – vous les lectrices vous y êtes, tout spécialement, et pas besoin de la moche écriture inclusive pour le signifier – chers lecteurs, donc, de passage, réguliers, fortuits, épisodiques, acharnés, je vous-nous souhaite plein de bons moments au cours de cette année qui démarre. Il y en aura de pas marrants, le contraire m’étonnerait. Mais, les bons moments : nous saurons les savourer. Ce sera déjà ça de pris, et que les grincheux aillent grincher ailleurs.

Mais on cause des nouvelles dispositions 2025, ce qui change… ah tiens ! Macronibus a formulé l’intention de consulter les Français… Dalida l’aurait paraphrasé ainsi : « Parole, parole…  » , et donc, très sceptiques car n’ayant rien vu venir depuis fort longtemps, nous attendrons de voir. Chiche qu’on consulte les Français ! quand en Suisse les « votations citoyennes » se succèdent, lisses ou à rebrousse-poil, chez nous le matériel référendaire est relégué, rouillé, au fond d’un placard : comme ça on évite les résultats déplaisants, pas vrai ?

Mais autre chose : désormais au Havre et à Caen, les véhicules à moteur thermique de code Critair 4 ou 5 seront interdits de circuler ! Vous êtes trop pauvre pour vous acheter ne serait-ce qu’un Critair 3, un vieux Quangou diésel de 2009 ? tant pis pour vous ; d’ailleurs les Critair 3 sont déjà ou seront interdits très bientôt, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la dictature Verte ait imposé ses aberrations, concrètement : les très contestables batteries au lithium, dont il est mal vu de questionner le bilan environnemental, pourtant assez infect. Sans oublier que ça prend feu pour un oui ou pour un non (*).

Mais ne désespérez pas : comme c’est une mesure très impopulaire, à rebours de la doxa « sociale » – en gros : salauds de pauvres, c’est vous les pollueurs – il y a des aménagements : les « petits rouleurs » possesseurs de vieux tacots peuvent en principe obtenir des dérogations, il suffit de demander… mais voilà : le formulaire de Caen, par exemple, exige de prouver qu’on roule moins de 6000 km par an. Moins de 6000 km sur les artères caennaises ? NON : moins de 6000 km, n’importe où, point. C’est stupide ! De une, c’est dans Caen-métropole que les limitations sont imposées, pas dans la cambrousse (pas encore). De deux, les véhicules thermiques – surtout les diésels – polluent, c’est bien connu, beaucoup plus à froid qu’à chaud, donc sur les petits parcours, pour aller au supermarché, faire un tour le dimanche à regarder la mer, conduire mémé chez le kiné… Alors pourquoi 6000 km/ an ? euh… bref, une mesure débile.

On avance, on avance, et l’on recule… les Critair 3 ont gagné du répit un peu partout, en cette année 2025. Preuve que « là-haut » on a parfaitement conscience que c’est un sujet hautement inflammable. Il faudrait d’ailleurs peaufiner les procédures de secours : ça ressemble furieusement à du bricolage.

Tibert

(*) Et quand on a une superbe Theslàà, qu’on n’a pas entraîné les passagers aux procédures d’urgence – quand on ignore même qu’il existe des mécanismes de secours pour l’ouverture des portières, en cas d’anomalie électrique – on peut finir sur le gril, en produisant, hélas, du gaz à effet de serre.

Glaçant glacis

( Vous voulez du woke, pur jus ? cet article du Monde vous le fournit, sans guillemets. Une sage-femme et une psy enseignent, dans une fac de médecine, à éviter les pièges des préjugés raciaux en matière de santé, tout particulièrement s’agissant des grossesses, des femmes africaines, notamment sub-sahariennes. On a de bonnes raisons de dispenser cet enseignement : c’est que, paraît-il, il existe, hélas, un biais racial du jugement, de l’écoute, chez les futurs toubibs ! « En prendre conscience, c’est déjà faire une partie du chemin… Il est une quantité non négligeable de soignants qui pensent qu’ils n’ont pas de biais » . Mais si, vous avez un biais ! forcément ! )

Mais, je suis allé butiner sur le Houèbe, ayant pris connaissance d’un article du Monde sur l’intronisation en Géorgie d’un nouveau président « pro-russe » , ex-footeux international… ne ricanez pas, il y a bien des ex-acteurs de cinéma, des ex-animateurs de télé, et j’en passe. Je jette donc un coup d’oeil aux commentaires afférents : curieux le nombre de trolls pro-russes qui usinent au long des commentaires des lecteurs du Monde ! incroyable cette persévérance à occuper le terrain, rabâcher la propagande et les refrains poutiniens à tout propos ! Tenez, ce commentaire d’un troll : « Ces tentatives pour refaire un Maidan sont tellement évidentes. Heureusement, Victoria Nuland-Kagan n’est plus en poste » . Intrigué, je lance une recherche (*) sur cette madame Nuland-Kagan, qui m’apprend que Feue cette diplomate états-unienne aurait dit « Fuck the E-U » (« j’emmerde l’Union Européenne » , en V.O), ce qui me dépose, ce faisant, sur un site où l’on parle couramment le Vladimir-Poutine, l’anti-vaccins et le complotisme, le tout habilement touillé.

Un article savoureux, dans ce frichti de propagande, nous apprend que monsieur Zelenski est à fuir : l’écouter serait dangereux, c’est une personne anormale, inadéquate, et il se drogue ! depuis longtemps, si si, c’est bien connu. Ah bon…

Et toujours des effluves de bortsch : les championnats d’échecs en parties courtes. Le champion norvégien Carlsen a renoncé à y participer : s’étant présenté au tournoi avec un jean’s en guise de pantalon, ce que le règlement interdit clairement, paf, il a écopé d’une amende ! du coup il a préféré renoncer. On ne plaisante pas avec le code vestimentaire, sachons-le, quand on « pousse du bois » à un niveau élevé. Hypothèses : avait-il cousu des anti-sèches, un micro, dans les revers de ce futal inapproprié ? ou serait-ce que la FIDE, la fédération internationale, sentirait plutôt le rance et le moisi ? On penche, dans les milieux autorisés, pour la seconde version. Il se formule aussi des hypothèses plus politiques : la FIDE serait aux mains des Russes, Carlsen voudrait subvertir le système… attendons de lire ce que nous apprendront les trolls appliqués à chanter les louanges du glacis ex-soviétique.

Tibert

(*) Eh non je ne gougueule pas mes recherches : il existe de très bons moteurs ailleurs, et qui ne donnent pas les mêmes résultats. Manière de batailler, modestement, contre l’avènement d’un monopole dommageable.

On appelle ça une trêve

De Noël au Jour de l’An, on est supposé se mettre sur Pause, pour se consacrer au nougat, bouchées à la liqueur, marrons glacés, crèmes au beurre et crises de foie, avant une indispensable cure de bouillon de poireaux et de yaourt nature. Mais ne nous y trompons pas : d’aucuns bossent, pour que ça continue comme d’habitude !

Tenez, dans les prisons de Nantes, qu’on chante, que trouve-t-on, quand on s’y « fait faire prisonnier / Pour voir la fille du geôlier / Qui paraît-il est avenante » ? on y trouve, relate Ouest-France, « 1200 téléphones, 20 kg de drogue, des couteaux… » . C’est l’effet drone, mes amis : les colis arrivent par les airs, suffit de commander chez A-Ma Zone. Il existe des tas de dispositifs propres à brouiller les télécommandes des drones, mais apparemment l’administration pénitentiaire est trop pauvre pour se les payer, ou elle aura perdu la notice d’utilisation.

Les « sportifs » – vrooom-vrooom et fumées noires – du Dakar 2025 se préparent dur. C’est que cette année qui vient, ça va se faire en Arabie Saoudite, le pétrole y coule encore à flots sur les dunes de sable, et sans vergogne, « fuck l’empreinte carbone » ! comme dirait madame Hidalgo. Les coureurs et les bagnoles seront bardés de bandeaux publicitaires, comme les magnifiques navires du Vendée-Globe, d’ailleurs, et donc en lieu et place de « Marie-Jeanne » ou « Etoile du Sud » ce seront les équipes « Saubriquet » , « Salade de thon Taine » , « Mortadelle Dugenou » … exaltant !

Enfin mais non des moindres, cette initiative inspirée d’un influenceur à Lyon, proposant une Chasse Aux Trésors (trésors = cellulaires, écouteurs Dent-Bleue, sacs à main, montres simili-Rolesk…) dans les rues de la ville. Emeutes en perspective, violences et déprédations, la préfecture a donc interdit la chose. C’est assez logique, car ça craint ! le profil des meutes de « chasseurs » espérés ne coïncidant pas du tout avec ces paisibles piétons qui par exemple font le tour d’un pâté de maisons, pour balader en chanson la statue de la Bonne-Mère. L’étonnant est qu’il soit apparemment licite d’appeler à des rassemblements massifs évidemment pas calmes, voire chargés de menaces conséquentes et de conséquences, comme ça, sans en référer aux autorités compétentes. Mais, peut-être espérait-on que lesdites autorités fussent occupées ailleurs, à goûter la trêve de la crème au beurre et du nougat glacé ?

Tibert

Une orange ?

( Il me souvient avoir vu – j’ai gardé une photo de la chose – lors d’un deuil national, sans doute Charlie ou le Bataclan, une affichette sur la porte d’entrée de ma Caisse Maladie : « la CPAM sera fermée de 11h à 13h en raison d’une minute de silence » : savoureuse justification d’une pause opportune. C’est pareil aujourd’hui avec Mayotte : on n’annonce pas le gouvernement Bayrou (… de secours), car c’est jour de deuil national ! De qui se moque-t-on ? c’est tout bonnement que les derniers arrangements et compromis ne sont pas réglés, que ça coince encore sur certains postes, « là-haut » . Il est vrai que c’est assez périlleux…

Ceci étant, ça gueule là-bas dans les bidonvilles : alors, ces secours, ça vient ? c’est long… eh oui, on arrive illégalement et en masse des Comores ; Mayotte c’est Cocagne en comparaison, on s’y dégote ou y construit un abri, on y survit – on tente d’y survivre – et la France, après le cyclone, manque à tous ses devoirs ! rebâtir les bidonvilles, en plus solide ce serait mieux, remettre l’eau courante (il n’y en avait peut-être pas auparavant), la nourriture, tout ça… c’est qu’en somme on y a droit : c’est en principe « buffet à volonté » au Pays des Droits de l’Homme. Bien évidemment on ne peut pas laisser crever les gens ; il existe cependant des contingences matérielles : quand ça surpeuple dans l’illégal précaire et furtif, il est difficile de bien gérer les choses, hélas.

Mais je lis dans Le Monde de croustillants articles pour des cadeaux coquins à l’occasion de Noël. Entre autres, un superbe masturbateur pour homme, décrit comme moelleux à souhait : à mettre sous le sapin, dans sa godasse ou devant la crèche du Petit Jésus. C’est ça, Noël ? ouvrez vos mirettes en arpentant les rues, Noël (la naissance d’un sauveur, pour les chrétiens, tout le monde sait ça) c’est la foire à xxx,99 € partout, menus festifs, on va s’en mettre plein la lampe, comment bien désaoûler le lendemain, que faire des cadeaux malvenus, etc… C’est mort, le sens sacré de ce jour-là ; c’est la Sainte-Consommation, à gogo. Faut-il s’en affliger ? je suis dans ce cas, tout mécréant que je suis. C’était un conte, pas très crédible certes, mais une belle histoire tout de même. En guise d’inspiration, on ne rêve plus que du merveilleux cellulaire ( smartphone, en français) pliant de chez Appeul à xxxx,99 €, payable heureusement par mensualités.

Tibert

Canepière toi même

( Si monsieur Bismuth, alias Sarkozy, était né plus tard, avec les réseaux du genre Houat’Sape ou Toc-Toc, sûr que lui et son avocat auraient profité de la confidentialité offerte pour dialoguer en toute discrétion ! privant ainsi les oreilles intrusives de matériaux propres à bâtir un dossier d’accusation bancal mais jouable. On saluera ici, ironiquement, l’acharnement féroce des juges et de leurs marionnettistes (*) à détruire le pseudo-Bismuth – que leur a-t-il donc fait ? – et cette initiative d’écoutes façon « barbouzes » , déontologiquement condamnable – indigne, pour rester poli. )

Et puis un tribunal bordelais vient de déclarer illégaux trois projets de « mégabassines » , dont la tristement célèbre de Sainte-Soline, morne plaine d’affrontements extrémistes. Le gagnant dans l’affaire, c’est l’outarde canepière ! Il se trouve que cet oiseau est menacé, pas que par les gigantesques baignoires : menacé, point ! (**) On a, chez les juges, jugé que les précautions nécessaires n’avaient pas été, ne sont pas prises pour sauvegarder cet estimable gallinacé, donc : illégales, les bassines ! Stop aux travaux.

Ce revirement met en lumière l’aspect bancal de ces projets d’énormes réservoirs, qu’on est supposé remplir en période hivernale quand les nappes phréatiques sont bien garnies, pour y pomper utilement en été. L’idée est belle ! Qui rappelle les élucubrations écologistes du dessinateur Reiser à propos du stockage de la chaleur. Ah… au plus beau des jours d’été, emmagasiner les calories, qu’on réutiliserait en hiver pour se chauffer… le rêve ! Sauf que ça ne fonctionne pas. Pas encore, du moins. S’agissant des bassins – ce sont des bassins, pas des bassines – c’est moins futuriste ; normalement, ça doit marcher – si tout se passe bien.

Sauf que… de une, c’est moche ! Comparez avec, au hasard, le lac Chambon, en Auvergne : ça a une autre gueule ! ces pataugeoires plates, nues, rectangulaires sont aussi sexy que des prothèses de hanches. De deux, qui va en profiter ? les écolos dénoncent une appropriation par quelques uns : si c’est vrai c’est injuste. De trois, ça suppose des hivers suffisamment et régulièrement pluvieux, ce que personne ne peut garantir. Quarto : où est le consensus là-dedans ? on en est à l’opposé.

Tout ça ne justifie pas les empoignades saignantes provoquées par les écolos et autres Blocs Noirs furieux, prêts à tout casser. La vérité n’est pas du côté des « verts » par décret divin : on a assez payé pour une politique stupide de rejet du nucléaire, on le paye encore, c’est clairement leur mauvais combat. Idem, refuser le stockage de l’eau quand c’est possible et utile, c’est débile. Sauvons donc les outardes canepières – ça semble super-important – puisque depuis hier nous connaissons leur existence, et qu’elle est en péril. Et construisons, ça devrait être possible, des bassins de taille raisonnable, utiles, consensuels et agréables à l’oeil : ne jetons pas le bébé avec l’eau des bassines !

Tibert

Mea culpa – J’ai été pris d’un doute affreux : l’outarde est-elle un gallinacé ? NON ! c’est un Otididé. Merci le Houèbe : otididé, avec des pattes à 3 doigts, un mode de vie au sol, et capable de voler efficacement. On se sent plus savant, non ?

(*) On a connu des manips du même tonneau à l’occasion de la campagne du Canard Entravé contre le candidat Fillon à la présidence de la République en 2017 ; on a même identifié le-les tireurs de ficelles. Sauf que là, l’ex-président NS ne fait de l’ombre à personne, ne brigue aucun poste… c’est juste une vieille haine recuite.

(**) Les outardes en question – c’est notre page ornithologie – sont soit sédentaires, méditerranéennes et se portent bien, soit migratrices, surtout en Centre-Ouest, et en voie d’extinction. Je cite : « La population migratrice a vu ses effectifs chuter de 6800 à 400 mâles chanteurs entre 1978 et 2000, ce qui correspond à une diminution de 94% de la population en 22 ans » . Il n’est rien dit des mâles aphones, muets ou taciturnes, qui sauveront peut-être l’espèce ? avec l’aide des juges bordelais.

Tout gratuit

( Parenthèse : la liberté de s’exprimer, c’est de plus en plus problématique. Deux exemples : Au Mans, on a voulu empêcher monsieur Bardella, du RN, de venir signer son bouquin… c’est stupide, ça lui fait de la pub. Les partisans de cet homme n’en seront que plus convaincus ; les contradicteurs le détestent déjà. Alors à quoi ça sert ? à montrer une face détestable de notre ambiance politique, à gauche le plus souvent, cette prétention à museler toute expression qui ne va pas dans le sens exigé.

Une autre : le Dernier tango à Paris, de Bertolucci, que la cinémathèque parisienne vient de renoncer à projeter. L’actrice Maria Schneider y fut mochement humiliée, c’est un fait reconnu ; le tournage de la scène à la plaquette de beurre reste comme une tache sur cette oeuvre, devenue par ailleurs un classique, au même titre que d’autres films sulfureux, La grande bouffe, Orange mécanique ou Portier de nuit… alors il n’est plus possible de visionner Le dernier tango, parce que ce film a été tourné dans des conditions regrettables ! On avait pourtant prévu un débat, une mise en perspective, tout un volet pédagogique censé expliciter en quoi ce film, par ailleurs superbe, avait sa part d’ombre. Je t’en fiche ! c’est trop risqué, alors on verra Le gendarme et les Tropéziennes, ou Angélique se marie : c’est conforme, donc nettement plus tranquille.

Et des horreurs… une gamine de 15 ans tuée au couteau par un gamin. C’était dans une banlieue de Limoges ; c’était hier, c’était simplement pour lui piquer son cellulaire : sûrement un magnifique appareil. Le tueur ? un mineur, du vent dans le crâne, aucune humanité, juste l’envie d’un beau cellulaire, gratuit. Une pulsion, comme ça…

Tout gratuit, c’est aussi la préconisation de la HAS, la Haute Autorité de Santé, pour les transitions de genre, et cela dès 16 ans. Vous avez envie de plus grosses fesses, d’une poitrine affirmée ? d’une petite saucisse avec deux boules et puis de la barbe ? ce devrait être gratuit, selon la HAS, dont l’effectif semble – voir les articles du Figaro afférents – largement noyauté par des aficionados de la chose ; notamment un urologue, spécialiste de ce genre de bidouilles, et qui pourrait ainsi se faire des couilles en or. Plus sérieusement, on met là en lumière une magnifique contradiction : a) – Non la dysphorie de genre (l’intime conviction de n’être pas né dans le bon sexe, le besoin impérieux de corriger la chose) n’est pas une pathologie ! b) – Oui ce doit être pris en charge par la sécu, plein pot !

A ma connaissance il n’y a, actuellement, qu’un seul état qui joint ces deux particularités : la grossesse, en aucun cas une maladie, mais prise en charge à 100 %. Quoi de plus naturel en effet que de perpétuer l’espèce, malgré les risques, et donc les coûts médicaux ? De même, on va tenter de nous convaincre – ce sont des experts ! impartiaux ! 😉 – que le contribuable devra mettre la main à la poche, pour ces interventions correctives, si naturelles ! les roberts de Patricia-ex-Kevin, l’hystérectomie de Myriam-presque déjà Léo, et qui ne perpétuera pas l’espèce.

Tibert

Sentiment de

( La débandade du clan Bachar Al Assad en Syrie : on n’a rien appris des renversements de situations similaires en Lybie, en Irak, en Afghanistan ! Voyez cette accroche du Fig’ragots sur les perspectives politiques de ce malheureux pays. Rappelez-vous, les Taliban de Kaboul sont arrivés, la deuxième fois – rebelote ! – la gueule souriante, tout miel… et c’est aujourd’hui l’enfermement rétrograde et bas du front. Ce qui pend au nez des Syriens, c’est assez probablement la même chose, édulcorée ou pas ; disons que les Alaouites (une variante locale du Chiisme) vont raser les murs, les Sunnites tiendront le haut du pavé. Superbe progrès, n’est-ce-pas ? )

Mais cette perle de lapalissade, ce superbe truisme, dans les colonnes du Parigot hier : « Ce sont dans les départements où elle observe davantage de délinquance que la population se sent le plus en insécurité » . On y dresse le palmarès grimaçant des départements les plus flippants, si je puis dire. Le podium : 93, 75, 13 (ça vous étonne ? et le 59 n’est pas loin). C’est tout de même consternant, il est toujours aussi difficile de DIRE les choses, que le sentiment d’insécurité, c’est l’insécurité ! Le racket, la drogue, le vol violent, la manche insistante, le système mafieux qui s’installe. Qui nous interdit de flâner à la brune, de sortir tard le soir, qui force à passer deux minutes à bidouiller un cadenas quand on se déplace à vélo, qui oblige les femmes à mettre leur sac en bandoulière, à verrouiller leur attitude, etc.

L’état de droit, que le monde nous envie 😉 donne ce paradoxe, choses vues tout récemment dans la bonne ville de N. sur la place centrale : les choufs (les guetteurs) tenant ostensiblement les murs des immeubles bourgeois, les vendeurs à la sauvette proposant calmement leurs paquets de Barlmoro « made in Val de Marne » à 5 balles le paquet, les flics municipaux garés 35 mètres plus loin, discutant entre eux… on peut rien faire ! On ne peut rien faire, c’est l’état de droit ! de droit de délinquer en toute quiétude. Et puis ils ont tant de circonstances atténuantes, les dealers, les arracheurs de sacs, les dépouilleurs, les casseurs de bagnoles, les surineurs pour un « mauvais regard » : des enfances malheureuses, des parents absents, l’engrenage de la délinquance, l’échec scolaire, le… ah ma pauvre dame ! c’est touchant comme du Dickens, du Zola.

Tibert

PS – Une lectrice attentive et critique me demande, pourquoi ne pas nommer N. ? bonne question. Effectivement, pourquoi ne pas nommer N. ? il s’agit de Nantes, au bas du cours des 50 otages. Si vous êtes sur place, il vous sera facile de vérifier mes propos. Mais, on peut rien faire ! Donc on en crèvera.